L'alkahest (Alchahest chez Paracelse, et d'autres orthographes sont utilisées suivant les auteurs) est une hypothétique substance alchimique. Le mot, inventé par Paracelse pour désigner une mystérieuse médecine pour le foie, fut repris par Jean-Baptiste van Helmont qui en fait le dissolvant universel capable de ramener tout corps à sa matière première (la materia prima des alchimistes). Malgré des propriétés paradoxales (dissolvant toute matière il ne peut être contenu dans aucun récipient), le concept connaîtra une fortune importante chez les chimistes/alchimistes de la seconde moitié du jusqu'au début du Bernard Joly, L'alkahest, dissolvant universel ou quand la théorie rend pensable une pratique impossible, Revue d'histoire des sciences 1996, vol. 49, no 2-3, résumé en ligne.
Chez Paracelse et dans les lexiques paracelsiens Le terme Alchahest apparaît une seule fois dans l'œuvre de Paracelse, qui ne s'intéressait qu'à l'aspect médicinal des produits alchimiques, et ne croyait pas à la transmutation des métaux. Il se trouve dans un petit traité inachevé, le De viribus membrorum (1526-1527), qui présente les médicaments pour les différents organes du corps humain :
Paracelse, pour marquer sa volonté de rupture avec les médecine traditionnelle galiénique et aristotélicienne, forgea de nombreux néologismes. Lorsque ses idées et ses ouvrages se répandirent dans la seconde moitié du (le « renouveau paracelsien »), ses disciples composèrent des lexiques. Le premier à définir l'alkahest est Michael Toxites en 1574, qui le définit comme « du mercure préparé pour le foie », en le rapprochant d'un mysterium mercurii lui aussi présenté par Paracelse comme un médicament pour le foie. Cette définition fut reprise en 1578 par le paracelsien français Roch le Baillif, et en 1583 par le belge Gérard Dorn, et se retrouva finalement dans le dictionnaire mis en annexe de l'édition latine des œuvres de Paracelse, Paracelsi opera omnia (1658).
De son côté Martin Ruland (1532-1602), médecin de l'empereur Rodolphe II, propose deux définitions en jouant sur les orthographes Alcahest et Alchahest, le premier étant le mercure préparé, et le second la médecine pour le foie.
L'alkahest comme dissolvant universel Jean-Baptiste Van Helmont reprend la notion de Paracelse mais lui donne un sens plus précis. Il sert à réduire tous les corps en leur matière première.
Notes et références
Article connexe Liste des substances alchimiques
Bibliographie Textes alchimiques Paracelse, De viribus membrorum (1526-1527), in Opera omnia (1658) t. I ; Werke t. III, . George Starkey (Eyrénée Philalèthe) (1628-1665), The secret of the immortal liquor called alkhalest or ignis-aqua by Eirenaeus Philalethes. en ligne sur sacred-texts.com- traduit en français: Le Secret de la liqueur immortelle, ou de l'Alkahest, appelé Eau ignée, communiqué par Eiressée Philalethe, à un de ses amis, enfant de l'art et alors philosophe. Par demandes et réponses. A Londres, 1683. Traduction de l'anglois
Études Bernard Joly, L'alkahest, dissolvant universel ou quand la théorie rend pensable une pratique impossible, Revue d'histoire des sciences, 1996, vol. 49, no 2-3, résumé en ligne P.A. Porto: "Summus atque felicissimus salium": The Medical Relevance of the liquor Alkahest. Bulletin of the History of Medicine 76(1), S. 1 - 29 (2002) sommaire
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