Francis Masson Bladin, né le et mort le , est un haut commandant de la Force aérienne royale australienne (RAAF).
Il naît à Korumburra, dans une zone rurale de l'État de Victoria en Australie. En 1920, il obtient son diplôme au collège militaire royal de Duntroon et, après un début de carrière dans l'armée de terre, il est transféré dans la Force aérienne royale australienne en 1923 puis s'initie au pilotage d'avion aux bases aériennes Williams à Victoria. Il occupe alors divers postes d'instructeurs avant de prendre le commandement du en 1934. Hissé au rang de au début de la Seconde Guerre mondiale, il est promu à titre temporaire au grade de en . Il devient plus tard (AOC) du , en , quelque temps après les premiers raids menés par les Japonais sur Darwin, dans le Territoire du Nord. Après avoir conduit quelques offensives aériennes en territoire ennemi, il devient l'une des rares personnalités militaires non américaines à obtenir la pour acte de bravoure. En , Bladin est transféré au de la en Europe, où il est honoré d'une citation militaire. La même année, il est fait commandeur de l'ordre de l'Empire britannique. Promu par intérim en 1946, il fait partie des rares officiers supérieurs chargés de restructurer la RAAF après la guerre. Vers la fin des années 1940 et au début des années 1950, il devient successivement chef d'état-major de la Force d'occupation du Commonwealth britannique au Japon, de l' (rebaptisé plus tard ) et enfin air member for personnel. Il est fait chevalier-compagnon de l'ordre du Bain en 1950.
Après avoir pris sa retraite en 1953, il s'installe dans une ferme d'élevage, mais s'occupe encore des anciens combattants jusqu'à sa mort en 1978, à l'âge de soixante-dix-neuf ans. Peu bavard mais autoritaire, Bladin est surnommé en raison de son dévouement pour le bien-être de ses hommes.
Jeunesse et début de carrière Frank Bladin est le plus jeune des fils de l'ingénieur Frederick Bladin et de sa femme Ellen.. Il commence ses études au , mais cherche à rejoindre la première force impériale australienne au moment de l'engagement de l'Australie dans la Première Guerre mondiale. Ses parents refusent cependant de lui donner la permission de s'enrôler, et lui conseillent de continuer ses études au collège militaire royal de Duntroon, ce qu'il fait avec enthousiasme à partir de 1917. Il y obtient son diplôme en 1920 et sert pendant les deux années suivantes dans l', incluant seize mois supplémentaires dans la en Grande-Bretagne.
alt=Photographie de deux avions militaires de la Seconde Guerre mondiale volant près du sol.|vignette|gauche|197x197px|Deux Westland Wapiti du escadron de la base de Laverton en novembre 1934. Il est ensuite transféré au sein de la force aérienne royale australienne, récemment établie, comme officier, au rang de en . Ayant suivi une formation de pilote à la base aérienne de Point Cook près de Melbourne, il fait partie des cinq premiers lieutenants de l'armée à participer au cours de pilotage inaugural de la RAAF ; par la suite, tous les cinq quittent l'uniforme en raison des mauvaises perspectives de carrière dans l'armée de l'après-guerre. L'un des camarades de Bladin pendant cette formation est un diplômé de la promotion 1919 du , le sous-lieutenant Joe Hewitt (futur ). Durant l'année 1925 et 1926, Bladin est chargé d'entraîner les pilotes de la à l'école de pilotage de Point Cook. En 1927, il obtient une promotion au grade de ; la même année, il épouse Patricia Magennis à Yass, en Nouvelle-Galles du Sud, le . Le couple donnera naissance à un fils et deux filles.
En 1929, il est envoyé en Grande-Bretagne à l'école militaire de la base aérienne d'Andover. En 1931, il est l'unique officier australien a écrire un article sur la défense aérienne de l'Empire britannique publié dans le , une des rares publications traitant de la puissance aérienne. Promu , il succède à Frank Lukis au poste de commandant du en . D'emblée, Bladin se rend compte que l'unité équipée de bombardiers légers Westland Wapiti et de quelques Hawker Hart, n'a . Il se décide à changer cette situation en déployant l'escadron à de Cootamundra, en Nouvelle-Galles du Sud, où il .. L'unité s'attelle à cet exercice sur une période de deux semaines, à partir de la fin du mois de .
Après avoir terminé son mandat au sein du en , Bladin est nommé officier commandant de l'« escadron des cadets » de l'école de pilotage . Il imite les méthodes d'entraînement de l'escadron sur celui de son ancien collège de Duntroon, et préfigure les étapes de l'instruction des cadets du futur (ouvert en 1947). Le , il est promu au grade de .
Seconde Guerre mondiale alt=Cinq hommes en uniformes militaires clairs.|vignette|L Bladin (deuxième à partir de la gauche) avec le lieutenant-général Savige (à gauche) et les généraux de division Clowes, Cannan et Rowell à Melbourne, en décembre 1941.|190x190px Le premier poste attribué à Bladin après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale est celui de directeur des opérations et du renseignement au quartier général de la RAAF à Melbourne, en . Promu en juin, il devient de la (soit les États de Victoria, de l'Australie-Méridionale et de la Tasmanie) en en plus d'une promotion au grade de par intérim le mois suivant. Dès le , il occupe le poste de sous-chef d'état-major de l'armée de l'air chargé de la préparation des bases aériennes et de la mise en œuvre du plan d'entraînement aérien du Commonwealth britannique. Le de la même année, il est nommé au poste d' de la (AOC NWA, couvrant le Queensland et le territoire de Papouasie-Nouvelle-Guinée).
Muté à Darwin, Bladin a cette fois pour rôle d'assurer la défense aérienne du détroit de Torrès, du Territoire du Nord et de l'Australie-Occidentale. Il est également chargé de raviver le moral des troupes à la suite du bombardement de Darwin le , alors que la RAAF fait face à la menace d'une invasion imminente. Sa tâche s'avère être compliquée à cause du mauvais état des communications, du transport et du système d'alerte aérienne. Il entraîne au combat aérien tout le personnel au sol de la RAAF, puis ordonne l'aménagement de quelques terrains d'atterrissage supplémentaires afin de mieux gérer les forces sous son commandement. Il est, selon les mots de l'historien Alan Stephens, , et devient le premier Australien décoré de la pour acte de bravoure pendant la guerre du Pacifique. L'action récompensée par cette distinction se passe en juin lorsque Bladin dirige un raid de l' à bord d'un Boeing B-17 Flying Fortress contre les Célèbes dans les Indes orientales néerlandaises occupées. En plus de la destruction des engins au sol et des infrastructures japonaises, les bombardiers alliés réussissent à échapper à l'attaque de neuf chasseurs japonais lors de leur retour à la base. Bladin est recommandé pour cette décoration en septembre, laquelle est finalement annoncée dans lAustralian Gazette du Recommendation : US Silver Star sur l'Australian War Memorial. Awarded : US Silver Star sur l'Australian War Memorial..
En , les moyens dont dispose Bladin sont constitués de sept escadrons australiens qui opèrent principalement avec des chasseurs Bristol Beaufighter et Curtiss P-40 Warhawk, des bombardiers légers Lockheed Hudson ainsi que des bombardiers Vultee A-31, qui sont très vite renforcés par un escadron de bombardiers moyens North American B-25 Mitchell néerlandais, mais également des bombardiers lourds Consolidated B-24 Liberator de l'USAAF. Alors que les raids aériens japonais se poursuivent en 1943, Bladin place ses bombardiers à l'intérieur des terres et positionne ses chasseurs près de la côte afin d'intercepter les avions japonais. Fait commandeur de l'ordre de l'Empire britannique le , il lance les premières frappes contre les bases insulaires au-delà des mers de Timor et d'Arafura, déclenchant des combats acharnés entre les Alliés et les Japonais. Il choisit souvent les cibles de son propre chef, car les directives détaillées provenant du quartier général n'arrivent pas toujours à temps. Le , à la suite d'une interception des transmissions radio japonaises, il lance un raid préventif sur l'aérodrome de Penfui, près de Kupang (Timor), qui se termine par la destruction de vingt-deux bombardiers s'apprêtant à lancer un raid majeur sur Darwin. alt=Deux hommes en uniformes militaires de couleur pâle, l'un d'entre eux porte un casque de combat.|vignette|Bladin (à droite) au poste d' de la North-Western Area, avec un officier de la marine néerlandaise, vers 1943.|gauche|260x260px
Afin de renforcer la protection du Nord de l'Australie contre les attaques aériennes en cours, trois escadrons de chasseurs Supermarine Spitfire sont transférés du Royaume-Uni vers la fin de l'année 1942. Ces avions ne sont cependant opérationnels qu'en sous le nom de . Lors d'un engagement contre les Japonais le , huit Spitfires sont abattus et plusieurs autres forcés d'atterrir en urgence, alors que du côté adverse, les combats entrainent la destruction d'un bombardier et de cinq chasseurs. Un communiqué défavorable concernant cette offensive est publié par le quartier général du général Douglas MacArthur, qui plus tard est relayé par les journaux australiens, rapportant de parmi les Spitfires, causant ainsi un ressentiment au sein de la NWA. Bladin se plaint alors à son supérieur, le William Bostock, en affirmant que . En guise de représailles, il ordonne une frappe immédiate dirigée par le commandant d'escadre Charles Read contre l'aérodrome de Penfui, en prétextant la présence de Japonais dans le secteur. L'attaque se solde par la destruction de quatre avions japonais au sol. Le , sous le commandement du Clive Caldwell, la effectue l'offensive la plus réussie de la NWA jusque-là, faisant état de quatorze chasseurs japonais détruits et dix endommagés, pour une perte de deux Spitfire abattus. Le de bombardement de l'USAAF, composé de quatre escadrons de Liberators, est placé sous le commandement de Bladin le même mois, renforçant ainsi la capacité d'attaque stratégique de la NWA. Lorsque Bladin cède la NWA au vice-maréchal de l'Air Adrian Cole en , ce dernier rapporte que son nouveau commandement est .
Affecté en Angleterre en tant qu'officier supérieur d'état-major de l'aviation du de la , Bladin est étroitement impliqué dans la formation des équipages et la planification des opérations aéroportées en vue de la bataille de Normandie. Il effectue une mission le jour J (), le , en participant au transport des planeurs largués au-dessus de la Normandie ; pour cela, il obtient une citation deux jours plus tard.. Après avoir terminé son service au en France, Bladin retourne en Australie et devient chef d'état-major adjoint de l'Armée de l'air en . En , il est sollicité à deux reprises pour le poste d'AOC du RAAF Command, la principale formation opérationnelle de la Force aérienne australienne dans le Pacifique Sud-Ouest. Bladin est prévu pour remplacer le Bostock, qui fait face à des mesures disciplinaires pour avoir refusé de se conformer aux directives de l', l'organe de contrôle de la RAAF, mais finalement le gouvernement australien décide de ne pas modifier les dispositions de commandement.
Carrière d'après-guerre alt=Un homme en uniforme militaire sombre avec une casquette, inspectant des troupes lors d'un défilé.|vignette|Le air vice-marshal Bladin passant en revue les troupes du BCOF à Tokyo, en mai 1947.|190x190px