William Henry Johnson, né vers le à Winston-Salem et mort le à Washington, communément appelé Henry JohnsonPlusieurs sources l'ont confondu avec Henry Lincoln Johnson, mais il s'agit bien de deux personnes différentes. ., est un soldat de l'armée américaine qui a agi de façon héroïque dans la première unité afro-américaine de l'armée américaine à s'engager dans les combats de la Première Guerre mondiale.
En poste dans la forêt d'Argonne le , il repousse un raid allemand au corps à corps, tuant plusieurs soldats allemands et sauvant un camarade tout en subissant vingt-et-une blessures, dans une action qui est portée à l'attention de la nation par une couverture dans le et le plus tard cette année-là.
En 1918, le racisme à l'égard des Afro-Américains est courant chez les soldats blancs et dans le commandement de l'armée américaine, mais l'attitude française est différente. Johnson est reconnu par la France avec une Croix de guerre avec étoile et palme de bronze, et est le premier soldat américain de la Première Guerre mondiale à recevoir cet honneur...
Henry Johnson meurt, pauvre et loin des projecteurs, en 1929. Une longue lutte est menée pour qu'il soit récompensé par l'armée américaine. Il reçoit finalement la en 1996. En 2002, l'armée américaine lui décerne la . En 2015, après de nombreux efforts infructueux pour lui faire obtenir la à titre posthume, elle lui est enfin décernée par le président Barack Obama lors d'une cérémonie à la Maison-Blanche..
Jeunesse Henry Johnson a déclaré qu'il était né à Winston-Salem, en Caroline du Nord, le lorsqu'il s'est inscrit au service militaire de la Première Guerre mondiale, mais il a utilisé d'autres dates sur d'autres documents et il se peut qu'il n’ait pas connu la date exacte de sa naissance.... Il a déménagé à Albany, dans l'État de New York, au début de son adolescence et a travaillé comme porteur à l' sur Broadway.
Carrière militaire Henry Johnson s'est engagé dans l'armée américaine le , rejoignant le d'infanterie de la garde nationale de New York, composé uniquement de Noirs, qui, lorsqu'il a été incorporé au service fédéral, a été redéfini comme le d'infanterie basé à Harlem.
Le régiment d'infanterie rejoint la d'infanterie à son arrivée en France, mais est relégué à des tâches d'entretien au lieu d'un entraînement au combat. La d'infanterie est à son tour affectée, le , à la d'infanterie. L'armée française, satisfaite de ses soldats noirs venant de son empire colonial, obtient le détachement de cette unité pour le combat. De fait, le régiment sous commandement français est surnommé par les Allemands et les Français à cause de son courage et de son audace.
Bien que le général John Pershing ait souhaité conserver l'autonomie de l'armée américaine, il a prêté le à la de l'armée française. La raison officieuse et non déclarée pour laquelle il était prêt à détacher les régiments afro-américains du commandement américain était que les soldats américains blancs se plaignaient et refusaient de combattre aux côtés des troupes noires. Les régiments noirs ont subi un harcèlement considérable de la part des soldats blancs américains et même un dénigrement de la part du quartier général de l, qui est allé jusqu'à publier le fameux pamphlet , qui mettait en garde les autorités civiles françaises contre la prétendue nature inférieure et les tendances supposées des troupes afro-américaines à commettre des agressions sexuelles.
L'armée et la population françaises n'ont pas manifesté de racisme et se sont montrées heureuses et accueillantes envers les Afro-Américains qui venaient les soutenir.. Le d'infanterie, surnommé plus tard les (« les guerriers d'enfer [venant] de Harlem »), a été parmi les premiers à arriver en France et parmi les plus décorés à son retour. Le était une unité entièrement noire sous le commandement d'officiers majoritairement blancs, dont leur commandant, le colonel William Hayward. L'idée d'un régiment noir de la Garde nationale de New York avait d'abord été proposée par Charles W. Fillmore, un New-Yorkais noir. Le gouverneur , inspiré par la bravoure de la noire au Mexique, autorise le projet. Il nomma le colonel Hayward pour mener à bien la tâche d'organiser l'unité, et Hayward donna à Fillmore une commission en tant que capitaine dans le d'infanterie de la garde nationale de New York. Celui-ci devient le d'infanterie des États-Unis avant de s'engager dans les combats en France.
Le a eu un départ difficile des États-Unis, faisant trois tentatives sur une période de plusieurs mois pour partir vers la France avant de finalement pouvoir partir. Même alors, leur bateau, qui s'était arrêté et ancré avant de sortir du port en raison d'une soudaine tempête de neige, a été heurté par un autre navire en raison de la mauvaise visibilité. Le capitaine du bateau, le Pocahontas, a voulu faire demi-tour, au grand dam de ses passagers. Les membres du , dirigés par Hayward, qui étaient déjà en colère et impatients, voyaient d'un très mauvais œil tout retard supplémentaire. Comme les dommages subis par le navire se situaient bien au-dessus de la ligne de flottaison, le capitaine du navire a admis qu'il n'y avait aucun danger de couler. Hayward a alors informé le capitaine qu'il ne voyait aucune raison de faire demi-tour, à part la lâcheté. Les hommes de Hayward ont réparé eux-mêmes les dégâts et le navire a repris la mer. Selon les notes de Hayward, ils ont débarqué à Brest le . Ils se sont bien adaptés une fois qu'ils sont arrivés en France. Cependant, il s'est écoulé un certain temps avant qu'ils ne voient des combats.
L'armée française a affecté le régiment de Johnson à l'avant-poste 20, à la lisière de la forêt d'Argonne, en Champagne, et l'a équipé de fusils et de casques français.. Alors qu'il était en poste d'observation dans la nuit du , Johnson a été attaqué par un important groupe d'assaillants allemands, qui aurait compté jusqu'à trente-six soldats. À l'aide de grenades, de la crosse de son fusil, d'un couteau bolo et de ses poings nus, Johnson a repoussé les Allemands, en tuant quatre et en blessant d'autres, sauvant de la capture et sauvant la vie de ses compagnons d'armes. Johnson a subi vingt-et-une blessures au cours de ces combats. Cet acte de bravoure lui a valu le surnom de , (« la mort noire ») en signe de respect pour ses prouesses au combat.
Les exploits de Henry Johnson ont d'abord été portés à l'attention nationale dans un article d'Irvin S. Cobb intitulé publié dans le du ..
De retour chez lui, le désormais sergent Johnson participe (avec son régiment) à un défilé de la victoire sur la Cinquième Avenue à New York en .. Il est ensuite payé pour participer à une série de tournées de conférences. Il s'est présenté un soir à Saint-Louis et, au lieu de livrer le récit attendu de l'harmonie raciale dans les tranchées, il a révélé les abus dont les soldats noirs avaient été victimes, comme le refus des soldats blancs de partager les tranchées avec les Noirs. Peu après, un mandat d'arrêt a été émis contre Johnson pour avoir porté son uniforme au-delà de la date prescrite par sa commission et les engagements de conférences rémunérées se sont taris..
Honneurs militaires Croix de guerre (France) vignette|Henry Johnson et le colonel William Hayward, les real figthers décorés de la Croix de guerre.
Le gouvernement français a décerné à Johnson la Croix de guerre, avec une citation spéciale et une palme d'or. Il a été le premier américain à recevoir cette distinction..
(États-Unis) En , le président Bill Clinton a décerné à Johnson la , une médaille militaire américaine, décernée aux soldats blessés ou tués au service de l'armée après le .
(États-Unis) En , la , la deuxième plus haute distinction de l'armée américaine, a été remise à , l'un des Tuskegee Airmen, au nom de son pèreSee General Order No. 9, 18 November 2005, at http://www.apd.army.mil/pdffiles/go0509.pdf.. John Howe, un ancien combattant de la guerre du Vietnam qui avait fait campagne sans relâche pour que Johnson soit reconnu, et le major général de l'armée américaine Nathaniel James, président de la , étaient présents à la cérémonie à Albany..
(États-Unis) Le , la Maison-Blanche a annoncé que Johnson recevrait la à titre posthume, remise par le président Barack Obama.. La est la plus haute distinction militaire des États-Unis.
Lors de la cérémonie du , la médaille de Johnson a été reçue en son nom par le sergent-major de commandement Louis Wilson de la Garde nationale de New York. Le président Obama a déclaré :
La citation officielle se lit comme suit. :
Vie ultérieure et décès Les dossiers du département des Anciens combattants des États-Unis indiquent qu'une cote d'invalidité permanente et totale a été accordée à Johnson le , en raison de sa tuberculose. D'autres documents du département des Anciens combattants indiquent que Johnson a reçu une compensation mensuelle et des visites régulières du personnel médical du département des Anciens combattants jusqu'à sa mort..
Johnson est décédé le à Washington, D.C., d'une myocardite.. Il a été inhumé au cimetière national d'Arlington le .
Héritage En 1919, le cofondateur de la Légion américaine (une association d'anciens combattants de l'armée des États-Unis), Theodore Roosevelt, Jr., fils de l'ancien président des États-Unis Theodore Roosevelt, a désigné Johnson comme l'un des « cinq Américains les plus courageux » à avoir servi pendant la Première Guerre mondiale.
L'intérêt pour l'obtention d'une reconnaissance appropriée pour Johnson s'est accru au cours des années 1970 et 1980. En , un monument a été érigé en son honneur dans le d'Albany, dans l'État de New York, et une section du Northern Boulevard a été rebaptisée Henry Johnson Boulevard.
En , l'installation postale du a été rebaptisée United States Postal Service Henry Johnson Annex.
Le , la d'Albany (New York) a inauguré la (« école à charte Henry Johnson »), en présence de la petite-fille de Johnson.
Une affiche commerciale de 1918 rendant hommage à l'héroïsme de Johnson pendant la guerre a fait l'objet d'un épisode de 2012 de la série télévisée de PBS..
En date du , le projet de loi sur la défense nationale comprenait une disposition, ajoutée par le sénateur Chuck Schumer, visant à décerner à Johnson la ., la plus haute distinction militaire américaine.
Pendant de nombreuses années, on a pensé que était le fils de Henry Johnson. Cependant, en fouillant la généalogie de Henry Johnson avant qu'il ne reçoive la , on a découvert qu'il n'y avait aucun lien familial entre les deux personnes.. L'armée a déclaré : , en français « les plus proches parents ».
En , le a mis en place un programme de formation d'officiers de réserve junior à l', nommé le Bataillon Henry Johnson en son honneur.. Le programme compte plus de cent cadets.
Notes et références
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