vignette|Résine de cannabis. vignette|Résine de cannabis / macrophotographie x17.
Le haschich , aussi transcrit hachich, haschisch ou même hachisch, est le nom donné couramment à la résine de cannabis. Il est issu d'une extraction de la résine des fleurs femelles de cannabis.
Étymologie
Certaines sources indiquent que l'utilisation du haschich (en [], « foin ; herbe ») a donné lieu au mot assassinFarhad Daftary - The Assassin Legends: Myths of the Isma'ilis I.B.Tauris, 15 mai 1994, , Consulted 2017-05-03 (Daftary est directeur associé et chef du département de recherche académique et de publications à l'Institut des études Ismaili)Israel W. Charny - Fighting Suicide Bombing: A Worldwide Campaign for Life, , Greenwood Publishing Group, 2007 , Praeger Security International Series Consulted 2017-05-03 , bien que cela soit contesté ailleurs (Daftary 2010) comme un mensonge fantastique fondé sur l'ignorance du milieu spécifique des Croisades chrétiennes médiévalesFarhad Daftary - The Oxford Encyclopedia of Medieval Warfare and Military Technology: Vol. 1 , Oxford University Press 2010 Consulted 2017-05-03. Quoi qu'il en soit, le consensus scientifique général est que le haschich affecte négativement le fonctionnement cognitif qui soutiendrait la sujétion, le comportement d'assassinat pourrait donc être lié à l'utilisation du haschischAmresh Shrivastava, Megan Johnston, and Ming Tsuang - Cannabis use and cognitive dysfunction Indian Journal of Psychiatry. 2011 Jul-Sep; 53(3): 187–191. doi: 10.4103/0019-5545.86796 PMCID: PMC3221171 Consulted 2017-05-03 citant 8. Solowij N. Cannabis and cognitive functioning. Cambridge: Cambridge University Press; 1988. 9. Fletcher JM, Page JB, Francis DJ, Copeland K, Naus MJ, Davis CM, et al. Cognitive correlates of long-term cannabis use in Costa Rican men. Arch Gen Psychiatry. 1996;53:1051–7. 10. Pope HG, Yurgelun-Todd D. The residual cognitive effects of heavy marijuana use. JAMA. 1996;275:521–7 ... et al.
Au Moyen Âge, une secte chiite du Moyen-Orient fait parler d'elle. Celle des Hashâchines ou Nizârites : la rumeur prétend que les membres de cette secte sont conditionnés par leur chef à tuer sous l'emprise du haschich, d'où leur nom. Par la suite en Italie au , le mot est repris en pour désigner soit les chefs musulmans combattant les chrétiens, soit les tueurs à gages, enfin en France au il prend la forme assassin et désigne les tueurs à gages, avant de prendre le sens plus large de meurtrierExplication de Bernard Cerquiglini en images. Cette hypothèse, qui a inspiré bien des auteurs, de Marco Polo à Smolderen, scénariste de la bande dessinée Gipsy, est contestée.
Histoire Le haschich est un produit manufacturé issu du chanvre appelé également par son nom latin cannabis.
Depuis l'Antiquité, certains êtres humains ingèrent du haschich.
Au début du , les scientifiques qui accompagnent Napoléon dans sa campagne d'Égypte, s'intéressent au haschich. Le psychiatre Jacques Moreau de Tours tente d'élaborer des traitements pour ses malades et publie Du Haschich et de l'aliénation mentale. Notamment associé au potassium, il a été régulièrement utilisé comme médicament psychotrope dans les asiles d'aliénés français comme le relève le « Rapport sur le Service des Aliénés» de 1874 destiné au Ministre de l'IntérieurDrs Constans, Lunier et Dumesnil : Rapport Général à M. Le Ministre de l'Intérieur sur le service des Aliénés t. II, 1874, rééd. Analectes/Teraplix, 1974, .
Ce psychotrope connaît aussi une certaine vogue dans les milieux artistiques parisiens. Des médecins, des artistes et écrivains se réunissent pour l'expérimenter, dans un hôtel particulier parisien au 17 du quai d'Anjou. C'est le Club des Hashischins, qui fut fondé en 1845 par le médecin Moreau de Tours. La mode est alors à la consommation sous forme de dawamesk, c'est-à-dire une confiture orientale confectionnée à partir de l'extrait gras des inflorescences. Plusieurs œuvres littéraires témoignent de ces séances : Club des Hashischins de Théophile Gautier est l'une d'elles, Le Comte de Monte-Cristo d'Alexandre Dumas mentionne plusieurs fois la consommation de dawamesk. Arthur Rimbaud ou Paul Verlaine sont également réputés pour avoir été des consommateurs invétérés, ils associaient de plus la consommation du haschich avec celle de l'absinthe. Charles Baudelaire lui a consacré un opuscule (Le hachish dans Du vin et du hachisch) et les cinq premiers poèmes des Paradis artificiels. Il est à noter cependant que le « hachisch » décrit par Baudelaire pourrait désigner une drogue assez différente de celle que nous connaissons aujourd'hui, puisqu'elle se compose d'après lui « d'une décoction de chanvre indien, de beurre et d'une petite quantité d'opium »Charles Baudelaire, Du vin et du hachisch, IV, le hachisch, §2.. thumb|upright|Boutique vendant du haschich à Katmandou en 1973.
Le haschich est, depuis sa banalisation de la deuxième moitié du , surtout fumé, sous diverses formes telles que joint, pipe à eau (bang), pipe en terre cuite en métal ou en bois, chalice, à l'aide d'une cigarette et d'une bouteille, à l'aide de couteau, etc.
Production Fabrication thumb|150px|Récolte de la résine de cannabis, Uttarakhand, Inde.Le Maroc est le premier producteur mondial de résine de cannabis. Cette activité génère de dollars.
La résine de cannabis est issue des glandes sécrétoires des feuilles et fleurs que porte la plante femelle (bien qu'ils contiennent du THC, les plants mâles ne produisent pas de résine).
Diverses techniques d'élaboration du haschich sont employées dans le monde. La plus répandue, utilisée dans le monde arabe, consiste à faire sécher les plantes, puis à les tamiser afin de séparer les gouttes de résine de la matière végétale. Selon la finesse du tamis, plusieurs qualités sont obtenues.
Henry de Monfreid, dans La Croisière du haschich, décrit de manière précise et littéraire cette méthode qu'il a eu l'occasion d'observer dans une ferme grecque, où il s'était rendu pour acquérir du haschich destiné à la contrebande vers l'Égypte.
La résine peut être ensuite stockée afin de la bonifier (en Afghanistan, où la résine est conservée dans des sacs en peaux de chèvre, le stockage avant pressage peut aller jusqu'à dix ans). La résine poudreuse est ensuite pressée, après chauffage.
left|thumb|Champs de cannabis dans le Rif, au Maroc. Au Maroc, des presses hydrauliques sont utilisées pour produire des plaquettes dures, de couleur jaunâtre/verte/marron (pour l'exportation uniquement). Une anecdote révèle que c'est pour boycotter les cigarettes françaises (en vente au Maroc pendant la période du Protectorat français du Maroc) que le roi Mohammed V donna par décret royal, le droit de planter du kif aux cultivateurs dans la région de Ketama (par ailleurs cultivé depuis plus de dans la région). Il faudra attendre le début des années 1970 pour voir arriver dans cette région des hippies, venus fumer le kif marocain. Ils montrèrent aux cultivateurs ketamis les techniques apprises en Afghanistan et au Liban pour faire sécher les plantes, séparer et compresser la résineKif Kif, film documentaire de Jacques-Henri Bidermann, Philippe Lachambre et Olivier Pousset, France, 26 min, 1994. .
En Afghanistan, on peut également presser la garda (nom local de la résine non pressée) à la main. Sinon, celle-ci est versée dans un grand mortier sous lequel est allumé un feu. Lorsqu'elle est suffisamment chaude, une lourde pierre est actionnée afin de presser la résine. Le produit obtenu, appelé charas, est de couleur vert foncé à noir, très mou et très odorant.
Dans la région de l'Himalaya, le haschich s'appelle également charas, mais l'influence hindoue fait que l'on ne coupe pas les plantes (le cannabis est sacré dans l'hindouisme). La résine est récoltée en frottant les sommités fleuries avec les mains. Au bout d'un certain temps, la résine s'accumule sur les paumes et les doigts. Celle-ci est alors grattée, et forme le charas de l'Himalaya. Comme pour la résine tamisée, le charas fabriqué de cette façon nécessite une période de bonification avant de pouvoir révéler toute sa palette de saveurs et d'effets.
Chaque région possède ses substances de coupe spécifiques. À noter que la présence de tels produits n'est pas systématique, et c'est généralement le haschich destiné à l'exportation qui est frelaté.
thumb|upright|Plants de cannabis dans le Rif, au Maroc. C'est dans le haschich marocain que l'on trouve le plus d'adjuvants nocifs, tels que médicaments psychotropes, cirage, cire, colle, huile de vidange, henné. .
Conditionnement Aujourd'hui, le haschich se conditionne surtout en plaquettes, en olives ou en blocs semblables à des savonnettes. Le produit se compacte assez facilement ce qui permet aux trafiquants d'en cacher des quantités importantes dans des volumes restreints.
Les plaquettes sont entourées de cellophane en essayant de rendre l'emballage hermétique à l'eau et à l'air. Ensuite, les plaquettes sont cachées dans des paquets eux-mêmes dissimulés par les trafiquants.
Dans les pays où la consommation de cannabis est réglementée mais tolérée comme les Pays-Bas, des commerces se sont spécialisés dans la vente de conditionnements discrets et secrets spécialement pour le haschich. Il existe ainsi des bombes aérosol de réparation de chambre à air dont le socle se dévisse pour laisser apparaître un double fond, des fausses canettes de soda sont également réalisées sur le même principe ainsi qu'une quantité d'autres objets hétéroclites.
Variétés thumb| Photo d'un bout de résine en macro.thumb|Morceau de résine de cannabis vendue en France. Le haschich se range dans trois catégories principales : Le « marocain » : produit au Maroc dans la région du Rif, il est de couleur et de consistance variable. C'est un haschich fort et qui pique légèrement la gorge. Des sous-variétés se déclinent du « pollen, zéro-zéro », très sec et poudreux (jaune), à l'« ia » (prononcer « aïa » ou « ayya »), très gras et mou (marron), tbisla (ketama) noir et gras. Les mélanges dits « sum » (terme mercantile), de l'arabe semm سم, poison, sont issus des variétés hollandaisesAlgeria-Watch BENCHENOUF Djamaledine (2006), Le shit nouveau est arrivé, un kif amélioré est produit au Maroc, Algeria-Watch, 27 mai 2006 et présentent, s'ils ne sont pas coupés, un plus fort taux de THC. Il y a trois qualités de fabrication : première passe (spécial), deuxième passe (00 - double zéro), la troisième et dernière passe sert à extraire un haschich qui sera par la suite mélangé à de la paraffine, du henné, des plastiques divers, etc. afin d'être revendu principalement à l'étranger. Les Marocains l'appellent resina, mais aussi hantouka ou hartouka ou encore lferchakha. Il contient une forte concentration de THC s'il n'est pas coupé. L'« afghan » : produit au Moyen-Orient sur les contreforts de l'Himalaya, il est de couleur noire ou réglisse. C'est un haschich doux. Des sous-variétés se déclinent de l'« afghan » au « népalais » en passant par le « pakistanais ». Leurs consistances molles permettent de les effriter sans les chauffer, ou de les rouler en fin filament, ce dernier étant inséré au milieu du joint sur toute sa longueur (un "ficelo") Le « libanais » : produit au Proche-Orient, il est de couleur sable-rouge assez proche de l'« ia » en consistance. En Europe, il est rare en raison des troubles qui règnent dans la région de production. Les paysans attendent que les plantes soient presque desséchées sur pied pour récolter les fleurs; c'est de là que provient la couleur rouge typique.
Depuis 2003, la Suisse commence à produire du haschich et à tester différentes recettes. La production correspond environ à de la demande locale. Trois variétés endémiques sont nommées selon le nom de la montagne où poussent les plants, à savoir : säntis, le pollux et palü.
Contaminants