Le pavillon La Bouëxière est une ancienne folie située à Paris, dans l'actuel (quartier Saint-Georges). Construit au , le pavillon est détruit en 1840 et son domaine est loti dans les années qui suivent.
Situation
Le vaste parc de ce domaine était situé entre les actuelles rues de Clichy, Blanche, Moncey et le boulevard de ClichyAtlas de Jacoubet, . Son parc jouxtait au nord la Folie-Richelieu.
Le pavillon lui-même était situé à l'emplacement de la rue de Vintimille, au niveau des (entre la rue Ballu et la rue de Douai)Analyse diachronique de l'espace urbain parisien : approche géomatique (ALPAGE).
Historique
La constitution du domaine et la construction du pavillon Le fermier général Alexandre Le Riche de La Pouplinière achète le auprès de Françoise-Claude Le Poitevin, épouse séparée de François Bachelier, bourgeois de Paris, . Il agrandit la propriété par des achats en 1733 et 1746. Quand il vend son bien, le , au profit de Charles-François Gaillard de la Bouëxière, , le terrain couvre 18 arpents (environ sept hectares). Le domaine est alors situé dans la campagne au nord de Paris, entre les rues au Coq (actuelle rue de Clichy) et de la Croix-Blanche (actuelle rue Blanche)Plan de Louis-François Deharme, 1763.
Le fermier général, qui dispose d'un hôtel particulier, à l'actuel 28, place Vendôme, a acheté cette propriété pour disposer d'un petit hôtel aux portes de Paris destiné, suivant les propos de Jacques-François Blondel, . Dès 1749, les rapports des inspecteurs de police notent qu'il y reçoit la demoiselle Marlet, danseuse à l'Opéra-Comique.
À partir de 1750, il fait apporter des modifications à sa propriété. Son architecte, Jean-Michel Chevotet, dessine les jardins. Chevotet a déjà dessiné les jardins du parc du château de Gagny pour Jean Gaillard de la Bouëxière, le père de Charles-François. À partir de 1751 va commencer la construction du pavillon La Bouëxière suivant les plans de l'architecte Antoine Matthieu Le Carpentier. L'entrepreneur est Pierre-Denis Menecier, qui a demandé le , à , l'autorisation de construire un bâtiment d'un seul étage. Les travaux sont surveillés par le jeune architecte Joseph-Abel Couture.
Fin , Frederik Sparre écrit à Carl Gustaf Tessin : « Plan général du jardin de M. de la Bouëxière », Le Vieux Montmartre. Société d’histoire et d’archéologie des et arrondissements, Paris, 1907, sur gallica.bnf.fr.
Gaillard de la Bouëxière continue les acquisitions de terrains et la surface maximum du domaine atteint 33 arpents, soit plus de dix hectares. En 1762, La Bouëxière est exclu du nouveau bail de la Ferme générale. Pour réduire ses frais, il quitte son hôtel de la place Vendôme pour s'établir dans son petit château. Il entreprend des aménagements pour en faire sa résidence permanente à partir de 1766 sous la surveillance de Guillaume-Martin Couture, le frère de Joseph-Abel, et probablement en suivant les conseils de l'architecte initial qui dirige à cette époque la construction du palais Bourbon et du château de la Ferté-Vidame.
La réduction du domaine, transformé en parc d'attractions À la mort de Charles-François Gaillard de la Bouëxière, le , sa propriété revient à son frère et aux enfants de ses deux sœurs. Jean-Hyacinthe-Emmanuel HocquartJean Hyacinthe Louis Hocquart épouse en 1778 la fille de Gaillard de Beaumanoir, Catherine-Eugène., seigneur de Montfermeil et président au Parlement de Paris, s'en porte acquéreur pour . Dès le , il revend la propriété pour à Guillaume-Elie Lefoullon, architecte-juré expert, entrepreneur de bâtiments à Paris, et à son épouse, Marie-Constance Cucu de Rouville. Quatre ans plus tard, Lefoullon commence à vendre des parcelles de la propriété pour construire des hôtels particuliers le long de la rue de Clichy. En 1780, il ne reste que les 2/ du domaine acheté. Le domaine est loué en 1785 par Lefoullon au fermier général Pierre de Bouilhac. En 1791, Lefoullon se plaint de l'état dans lequel se trouve le jardin et réclame une indemnité. Le mur des Fermiers généraux, construit dans les années 1780, contourne le domaine qui se retrouve placé entre la barrière Blanche et la barrière de Clichy.
Le 8 germinal an III (), le domaine est acheté par James Monroe, pour une somme de . Il s'y installe avec son épouse, Eliza Kortright, sa fille, sept domestiques, un cocher et un jardinier. La famille Monroe y tient salon avec des officiels français et étrangers.
Ils conservent la maison trois ans et la vendent le 24 prairial an VI () pour à Jean-Pierre Delmas. De fait, il n'en achète réellement que la moitié, l'autre est acquise par Henriette Knightley, épouse de Jacques Mathis. Jean-Pierre Delams revend sa part aux époux Mathis le 4 ventôse an VII ().
Le , les époux Mathis vendent la propriété au comte Jean-Henry-Louis Greffulhe. En 1826, Les héritiers Greffulhe louent la propriété à un entrepreneur de spectacles appelé Étienne-Gaspard Robert, connu sous le pseudonyme d'Étienne-Gaspard Robertson, qui y installe un parc d'attractions appelé « Troisième Tivoli » car succédant à ceux de la Folie-Boutin et la Folie-Richelieu. Le jardin à la française d'origine est remplacé par un jardin à l'anglaise.
La destruction du pavillon et le lotissement du domaine Le pavillon La Bouëxière est démoli en 1840.
En 1841, une ordonnance autorise les familles Greffulhe et Ségur à lotir le domaine, qui n'a plus alors qu'une superficie de et . Sont tracées à son emplacement : la rue de Boulogne (actuelle rue Ballu), la rue de Bruxelles (dont le percement avait été autorisée dès 1826), la rue de Calais, la rue de Vintimille et la rue de Douai, ces quatre dernières s'ordonnant autour de la place de Vintimille (actuelle place Adolphe-Max).
Architecture et jardins vignette|Plan du premier étage du pavillon de La Bouëxière, levé par Mensier, maître-maçon, le 8 juillet 1751 Le pavillon est construit dans un style néo-classique.
Le bâtiment est divisé en deux niveaux : un étable noble auquel on accède par d'importants emmarchements au nord et au sud ; un étage de service sous cet étage noble, dont une partie en souterrain sous le péristyle et l'emmarchement nord ; on accède à ce niveau par les portes percées au rez-de-chaussée sur les façades est et ouest.
L'étage noble est richement décoré.
L'édifice est cité comme modèle par Jacques-François Blondel, dans son Cours d'architecture et par Jean-François de Bastide dans son roman La Petite Maison.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Histoire de Paris Quartier de l'Europe
Catégorie:Bâtiment détruit à Paris Catégorie:9e arrondissement de Paris Catégorie:Folie à Paris