, née en et morte le , dite aussi Marie de Blois-Châtillon, est dame de Guise et, par son mariage avec , duchesse d'Anjou et de Touraine, comtesse du Maine. À partir de 1383, elle est également reine titulaire de Jérusalem, reine de Sicile, comtesse de Provence et de Forcalquier.
Elle est la fille de Charles de Blois, prétendant au duché de Bretagne et de Jeanne de Penthièvre.
Biographie
Le mariage de Marguerite de Blois
Charles de Blois est très désireux de rapprocher par des liens de sang sa famille de la Cour de France. Il a négocié précédemment le mariage célébré en de sa fille Marguerite de Blois avec Charles de la Cerda, connétable de France et ami fidèle de Jean le Bon, mais l'assassinat de Charles de la Cerda le , a affaibli son parti. Ce dernier en effet le soutenait, ainsi que le roi de France, dans sa candidature pour devenir duc de Bretagne, lors de la guerre de succession de Bretagne contre le parti de Jean de Montfort et contre les Anglais. Le , Charles de Blois, prisonnier en Angleterre à la suite d'une embuscade malheureuse, obtient un sauf-conduit qui lui permet de venir en France. Charles d'Espagne était son gendre, ayant épousé sa fille Marguerite, et les conséquences de l'assassinat le touchaient de prèsRaymond Cazelles "Société politique, noblesse et couronne sous Jean le Bon et " Librairie de Genève Paris, 1982, . Il trouve, en négociant le mariage de sa fille Marie avec le fils du roi, un nouveau moyen de rapprocher sa famille de la Cour de France.
Son mariage
Le a lieu le mariage de Marie. Elle épouse Louis d'Anjou, fils du roi et de Bonne de Luxembourg et lui apporte Guise en dot.
Parjure par amour de sa femme
Après la défaite de Poitiers, le roi de France est libéré contre une énorme rançon et la cession du duché d'Aquitaine. Pour garantir l'exécution du traité de Brétigny, en 1361, Louis est envoyé comme otage à Londres avec son oncle et jeune frère Jean.
Pour les trois princes, convenablement traités, tout se serait parfaitement passé si Louis d'Anjou n'avait été pris d'impatience, son cousin le roi lui refusant la venue de son épouse. Louis prétexte un pèlerinage à Notre-Dame de Boulogne, et s'enfuit pour retrouver Marie, rompant le serment qu'il a fait lors de sa venue en Angleterre. Son père, tenu par son engagement de chevalier et aussi pour de multiples autres raisons, vint le remplacer et mourut à Londres en 1364.
La régente du comté de Provence en butte à l'Union d'Aix thumb|Charles de Duras soutenu par les Ligueurs de l'Union d'Aix
, en , investit Louis d'Anjou du royaume de Naples. Après en avoir rendu hommage au pape, le duc donna ordre à son armée de s'ébranler pour aller secourir la reine Jeanne en butte à son neveu Charles de Duras. Il partait accompagné des comtes Pierre de Genève, frère du pape, et d'.
Le , d'Anjou et Marie de Blois se retrouvèrent à Pont-de-Sorgues. Le nouveau comte de Provence signa dans le château pontifical le texte de la régence et les pièces de l'alter ego. Son épouse ne resta pourtant pas sur place et se dirigea vers Orange en laissant le gouvernement de la Provence au sénéchal Foulques d'Agoult, vicomte de Reillane.
C'était surtout laisser le champ libre aux opposants à la seconde maison d'Anjou qui ne pouvait affectivement compter que sur le soutien des villes d'Apt, d'Arles, de Marseille, de Manosque, de Pertuis et de Saint-Rémy, ces deux dernières étant les fiefs des Roger de Beaufort.
La cité d'Aix-en-Provence avait pris la tête des mécontents. Le premier syndic Bertrand de Jouques avait pris l'initiative d'une confédération connue sous le nom d’Union d'Aix qui se déclara en faveur du rival de Louis, Charles de Duras. Barral de Pontevès, devient Gouverneur et Capitaine Général des comtés de Provence et de Forcalquier pour les Ligueurs de l'UnionD'après l'abbé Papon, les Ligueurs affiliés à l'Union d'Aix, auraient souhaité avoir comme comte-roi le jeune . Cette explication a posteriori est loin d'être satisfaisante. Ce qui est avéré est que face à une situation confuse le Conseil du jeune roi de France et singulièrement ses oncles de Bourgogne et de Berri lui firent prendre la décision de mettre sous sa protection les Provençaux qui se réclamaient de Duras contre son oncle d'Anjou..
Ayant passé les Alpes, le , Louis d'Anjou lança un appel à tous les peuples des pays où régnait la reine Jeanne pour « prendre les armes et à courir sus à cette cité rebelle et très inique Aix-en-Provence ainsi que celles qui font partie de l'Union ».
Pensant mieux asseoir son autorité sur l'ensemble de la noblesse et des cités provençales, il décida aussi d'annuler toutes les donations faites par la première maison d'Anjou, obligeant tous ses vassaux à lui rendre l'hommage lige. La famille des Roger de Beaufort, parmi les principales soutiens du duc, dénoncèrent cette félonieEt ils avaient raison. En effet par un acte en date du , la Reine Jeanne avait fait savoir à son Sénéchal d'Agoult qu'elle se donnait le droit de révoquer ou de pouvoir révoquer toutes les aliénations de son comté à l'exception des donations attribuées aux abbayes de Montmajour et de Saint-Victor de Marseille, ainsi que celles faites à son chambellan Bertrand des Baux et au comte de Beaufort, vicomte de Turenne. Selon la coutume, Louis d'Anjou se devait de respecter ces clauses. Car si une seigneurie était injustement retirée, le baron lésé avait le droit de se rebeller, assuré qu'il était d'être soutenu par tous ses pairs, le droit de se battre en guerre privée y compris contre le suzerain étant l'essence même du régime féodal. Et un tel mépris des droits féodaux s'avéra insupportable au bouillant Raymond de Turenne..
Mais face à la spoliation de ses fiefs provençaux par le nouveau comte resta inactif. Ce laxisme fut un véritable camouflet pour son fils Raymond de TurenneC'est du moins l'explication que nous en a donné l'abbé Boyer de Sainte-Marthe, en commentant la fureur de Raymond de Turenne : « Dès que le duc d'Anjou mis en avant ses prétentions sur la Provence, il se déclara hautement pour lui, il favorisa puissamment le siège de Tarascon, il repoussa le parti de Duras à force ouverte. Une conduite si hardie et si heureuse lui donnait lieu de tout espérer de Louis et, toutefois, ce prince n'eût aucun égard pour lui dans une occasion très importante : car, ayant fait publier un Edit Général sur la réunion de son Domaine, Raymond fut traité comme les autres, nonobstant les privilèges qu'on lui avait accordé ; le procédé le piqua au vif ». A. Boyer de Sainte-Marthe, Histoire de l'église cathédrale de Saint-Paul-les-Trois-Châteaux, Avignon, (1710)..
Marseille et la France entrent en guerre contre l'Union d'Aix
Son appel fut toutefois entendu en Provence. Tout au long des mois de mars et d'avril Marseille, la cité fidèle, attaqua d'abord les galères de l’Union d'Aix, puis mit le siège devant Châteauneuf-les-Martigues, s'empara d'Auriol puis raya le Sarret de la carteCe fut le , que les galères de Marseille attaquèrent celles de Toulon et Hyères. Le siège de Châteauneuf-lès-Martigues débuta le et ne dura que trois jours. Auriol, cité carliste, fut prise par les Marseillais le . Ils purent dès lors se rabattre sur le Sarret. Cette petite ville, entourée de murailles et fortifiés par son castellas, s’était déclarée en faveur de Charles de Duras. Elle fut assiégée et prise par les Marseillais qui l'anéantirent. Les habitants du Sarret, rescapés du massacre, s'installèrent près de l'Huveaune où ils fondèrent Roquevaire..
Foulques d'Agoult, ne jugea pas utile d'intervenir personnellement mais, le , il donna ordre à son vice-sénéchal Louis de Trian, vicomte de Tallard d'attaquer son « adversaire qui tient le parti d'Aix » Journal de Jean le Fèvre, , en l'absence de précision de l'évêque de Chartres on peut penser qu'il s'agissait soit de Barral de Pontevès soit de Balthazar Spinola, sénéchal de Naples..
Tout prit une autre tournure quand, le , la France intervint. Aimery de Maignac, évêque de Paris et émissaire de , annonça devant le Conseil de Ville de Marseille que pour faire face à la présence des troupes de Balthazar Spinola, le sénéchal carliste qui venait de débarquer en Provence, le roi soucieux de défendre « les intérêts de sa parente la Reine Jeanne » avait ordonné à Enguerrand d'Eudin, son sénéchal de Beaucaire, d'entrer dans le comté. Il demanda aux Marseillais de l'aider à bouter cette armée carliste hors de Provence.
Le , Marseille envoya à Enguerrand d'Eudin qui assiégeait Saint-Cannat. Ils l'accompagnèrent quelques jours plus tard quand il mit le siège devant Aix. Le sénéchal de Provence décida alors qu'il était temps d'agir et fit appel à la cavalcadeLe terme de cavalcade désignait l'armée d’ost.
Mais dès les premières chaleurs de l’ une nouvelle épidémie de peste se déclencha en Provence et en Italie. Le siège d'Aix dut être levé en ce qui permit à Marseille d'organiser le blocus du port de Bouc, son rival.
Ce ne fut que le que Louis d'Anjou, qui se trouvait alors à Tarente, jugea utile de statuer. Par lettres patentes, il fit transférer à Marseille le siège de la Cour royale à cause de l'infidélité d'Aix.
Décès de Louis d'Anjou, veuvage et fin de vie 250px|vignette|Arrivée à Paris du jeune duc et de sa mère Marie de Blois.Miniature illustrant les Chroniques de Jean Froissart, Bruges, vers 1475, Paris, BnF, ms. français 2645, . En Louis d'Anjou débarque à L'Aquila. Il est couronné roi de Naples par Jean Gallian, Schisme et guerre civile en Provence, Histoire de Bellino, sans pouvoir chasser Charles de Duras, notamment à cause du détournement des fonds envoyés par son épouse et soustraits par Pierre de Craon le Grand, un de ses fidèles qui les dépense à Venise. Louis meurt à Bisceglie dans les Pouilles en 1384 laissant son héritage à son fils , âgé de . La régence est assurée par sa veuve, Marie de Blois.
vignette|Raymond de Turennepar Girolamo di Benvenuto,fresque de l'Hôpital Santa Maria della Scala à Sienne.
En cette , Raymond de Turenne, revenu de la guerre de Flandre et de la chevauchée de Bourbourg demande à la reine Marie la restitution des biens de sa famille, les Roger de Beaufort, dont il est héritier, et qui étaient saisis. Il le fit par l'intermédiaire de deux gentilshommes qu'il avait chargé de lui remettre des lettresDans ce document archivé à la Bibliothèque Ingimbertine de Carpentras, le fils aîné de Roger de Beaufort est dit « vicomte de Turenne, citoyen et habitant de la ville d'Avignon, appelé actuellement Raymond de Turenne », Marie de Blois est désormais le plus souvent nommée la « reine Marie ».
« Considérant que le roy Louys, roi de Naples et de Sicile, mary de la reine Marie, aurait dépouillé son père et luy de plusieurs places et chasteaux que la reine Jeanne luy avait donné en récompense des fidèles services qu'il avait rendu à sa Majesté tant au royaume de Naples que ailleurs et en plusieurs autres honorables occasions où il avait fait preuve de sa personne, d'où pour bien faire sa demande avec honneur, ledit vicomte envoya deux de ses gentilshommes à la reyne Marie, mère et gouvernante de Louys, fils du roy Louys décédé, la suppliant luy vouloir rendre et restituer les biens et places à luy appartenant comme héritier de feu son père et encore par contrat de mariage entre luy et la sœur du prince d'Orange et du pape son frère luy appartenant justement sans fraude ny tromperie lesquels lui auraient esté ostés injustement par les officiers du roy Louys, son feu mary.