L'Autobiographie d'un super-vagabond (titre original anglais : ) est un roman autobiographique publié en 1908 par le poète et écrivain gallois W. H. Davies (1871-1940). Il raconte en grande partie la vie d'un homme que les frasques de jeunesse ont exclu de la société. Le mot anglais désignant aussi bien un « clochard » qu'un « vagabond », W. H. Davies peut être considéré à la fois comme un clochard sédentaire à Londres et un vagabond en perpétuel mouvement au Canada et aux États-Unis.

Encouragé par George Bernard Shaw, recommandé par Osbert Sitwell et Edward Thomas, il obtient un succès immédiat par l'originalité de son sujet et la rudesse classique de son style, ce qui, dès la parution de son livre, range son auteur parmi les classiques de la littérature de voyage.

Plus tard, il connaît une éclipse que dissipe, depuis les années 1970, le renouveau des études concernant le genre autobiographique.

Publication La légende voudrait que, envoyé par la poste en 1905, le manuscrit, émanant d'un parfait inconnu, n'eût jamais été retenu si le réceptionniste eût été autre que George Bernard Shaw..

thumb|upright=0.6|left|George Bernard Shaw à .|alt= En réalité, Bernard Shaw, s'étant déjà intéressé au premier recueil poétique de l'auteur, l'a incité quelques années plus tard à écrire l'histoire de sa vieDick Sullivan, The Popularity of Poetry, The Victorian Web, consulté le .. Le titre a été choisi par Shaw en référence à son récent Homme et Surhomme (), drame comique en quatre actes terminé en 1903, mais seulement joué en 1915.

Toujours d'après la légende, quelques pages auraient suffi à éveiller la curiosité de Bernard Shaw qui se serait rapidement rendu compte que les feuillets émanaient de Kennington Farm House, refuge pour clochards. En réalité, l'ouvrage était déjà programmé et sa publication assurée grâce, entre autres, aux fournies par Mrs Charlotte Shaw à l'éditeur.

Quoi qu'il en soit, Shaw le préface à sa parution et intervient pour que Davies conserve l'intégralité des droits d'auteur : ceux de la publication en feuilleton puis, au bout de trois années, une redevance de 15 % par exemplaire vendu, et l'acquit définitif de l'avance consentie, soit , équivalent à environ en monnaie d'aujourd'hui. Davies a aussi son mot à dire sur le choix des illustrations, des insertions publicitaires et de la couverture.

L'Autobiographie a été précédée par (1905) et (1908). L'édition de 1920 se conclut par cinq poèmes extraits de .

Écrit en l'espace de six semaines, l'ouvrage est jugé comme .

En , Parthe Livres de Cardigan, pays de Galles, publie une nouvelle édition en donnant la primauté à la préface originale de Bernard Shaw ; le manuscrit est conservé à la Bibliothèque nationale du pays de Galles et fait partie d'une collection réservée aux auteurs gallois de langue anglaise, initiative conjointe du Gouvernement de l'Assemblée Galloise et du Conseil du livre gallois.

Contexte et résumé Né dans un pub anglais, Davies apprend très vite qu'. À vingt-deux ans, il quitte une enfance et une adolescence malheureuses, ainsi que son apprentissage, pour entrer clandestinement en Amérique, après une traversée sur un cargo transportant des bestiaux.

Le vagabondage américain thumb|upright=0.7|gauche|Dessin humoristique d'un joyeux vagabond en Amérique.|alt= Entre 1893 et 1899, n'ayant nulle intention de s'installer dans la vie, Davies parcourt le pays par la route et le chemin de fer au milieu d'une bande d'hommes endurcis, vole et fait la manche quand il ne trouve pas à travailler au noir, et boit du matin au soir dans un univers de jeux de cartes, de tabagisme et aussi de chants. Plongé dans , l'ouvrage de Davies fait émerger d'étonnantes figures : (« Le Mauvais de New Haven), (« Petit Court-sur-pattes »), (« Le Gamin indien »), (« Harry l'Anglais »). Jeté de prison en prison dans le MichiganIl s'agit d'une incarcération sans condamnation dont bénéficient, à la saison froide, des vagabonds innocents mais néanmoins considérés comme des prisonniers, selon un système de corruption propre à certains établissements appelés ., battu et laissé pour mort à La Nouvelle-Orléans, témoin d'un lynchage dans le Tennessee, il rentre en Angleterre,

L'accident au Canada thumb|upright=0.6|Escalier menant au col du Chilkoot pendant la ruée vers l'or du Klondike.|alt= L'épisode central du livre concerne l'accident dont l'auteur est victime. Après sa dernière traversée de la Grande-Bretagne au Canada, à l'époque de la Ruée vers l'Or, Davies tombe en sautant d'un train en marche ; le pied écrasé, il doit subir l'amputation au-dessus du genou pour éviter la gangrène. Il explique les faits sans grand détail, mais s'attarde sur le choc psychologique dont il a souffert : hormis le handicap physique , il lui a semblé que la « sauvagerie » () avait été comme arrachée de son être et que ses aventures échevelées ne correspondaient plus à sa quête personnelle d'une identité.

Détails insolites Le livre contient nombre de recettes pratiques sur la façon d'être un vagabond à la fin des années 1800, aussi bien en Angleterre qu'en Amérique. Par exemple, vendre des lacets de chaussure s'avère à la fois lucratif et utile, lesdits lacets pouvant, selon le cas, servir de bien des façons. Ainsi, la vie d'une frange souvent inconnue de la société se révèle avec son intelligence collective propre, allant même jusqu'à la rendre presque souhaitable, tant elle clame les vertus d'une débrouillardise virtuose en une totale liberté.

Dans son second volume autobiographique, , publié en 1925, Davies dresse une liste précise des objets qu'il a abandonnés çà et là aux quatre coins du continent, une chemise sur les rives du Mississippi, des bottes dans les Monts Allegheny, un manteau caché sous des rochers au bord de la baie de Long Island Sound, et il conclut avec ironie : ..

Accueil et réception Cette autobiographie se révèle comme un . La brutalité du texte, son style tendu, son écriture contrôlée lui valent aussitôt un énorme succès. L'ouvrage est salué par Osbert Sitwell pour (), tandis que Bernard Shaw en souligne l'excellence du style , ajoutant qu'il y a là une immoralité stupéfiante (), mais destinée à la seule survie du vagabond.

De fait, de par son livre, W. H. Davies figure parmi les classiques de la littérature voyageuse, et au début du , il s'impose comme l'un des poètes majeurs de sa génération. Pourtant, selon Blake Morrison, la postérité l'a abandonné et, en tant que « mémorialiste », il reste une curiosité quasiment oubliée. Morrison rappelle le mépris de D. H. Lawrence, décidant qu'il fallait envers lui, et le sarcasme de Max Beerbohm qui, lors d'un dîner, lui rappelle que Shaw .

Le regain de l'intérêt porté par les critiques et les universitaires au genre autobiographique depuis les années 1970 a soulevé le voile de l'oubli et L'Autobiographie d'un super-vagabond a connu plusieurs rééditions.

Adaptation et influence vignette|Le groupe Supertramp en 1971.|alt= En 1948, le de la BBC (plus ou moins semblable à France Inter) a enregistré une version de l'ouvrage de Davies, diffusée chaque dimanche à partir du pendant plus de quinze années..

Le groupe de rock anglais Supertramp a choisi son nom en référence à l'autobiographie de W. H. Davies.

Christopher McCandless se renomme « Alexander Supertramp »., alors qu'il se plonge dans l'immensité américaine. Après sa mort, sa vie inspire le roman biographique Voyage au bout de la solitude () de Jon Krakauer (1996), retraçant l'histoire d'un jeune homme ayant troqué la civilisation pour un retour à la vie sauvage et y trouvant la mort. Il s'agit d'une version longue d'un article de Krakauer, , paru dans le numéro de de Outside.

Éditions Texte original

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Traduction en français

Annexes Bibliographie Ouvrages généraux

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Ouvrages spécifiques . . .

Articles connexes Autobiographie Récit de voyage

Liens externes The Autobiography of a Super-Tramp sur Archives d'Internet et Google Books (livres numérisés, éditions originales en plusieurs formats) The Autobiography of a Super-Tramp, versions gratuites à télécharger. .

Notes et références Citations originales de l'auteur

Notes

Références

Catégorie:Roman britannique paru en 1908 Catégorie:Roman autobiographique britannique