Le Tour d'Espagne 2019 (en espagnol : Vuelta a España 2019) est la de cette course cycliste masculine sur route. Le départ est donné le à Torrevieja, et l'arrivée a lieu le à Madrid. Il s'agit du troisième et dernier grand tour de la saison et de la de l'UCI World Tour 2019. Le Tour fait également partie de la Coupe d'Espagne.

Grâce notamment à sa victoire dans le contre-la-montre, Primož Roglič (Jumbo-Visma) remporte le classement général et le classement par points. Il s'agit de sa première victoire sur un Grand Tour et de la première victoire d'un coureur slovène sur une épreuve de trois semaines. Il devance au classement final Alejandro Valverde (Movistar) et Tadej Pogačar (UAE Emirates), qui termine également meilleur jeune. Geoffrey Bouchard (AG2R La Mondiale) s'adjuge le classement de la montagne. Avec trois coureurs dans le Top 10 (Valverde, Nairo Quintana et Marc Soler), la formation Movistar gagne le classement par équipe.

Présentation

Parcours

Le parcours de la Vuelta est dévoilé par les organisateurs en . Neuf villes-départs et autant de villes-arrivées accueillent la course pour la première fois. Une seule étape dépasse la barre des (, ). La course compte six arrivées au sommet, dont une dès la cinquième étape (située à l'Alto de Javalambre : 12 kilomètres à 7 %) et deux autres finals en côte. Au total, cinquante-neuf difficultés sont répertoriées au classement de la montagne, soit treize de plus qu’en 2018.

Après un contre-la-montre par équipes inaugural de autour de Torrevieja, les sprinteurs et les puncheurs se disputeront le premier bouquet individuel, avec l'Alto de Puig Llorença, dont le sommet est à de l'arrivée. Les deux étapes suivantes sont favorables aux sprinteurs. La verra la première arrivée au sommet, devant l'observatoire de Javalambre, à près de d'altitude. Le lendemain, une deuxième arrivée au sommet est programmée, avec deux ascensions dans les kilomètres. Les kilomètres de l'étape suivante sont difficiles, avec notamment cinq ascensions répertoriées, dont la très pentue (12,3 % de pente moyenne) montée finale. Le lendemain, l'étape n'est pas toute plate, avec une montée de à environ de l'arrivée. La première semaine se termine par une étape andorrane très courte (), mais avec pas moins de cinq cols dont le Coll de la Gallina, l'Alto de Engolasters et ses 4 kilomètres non asphaltés., et la montée finale vers Cortals d'Encamp.

Après la première journée de repos, les coureurs disputeront un contre-la-montre individuel de entre Jurançon et Pau, qui accueille un mois et demi plus tôt le chrono du Tour de France. Deux étapes de moyenne montagne sont ensuite programmées : une étape franco-espagnole rarement plate, avec trois ascensions répertoriées ; puis une étape avec un enchaînement de trois côtes dans les kilomètres et une arrivée en bas de la dernière descente. La est vraiment difficile, même sans dépasser les d'altitude, avec un parcours rythmé par six montées de ou de puis une montée finale Hors catégorie. Après une étape de plaine, deux étapes de montagne sont programmées. La première propose un enchaînement de quatre cols, dont l'ascension finale vers le sanctuaire de l'Acebo ; la seconde un enchaînement de trois cols de , dont l'Alto de la Cubilla, en haut duquel sera jugée l'arrivée.

Après le second jour de repos, il restera cinq étapes : trois étapes pour les sprinteurs (les , et ) et deux étapes de montagne. La rappelle la prise de pouvoir de Fabio Aru sur l'édition 2015, avec un enchaînement de quatre cols de catégorie et une arrivée en descente. La démarre par une double ascension de puis de , emprunte les routes vallonnées des plateaux castillans, avant d'enchaîner le Puerta de Peña Negra, une côte non répertoriée et l'ascension finale () de l'Alto de Gredos.

Équipes

Le Tour d'Espagne étant une manche du World Tour, les dix-huit WorldTeams participent à la course. Comme l'an passé, les organisateurs ont invité la formation Cofidis et les trois équipes continentales professionnelles espagnoles, à savoir Burgos-BH, Caja Rural-Seguros RGA et Euskadi Basque Country-Murias.

Favoris

En l'absence de Simon Yates et Enric Mas, Miguel Ángel López (Astana) est le seul membre du podium de la dernière édition à être présent sur ce Tour d'Espagne. Vainqueur du Tour de Catalogne et du Tour d'Italie, il pourra compter sur ses qualités de grimpeur, sa relative fraîcheur et une équipe très forte. Celle-ci alignera à ses côtés notamment Jakob Fuglsang, gagnant de Liège-Bastogne-Liège et du Critérium du Dauphiné. Meilleur rouleur des prétendants au classement général, Primož Roglič (Jumbo-Visma) est considéré comme le grand favori de la course. Vainqueur de l'UAE Tour, de Tirreno-Adriatico, du Tour de Romandie et des deux premiers contre-la-montre sur le Tour d'Italie, il a terminé du Giro. Avec Steven Kruijswijk, l'an passé et du dernier Tour de France, l'équipe sera une des plus fortes de l'épreuve. Il faudra en revanche bien gérer la relation entre ces deux leaders. La troisième formation forte de l'épreuve est l'équipe Movistar. Avec le forfait de dernière minute de Richard Carapaz, les deux principales cartes de l'équipe sont Nairo Quintana, vainqueur de la Vuelta en 2016, et le champion du monde Alejandro Valverde. Avec Marc Soler comme lieutenant, le duo devrait se montrer offensif en montagne.

Deux équipes alignent comme leader un coureur qui est généralement équipier de luxe : Ineos avec Wout Poels, en 2017 et dont le parcours sied à ces qualités de grimpeur-puncheur (il a remporté Liège-Bastogne-Liège 2016), et AG2R La Mondiale avec Pierre Latour, dont la saison a été perturbée par une grave chute en février. Esteban Chaves (Mitchelton-Scott), Rigoberto Urán (EF Education First), Wilco Kelderman (Sunweb), Rafał Majka (Bora-Hansgrohe) et Fabio Aru (UAE Emirates) font aussi partie des favoris.

Les trois principaux sprinteurs sont Fernando Gaviria (UAE Emirates), vainqueur cette année d'une étape sur le Tour d'Italie, le champion d'Irlande Sam Bennett (Bora-Hansgrohe), triple vainqueur d'étape sur le Tour d'Italie 2018, et le champion des Pays-Bas Fabio Jakobsen (Deceuninck-Quick Step), qui dispute le premier Grand Tour de sa carrière. John Degenkolb (Trek-Segefredo), qui a déjà levé les bras à 10 reprises sur le Tour d'Espagne, Marc Sarreau (Groupama-FDJ), Luka Mezgec (Mitchelton-Scott) et Clément Venturini (AG2R La Mondiale) sont également présents.

Primes

La course attribue les prix suivants. Tous les montants sont en euros

Position - Total Classement général Classement final Leader 500 Par étape 900 900 650 650 360 28 860 Classement par points Sprints intermédiaires (19) 550 180 95 Leader 100 Classement final Classement de la montagne Cima Alberto Fernandez 520 Col Hors catégorie (2) 920 615 catégorie (16) 460 310 catégorie (14) 230 155 catégorie (24) 115 80 Leader 100 Classement final Classement du meilleur jeune Leader 70 Classement final Classement par équipe Par étape 400 200 100 Classement final Combativité Par étape 200 Vuelta Total

Déroulement de la course

24 - 27 août : début d'épreuve

Le contre-la-montre par équipe inaugural est remporté par la formation Astana, avec deux secondes d'avance sur Deceuninck-Quick Step et cinq sur Sunweb. Ce succès permet à Miguel Ángel López de s'emparer des maillots rouges et blancs. Les formations EF Education First, Bora-Hansgrohe, Movistar et Ineos terminent respectivement à 7, 13, 16 et 25 secondes des vainqueurs. Perturbée par une chute collective, l'équipe Jumbo-Visma concède 40 secondes. Le lendemain, le peloton explose dans la dernière ascension, puis un groupe de six coureurs se détache à de l'arrivée. On y retrouve Nairo Quintana (Movistar), Primož Roglič (Jumbo-Visma), Rigoberto Urán (EF Education First), Fabio Aru (UAE Emirates), Nicolas Roche (Sunweb) et Mikel Nieve (Mitchelton-Scott). Quintana attaque à de l'arrivée et s'impose avec 5 secondes d'avance sur le groupe de poursuivants. Le groupe maillot rouge — composé de 13 coureurs — termine à 37 secondes, le peloton, avec notamment Jakob Fuglsang (Astana) et Steven Kruijswijk (Jumbo-Visma), concède 1 minute 43. Roche prend la tête du classement général, avec deux secondes d'avance sur Quintana, qui s'empare du maillot vert, et 8 sur Urán. Aucun changement majeur au classement général ne se produit lors des deux étapes suivantes, qui se terminent par un sprint massif. Le champion d'Irlande Sam Bennett (Bora-Hansgrohe) remporte la étape, devant Edward Theuns (Trek-Segafredo) et Luka Mezgec (Mitchelton-Scott). Le champion des Pays-Bas Fabio Jakobsen (Deceuninck-Quick Step) s'impose le lendemain, devant Bennett et Fernando Gaviria (UAE Emirates). Le champion d'Irlande s'empare du maillot vert. Steven Kruijswijk abandonne sur cette étape.

28 - 31 août : changements quotidiens de maillot rouge

Angel Madrazo (Burgos-BH) fait coup double lors de la , en levant les bras devant l'observatoire de Javalambre et en confortant son maillot à pois. Il devance dans le dernier kilomètre ses deux compagnons d'échappée, son coéquipier Jetse Bol et José Herrada (Cofidis). Dans le peloton, le champion du monde Alejandro Valverde (Movistar) accélère à de l'arrivée, ce qui sera fatal à Nicolas Roche. Miguel Angel Lopez attaque quelques hectomètres plus loin et termine à du vainqueur. Il devance sur la ligne Valverde et Roglic de , Tadej Pogačar (UAE Emirates) de , Quintana de et Uran de . Lopez prend la tête du classement général. Seuls cinq coureurs sont à moins d'une minute au classement : le Colombien devance Roglic de , Quintana de 23, Valverde de 28, Roche de 57 et Uran de 59. Le lendemain, une échappée de se dispute la victoire d'étape. Parmi eux, Tejay Van Garderen (EF Education First) perd ses chances de victoires en chutant dans la descente de l'avant-dernière ascension du jour. Il abandonne lors de l'étape suivante. Plus tôt dans la journée, Víctor de la Parte (CCC Team), Nicolas Roche, Rigoberto Uran et Hugh Carthy (EF Eduction First) sont eux-aussi contraints à l'abandon sur chute. Jesus Herrada (Cofidis) gagne l'étape, avec d'avance sur Dylan Teuns (Bahrain-Merida) et 21 sur Dorian Godon (AG2R La Mondiale). Les favoris de l'épreuve terminent ensemble. Teuns s'empare de la tête du classement général, avec d'avance sur David de la Cruz (Ineos) et sur Lopez. Après trois attaques de Quintana, le champion du monde s'impose au sommet de l'Alto Mas de la Costa, juste devant Roglic, devant Quintana, qui s'empare du maillot vert, et Lopez. Le maillot blanc récupère le maillot rouge, avec sur Roglic, sur Valverde et 27 secondes sur Quintana. Derrière, les écarts sont plus importants. Rafał Majka (Bora-Hansgrohe), Tadej Pogacar et Esteban Chaves (Mitchelton-Scott) sont respectivement pointés à , et . George Bennett (Jumbo-Visma), Wilco Kelderman (Sunweb) et Fabio Aru ont plus de de retard supplémentaires. Composée de 21 éléments, l'échappée prend le large et se dispute le gain de la étape. Nikias Arndt (Sunweb) bat au sprint ses 12 premiers compagnons de fugue, Alexander Aranburu (Caja Rural-Seguros RGA) et Tosh Van der Sande (Lotto-Soudal) complètent le podium. Le peloton concède 9 minutes 24. En terminant dans le temps du vainqueur, Nicolas Edet (Cofidis) s'empare du maillot rouge, avec 2 minutes 21 secondes d'avance sur Teuns et 3 minutes 01 seconde sur Lopez.

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