Le château de Saint-Maure-de-Touraine, également connu sous le nom de château des Rohan.., est construit au cours du , à Sainte-Maure-de-Touraine, en Indre-et-Loire. Il est fondé par Foulques III d'Anjou vers 990.

L'édifice fait l'objet d'une inscription sur l'inventaire supplémentaire des monuments historiques en 1926. Sa tour d'entrée est inscrite en 1936.

Il abrite actuellement une maison du patrimoine.

Contexte géographique

Le château est situé dans le centre historique de Sainte-Maure-de-Touraine, une commune faisant partie de l'arrondissement de Chinon, dans le département d'Indre-et-Loire, en région Centre-Val de Loire. L'ancienne forteresse occupe, avec l'église Sainte-Maure-Sainte-Britte, disposée à environ en axe sud-ouest, un promontoire de forme circulaire en forme de vaste , le tout entouré d'espaces bâtis à flanc de coteaux....

Le promontoire sur lequel a été bâti le château est affecté d'un relief relativement nivelé. Le château, dont le logis seigneurial trouve son emplacement sur le point le plus haut du promontoire, surplombe la vallée de la Manse.

Historique Moyen Âge vignette|gauche|upright=0.8|alt=Gravure en buste représentant un homme drapé.|Foulques Nerra, fondateur du château. Avant l'an mil, aux environs de 990, sous l'impulsion du comte d'Anjou Foulques III d'Anjou, un donjon conçu en bois est érigé sur le promontoire de Sainte-Maure-en-Touraine... Une forteresse construite en pierres, similaire à celles de Langeais ou encore de Montbazon, succède quelque temps après à ce premier édifice.

Au début du , en 1203, le bâtiment fortifié fait l'objet d'une destruction. Cet événement serait probablement le fait de Guillaume des Roches, ayant alors agi sur ordre du roi d'Angleterre Jean sans Terre.. Girard d’Athée, également vassal du monarque anglais, est chargé, quant à lui, d'emprisonner ceux ayant été en rupture de ban.

Dans la première moitié des années 1210, de 1212 à 1215, Guillaume de Pressigny (Guillaume II comme ; Guillaume comme sire de Pressigny, attesté depuis 1190 et † après 1209), gendre de Guillaume de Sainte-Maure et rallié au camp de Philippe Auguste, fait rebâtir le château. Il construit aussi le château du Grand-Pressigny. Son beau-père Guillaume de Sainte-Maure, né vers 1130/1135 et † vers 1205/1209, père d'Avoye/Avoise/Hawise, était l'héritier de la première famille châtelaine/seigneuriale de Sainte-Maure1° Pour le Père Anselme, la première famille de Sainte-Maure s'établit ainsi : - Goscelin , fl. en 1007, † avant 1030, a de sa femme Aremburge : Gosbert, Guillaume et - Hugues ; ce dernier épouse Aénor fille de Berlay de Montreuil-Bellay et d'Adélaïs fille de Gilduin/Gelduin le Vieux de Saumur, d'où Hugues et - Goscelin II ; Goscelin II, fl. 1037 et 1060, marie Cassinotte de La Haye : leurs enfants sont - Goscelin III, Hugues (ces deux frères sont tués — vers 1102/1106 ? — par leurs propres soldats mutinés à La Haye ; Goscelin III soutient Foulques V d'Anjou contre Henri Ier dans les années 1110-1120 ; un autre Hugues de Sainte-Maure, probablement issu d'un des deux frères, suscite la révolte d'Aliénor et ses fils contre Henri II en 1172), et notre - Guillaume de Ste-Maure (vers 1140-vers 1205/1209), dont la fille Avoye/Avoise est la femme de Guillaume de Pressigny (numéroté de Pressigny et II de Sainte-Maure). 2° Pour les sites indexés d'Hélène & Thierry Bianco (2011) et MedLands, - Goscelin/Josselin (fl. 1007, 1009) a pour fils - Josselin II le Poitevin (fl. entre 1032 et avant 1060, voire après 1078 ? ; x Aremburge), lui-même père de Josbert (clerc), Guillaume, Bellutia/Bélutea (femme d'Aymery/Hémery Payen de Mirebeau et Montbazon ?), Jachite, et leur frère aîné - Hugues . Ce dernier (fl. vers 1060-vers 1115/1116) épouse en deuxièmes noces vers 1070/1075 Aénor/Adenorde de Montreuil-Bellay (après des premières noces avec une fille de Jean de Chinon, d'où un fils aîné Guillaume, † prédécédé en 1086/93), fille de Berlay II et de Grécie (fille d'Hamelin de Langeais), et petite-fille de Berlay de Montreuil-Bellay et d'une fille de Gilduin le Vieux de Saumur. Hugues et Aénor ont : Hugues (II) (x Cassinotte/Cassamota de La Haye ; remariée à Jean de Montbazon ?), Pierre († après 1115), autre Guillaume († prédécédé avant 1100 ou 1115), Marquissa/Marquise, Denise/Dionisa/Dionysia († vers 1096 ; x Josbert de Nouâtre), et Josselin/Goscelin (III) († prédécédé vers 1102/1106 avec son frère cadet Hugues (II) dans le guet-apens monté par leurs soldats rebelles ; x Falcabelle). Josselin (III) et Falcabelle sont parents de - Hugues II ou III (fl. de 1117 à sa † vers 1180 ; c'est lui qui anime la révolte d'Henri et Richard contre leur père Henri II Plantagenêt ; x Aélidis/Avis/Avoise de Montgauger), d'où Josbert, Josselin/Goscelin († après 1180), Agathe, Agnès, et notre - Guillaume de Ste-Maure (1130/1135-1205/1209), père d'Avoise/Hawise, née vers 1155/1165 et † après 1209.

Guillaume de Pressigny et sa femme Avoye/Avoise de Ste-Maure (née vers 1155/1165 ; mariée vers 1170/1180), ont comme enfants : Hugues, chanoine de St-Martin de Tours et prieur de Loches, Aremburge/Aremberge, Garcie, Pétronille, Domitia, et :

Guillaume III ou II († vers 1218/1223 sans postérité ; Guillaume III de Ste-Maure et II de Pressigny), puis son frère cadet - Josbert , né vers 1175/1185 ou 1190 et † après 1245, fl. entre 1223 et 1229, croisé en 1229, seigneur de Pressigny/Précigny, Sainte-Maure, Nouâtre et Bridoré, mari d'Agnès, sans doute fille de Jean IV de Vendôme. Josbert et sa femme Agnès de Vendôme sont parents de : Josbert (chancelier de Saint-Martin de Tours en 1245), Renaud (très probablement le maréchal Renaud de Précigny, † 1270 en Tunisie dans la dernière croisade de Saint Louis : d'où la famille des Regnault de Précigny, sires de Laleu et Marans), et leur frère aîné : Guillaume IV ou III, (vers 1215/1225-1271), fl. à partir de 1230, sans doute croisé avec Louis IX à Tunis en 1270, † 1271. Guillaume IV prend pour femme Jeanne de Rancon (vers 1220-† 1302 ; fille de Geoffroy IV ou V de Rancon et de Jeanne Maingot de Surgères vicomtesse d'Aulnay ; dame de Marcillac : un fief des Rancon, comme Taillebourg ; sœur d'Amable de Rancon, dame de Taillebourg et femme de Guillaume V de Parthenay).

Les enfants de Guillaume IV-III et Jeanne de Rancon de Marcillac sont : Pierre () († après 1328), mari de Mahaut/Mathilde († vers 1328/1334), sire de Montgaug(i)er, souche de la branche des Sainte-Maure, comtes de Joigny et de Jonzac, marquis de Nesle et de Montgauger, ducs de Montausier ; Isabeau de Sainte-Maure, femme de Philippe de Prie de Buzançais de Montpoupon ; et l'aîné :

Guillaume V ou IV dit le Valet, né vers 1235/1245 ou 1250 et † vers 1296/1300, fl. 1270-1274, qui épouse 1° 1270 Isabelle fille de Jean de Berrie d'Amboise, et 2° vers 1274 Agnès de Pons veuve de Savari IV de Thouars. Le fils de Guillaume V et d'Isabelle d'Amboise est - Guillaume VI-V dit le Valet (né vers 1270/1271-† vers 1290/1300 ; souvent confondu avec son père Guillaume, mais l'historien Arthur Bertrand de Broussillon a bien distingué les deux), mari vers 1288/1290 d'Alix/Aaliz, fille de Savary IV de Thouars et d'Agnès de Pons ci-dessus et † avant 1315 : la fille héritière de Guillaume VI et d'Aaliz de Thouars, - Isabelle/Isabeau (vers 1285/1290-† 1310) dame de Ste-Maure, Pressigny/Précigny, Nouâtre, Marcillac, Ferrière-LarçonFerrière près Beaulieu-lès-Loches, indiqué dans des versions antérieures de cet article, ne semble pas en jeu ici : c'est le siège d'un prieuré fondé par Dreu de Mello et relevant du château royal de Loches ; cf. Carré de Busserolle : Dictionnaire d'Indre-et-Loire et de Touraine, p. 62-65., Verneuil-sur-Indre, transmet ses fiefs à son mari , épousé en 1300/1301, et à leur fils (vers 1304-† 1330).

Au cours du , (né vers 1280-† 1333), alors propriétaire de la forteresse, entreprend une campagne de reconstruction. Durant cette période, l'enceinte du château est adjointe de courtines et de tours. Aux environs de l'an 1370, le connétable Bertrand du Guesclin aurait fait expulser un contingent de mercenaires ayant investi la forteresse.

Les Craon possédaient toujours Sainte-Maure : après - (1326-† le sans postérité légitime), fils de et de Marguerite de Mello-Saint-Bris dame de Jarnac, Châteauneuf et Sainte-Hermine, succèdent sa sœur Isabeau de Craon, puis en 1376 leur nièce :

Jeanne de Montbazon (fille de Renaud seigneur de Montbazon, Savonnières, Montsoreau, Villandry/Co(u)lombiers, Le Brandon, Marnes et Moncontour, et de Jeanne/Aléonor de Craon, la sœur cadette d'Amaury IV et d'Isabeau de Craon). Or Jeanne de Montbazon épouse en 1372 un cousin germain de sa mère, Guillaume II de Craon (vers 1345-1410 ; Guillaume VII de Ste-Maure), vicomte de Châteaudun et sire de Marcillac, et elle lui transmet Sainte-Maure, le Grand-Pressigny, Nouâtre, Ferrière et Verneuil, Jarnac et Châteauneuf-sur-Charente, Montbazon, Savonnières, Montsoreau, Villandry, Le Brandon, Marnes et Moncontour. Trois des enfants de Jeanne et Guillaume II auront Sainte-Maure : les deux vicomtes de Châteaudun - Guillaume III de Craon (Guillaume VIII de Sainte-Maure ; † sans postérité aux alentours de 1400) puis son frère cadet - Jean de Craon (Grand échanson de France en 1413, tué en 1415 à Azincourt, sans postérité), enfin leur sœur héritière - Marguerite de Craon, dame de Sainte-Maure et Nouâtre, Marcillac, Châteauneuf-sur-Charente, Montbazon et Le Brandon (les autres fiefs, notamment Pressigny, Montsoreau, Villandry/Colombiers et Jarnac, vont à sa sœur cadette Marie de Craon, femme de Louis Chabot, seigneur de La Grève).

Marguerite de Craon, née vers 1370, épouse en 1395 Guy VIII de La Rochefoucauld (~1355-~1428) : Sainte-Maure, Nouâtre, Montbazon et Le Brandon passent à leur fils cadet - Aymar de La Rochefoucauld († aux alentours de 1460 ; x Jeanne de Martreuil dame de Hérisson-en-Gâtine), et successivement à trois des enfants de ce dernier, - Jean († 1465), puis - Françoise (x Jean d'Estouteville de Torcy, prévôt de Paris en 1446, Maître des Arbalétriers de France en 1449), enfin - Jeanne de La Rochefoucauld († vers 1500). Laquelle épouse Jean du Fou, Grand-bouteiller en 1470, bailli de Touraine : leur fille - Renée du Fou est la femme de 1° 1482 Louis III de Rohan-Guémené († 1498), puis 2° Guillaume de La Marck († 1516). Ses descendants Rohan-Guémené sont comtes (1547, Louis VI) puis ducs de Montbazon (1588, Louis VII ; avec Sainte-Maure, Nouâtre, Le Brandon et La Haye).

Le milieu du est à nouveau marqué par d'importants travaux de reconstruction. Entre 1436 et 1455, Aymar III de La Rochefoucauld fait notamment bâtir des tours polygonales. Le château prend alors son aspect quasi-définitif.

Époque moderne Durant l'époque moderne, jusqu'aux événements de la Révolution française, plusieurs maisons féodales détiennent successivement la propriété fortifiée, par mariage ou lien du sang : les d'Estouteville, la maison du Fou, les de La Marck, et enfin la famille de Rohan-Guéméné. La plupart des seigneurs de Sainte-Maure-de-Touraine ne demeurent que très rarement dans l'enceinte du château et seuls Louis III et Hercule-Mériadec de Rohan-Guéméné y meurent.

En 1560, le roi François et sa femme Marie Stuart, séjournent au sein de la forteresse.

En 1605, Philippe Duplessis-Mornay y rencontre Henri .. En 1619, dans le cadre du traité de paix avec son fils Louis XIII, la reine-mère Marie de Médicis se déplace jusqu'à la forteresse de Sainte-Maure, avant d'aller au château de Couzières, dans la paroisse de Veigné, lieu officiel de la .. En date du , Louis XIV de retour de Saint-Jean de Luz, lieu où il venait de signer un traité, et accompagné de son épouse Marie-Thérèse d'Autriche, fait étape au château de Sainte-Maure. Lors de ce court séjour, le roi amnistie l'ensemble des prisonniers incarcérés dans les gêoles du château.

Époque contemporaine