Louis-François-Auguste de Rohan-Chabot (Paris, - Chenecey, ), comte de Chabot, prince de Léon, de Rohan (1817) et comte de Porhoët est un gentilhomme et ecclésiastique français. Une fois veuf, il devient prêtre puis archevêque d'Auch, puis archevêque de Besançon et cardinal.
Biographie Enfance Fils aîné d'Alexandre-Louis-Auguste de Rohan-Chabot, septième duc de Rohan, et d'Anne-Louise-Élisabeth de Montmorency, il naît à Paris le .
En 1789, à la suite de la Révolution française, sa famille émigre à l'étranger. Il est élevé par un oratorien réfractaire puis par un ancien régent de collège.
Il est âgé de en 1800 lorsque sa famille revient à Paris, alors que le premier consul de France Napoléon Bonaparte prend le pouvoir (avant de se faire sacrer Empereur en 1804).
En 1807, son grand-père le duc Louis-Antoine de Rohan-Chabot meurt ; son père devient alors duc de Rohan et lui prince de Léon.
Mariage Âgé de , il épouse à Paris le Marie-Georgine-Armandine de Sérent, âgée de (Paris, - Paris, ), fille du comte Armand-Sigismond de Sérent et de Charlotte Ferdinande de Choiseul.
Il côtoie l'écrivain François-René de Chateaubriand qui lui disait souvent, en admiration devant la pureté de ses mœurs :
En 1809, il est nommé chambellan de Napoléon jusqu'à la chute de ce dernier en 1814. Par décret impérial du , Napoléon le fait comte de l'Empire.
En 1812, il ne craint pas d'aller demander sa bénédiction au pape , lorsque celui-ci est retenu par le régime impérial au château de Fontainebleau. Il ne craint pas de visiter aussi Jules de Polignac, lorsque celui-ci est détenu au château de Vincennes.
Au début de 1815, la princesse de Léon meurt dans des circonstances dramatiques : Sur son tombeau, dans l'église de La Roche-Guyon, est gravée l'épitaphe suivante : Pendant les Cent-Jours, il suit le duc d'Angoulême dans le midi de la France, puis en Espagne. À la Restauration, il est officier dans les compagnies rouges de la Maison du roi.
Entrée dans les ordres En , le jeune veuf perd son père ; il devient le de Rohan et pair de France héréditaire. Toujours profondément religieux, il décide alors d’entrer dans les ordres, plutôt que de se remarier.
À partir de 1819, il étudie au séminaire Saint Sulpice de Paris pendant trois ans, période pendant laquelle il fait la connaissance de l'écrivain Victor Hugo. Ce dernier se rend sur invitation, un jour, à son château de La Roche-Guyon et s'enfuit au bout de deux jours, terrifié par l'étiquette qui règne aussi bien dans la chapelle du château que dans la salle à manger. Mais il donne l'abbé Jean-Marie de La Mennais pour confesseur à Victor HugoAdèle Hugo, Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, tome 2, 1863..
Il invite également dans son château familial le poète, écrivain, historien, et homme politique Alphonse de Lamartine qui écrit une de ses Méditations poétiques : La Semaine sainte à la Roche-GuyonLa Semaine sainte à la Roche-Guyon sur Wikisource..
Il reçoit également souvent un jeune prêtre dont il devient le mentor : le futur journaliste, prélat et homme politique Félix Dupanloup, ainsi que Charles de Montalembert et d'autres ecclésiastiques ou intellectuels catholiques, dont le château de La Roche-Guyon est, à cette époque, le point de ralliement.
De 1816 à 1819, il fait réaménager et agrandir la chapelle souterraine du château de La Roche-Guyon.
Prêtre et évêque Le , après avoir étudié au séminaire Saint-Sulpice, il est ordonné prêtre à Notre-Dame de Paris en même temps qu'Antoine de Salinis et Césaire Mathieu. L'abbé de Rohan-Chabot est aussitôt nommé chanoine de la cathédrale et vicaire général du diocèse de Paris.
Le il est nommé archevêque d'Auch et confirmé le , mais il est transféré à Besançon en Franche-Comté avant d'avoir pris possession de ce diocèse (De Salinis et Mathieu deviendront aux aussi respectivement archevêques d'Auch et de Besançon).
Le il est confirmé archevêque de Besançon le , sacré le à Notre-Dame de Paris et installé le .
Le , il vend son château de La Roche-Guyon à son cousin le duc , dont les descendants en sont encore propriétaires.
, thèses qui recevront le coup de grâce en 1869 lors du concile , consacrant définitivement la position ultramontaine et la suprématie immédiate de Rome dans le gouvernement de l'Église universelle.
Cardinal
Le , avec l'appui de son ami Jules de Polignac, alors premier ministre de , il est créé cardinal par le pape . À la suite de la révolution de Juillet 1830, le roi doit quitter la France et le cardinal se réfugie en Belgique, puis en Suisse. Refusant de prêter serment à Louis-Philippe, il cesse de siéger à la chambre des pairs.
À la mort du pape , le , il participe à Rome, au conclave de 1830-1831 qui élit le nouveau pape, .
Le , le pape le nomme au titre de cardinal-prêtre de la Trinité-des-Monts. Il réside à Rome durant toute l'année 1831, mais réintègre son archevêché de Besançon le , après avoir appris qu'une épidémie de choléra se répand en France. Il se dévoue alors aux fidèles de son diocèse.
Le , le cardinal de Rohan-Chabot meurt à Chenecey, à l'âge de , de cette épidémie de choléra.
Il est inhumé dans la cathédrale Saint-Jean de Besançon, où son monument funéraire, sculpté par Auguste Clésinger, toujours visible, le représente priant. Conformément à ses dernières volontés, sa dépouille est répartie entre quatre lieux. Selon Lionel Estavoyer : son corps repose dans la crypte des archevêques de la cathédrale de Besançon, sa langue et ses yeux dans un coffret de la même cathédrale Dans un coffret jusqu’en 2013, puis uniquement dans un autre, plus petit, fait de verre opalin et de bronze, qui était initialement à l'intérieur du premier., ses entrailles au grand séminaire rue Mégevand et son cœur à Rome.
Son frère, Fernand de Rohan-Chabot (1789-1869), hérite de tous ses titres de noblesse et lui succède comme neuvième duc de Rohan.
Armoiries
Écartelé : de gueules à neuf macles d'or, posées 3, 3, 3 (qui est de Rohan), et d'or à trois chabots de gueules, 2 et 1 (qui est de Chabot).
Le prélat mettait souvent ses armes sur un écu écartelé de Navarre, d'Écosse, de Bretagne et de gueules au lion d'argent.
Notes et références Notes
Références
Annexes Articles connexes Maison de Rohan Maison de Chabot Généalogie de la famille Chabot Duc de Rohan Château de La Roche-Guyon Liste des cardinaux créés par Pie VIII
Liens externes
Bibliographie
Georges Martin, Histoire et généalogie des Maisons de Chabot et de Rohan-Chabot, Lyon, Georges Martin, 1996, 256 p. ;
Catégorie:Duc de Rohan Catégorie:Duc français du XIXe siècle Catégorie:Évêque catholique français du XIXe siècle Catégorie:Pair de France (Restauration) Catégorie:Archevêque d'Auch Catégorie:Archevêque de Besançon Catégorie:Cardinal français créé au XIXe siècle Catégorie:Cardinal créé par Pie VIII Catégorie:Naissance à Paris Catégorie:Naissance en février 1788 Catégorie:Décès en février 1833 Catégorie:Décès dans le Doubs Catégorie:Décès à 44 ans Catégorie:Mort du choléra lors de l'épidémie de 1832 Catégorie:Prince de Léon Catégorie:Maison de Rohan-Chabot Catégorie:Personnalité inhumée dans la cathédrale Saint-Jean de Besançon