La Radiodiffusion-télévision française, dont le sigle usuel est RTF, est une société nationale française chargée du service public de l'audiovisuel, créée par décret le en remplacement de la Radiodiffusion française (RDF), devenue par décret un établissement public à caractère industriel et commercial le et remplacée par l'Office de radiodiffusion télévision française (ORTF) le .
Histoire Un « T » pour bien symboliser la télévision vignette|gauche|En 1949, Pierre Sabbagh présente le premier journal quotidien. Le décret du Décret du 9 février 1949 portant nomination à la Radiodiffusion nationale, Journal Officiel du 10/02/1949 remplace l'administrateur général de la Radiodiffusion française par un directeur général de la Radiodiffusion-télévision française (RTF) nommé par le gouvernement et assisté d'un conseil supérieur consultatif. Le nouveau nom de la société nationale de radiodiffusion marque bien l'essor pris par ce nouveau média qu'est la télévision. Malgré tout, le mode de fonctionnement de la RTF ne diffère pas de celui de la RDF puisqu'elle est totalement dénuée d'autonomie propre et est toujours placée sous le contrôle direct de l'État, par l'intermédiaire du ministère de l'Information. Le voit l'apparition du premier journal télévisé conçu par Pierre Sabbagh, mais sans présentateur. Le , une redevance audiovisuelle de anciens francs par an est instaurée pour les quelque trois mille possesseurs de téléviseurs (jusqu'alors, seuls les équipements radio sont assujettis à la redevance). Le , plusieurs diffuseurs européens, dont la RTF, quittent l'Organisation internationale de radiodiffusion pour former l'Union européenne de radio-télévision. La diffusion de la télévision française à la nouvelle norme de 819 lignes débute officiellement le , en parallèle de la diffusion au standard 441 lignes qui doit être maintenue jusqu'en 1958.
Également sous l'ère de la RTF, apparaissent de nouveaux programmes, notamment les émissions religieuses du dimanche matin, l'émission jeunesse (Le Club du jeudi), les premières pièces de théâtre diffusées en direct, les premières années de la diffusion en direct du défilé du 14 Juillet (retransmis la première fois le ) et les premières retransmissions internationales qui permettront aux téléspectateurs français d'assister en direct au couronnement de la souveraine britannique Élisabeth II le . Cet évènement contribue énormément au succès de la télévision en France par l'achat massif de téléviseurs qui passent de à . En parallèle, l'offre de radiodiffusion s'enrichit avec la création du Programme musical en modulation de fréquence le à l’initiative du poète Jean Tardieu, directeur du Club d'essai de la RTF.
Le , la diffusion en 441 lignes s'arrête définitivement à la suite d'un incendie de l’émetteur. Entre-temps, entre 1950 et 1969, la télévision régionale fait progressivement son apparition, en commençant par Télé-Lille. Les stations régionales servant également de relais, les programmes, jusqu'alors exclusivement parisiens, peuvent être reçus dans chaque zone couverte par une antenne régionale.
De la refonte des radios à la transformation en ÉPIC Le , l'offre radiophonique est considérablement modifiée. Le programme musical à modulation de fréquence, France IV, est supprimé et l'offre radio de la RTF se retrouve composée de trois chaînes, qui changent de nom pour l'occasion : Paris-Inter devient France I Paris-Inter, démontrant que la station de référence de la RTF diffusant sur devient un programme privilégiant l’information directe et instantanée, tout en reflétant l'ensemble des aspects de la vie quotidienne ; Programme parisien devient France II-Régional, chaîne de divertissements et d'émissions des stations régionales ; Programme national devient France III-National, en s'axant sur les programmes culturels et artistiques reflètant toute l'activité intellectuelle française au plus haut niveau.
La suppression du programme musical ayant entraîné de nombreuses protestations, il est réintroduit sous le nom de France IV-Haute Fidélité dès le Histoire de Radio France - Radio France ( voir archive) : .
En est créée par Henri Kubnick l'émission devenue culte Le Jeu des francs, à l'origine francs par jour sur France I avant l'entrée en vigueur des « nouveaux francs ». À la télévision, la RTF crée en 1959 le tout premier magazine d'information télévisé, Cinq colonnes à la une, qui sera diffusé jusqu'en 1968.
L'ordonnance du transforme la RTF en établissement public à caractère industriel et commercial (ÉPIC)Ordonnance du 4 février 1959 relative à la Radiodiffusion-télévision française - Journal officiel, 11 février 1959 .. La RTF adopte son fameux logo « atome » qui sera conservé même après la transformation en « ORTF » en .
Le premier essai de retransmission de télévision en Mondovision par le satellite Telstar entre les radômes d'Andover aux États-Unis et de Pleumeur-Bodou en Bretagne a lieu le .
1963 : l'année des réformes et des nouveautés Face à l'érosion constante de l'audience des chaînes de radiodiffusion de la RTF au profit des postes périphériques et à la fréquence des grèves au sein de l'établissement, le gouvernement et la direction de la RTF décident de réagir en procédant à une série de réformes dès 1963. La première d'entre elles a lieu en avec les actualités télévisées lorsque la priorité absolue est donnée à l'image par rapport aux commentaires du présentateur, de manière à laisser le téléspectateur juge de l'événement. La seconde concerne la simplification des chaînes de radio de la RTF en , réduites de quatre à trois, en s'efforçant de donner à chacune un style propre afin de redresser l'audience. France I et France II-Régional fusionnent pour devenir « RTF Inter », cette dernière se divisant en deux programmes distincts en soirée : Inter Jeunesse en ondes longues et Inter-Variétés en ondes moyennes. France III-National devient « RTF Promotion » et récupère également quelques productions jusqu'alors diffusées sur France II-Régional. France IV-Haute Fidélité devient « RTF Haute Fidélité » et se consacre essentiellement à la musique classiqueHistoire de Radio France - Radio France (voir archive) : . Ces nouveaux noms ne durent que peu de temps, puisqu'un référendum est organisé auprès des auditeurs pour renommer les chaînes, dans le cadre de la réforme Roland Dhordain, avec application le Concours Baptême RTF 64 - INA, 25 octobre 1963, .. RTF Inter devient « France-Inter » , RTF Promotion devient « France-Culture » et RTF Haute Fidélité devient « France-Musique ». La troisième réforme consacre la décentralisation des émissions de radiodiffusion, dont le nombre des émissions régionales augmente de 50 % alors que l'auditoire double grâce au regroupement des chaînes France I et France II sur France-Inter et de télévision par la multiplication des journaux télévisés régionaux produits par les Centres d’Actualités Télévisés (CAT) implantés dans chacune des grandes régions économiques. La dernière réforme est l'institution à la télévision d'un programme minimum en cas de grève.
Le , la RTF emménage dans son nouveau siège social ultra-moderne situé au 116 quai de Passy dans le de Paris qui regroupe pour la première fois en un seul lieu la direction générale de la RTF, les directions de la Radiodiffusion et de la Télévision, les services et les studios de la radiodiffusion. Le de la même année, une deuxième chaîne de télévision, RTF Télévision 2, est créée en utilisant la bande UHF 625 lignes. L'ancienne chaîne unique, RTF Télévision, est dès lors appelée familièrement « la première chaîne » (mais le sigle, lui, ne change pas).
En 1964, il est décidé de réformer la RTF afin de lui donner de nouveaux statuts et une plus grande autonomie. La loi du , qui entre en application le , transforme la Radiodiffusion-télévision française en « Office de Radiodiffusion-télévision française » (ORTF)Loi du 27 juin 1964 portant statut de l'Office de Radiodiffusion-télévision française - Journal officiel, 28 juin 1964 .. Radio et télévision sont désormais placées sous la tutelle et non plus l'autorité du ministre de l'Information.
Identité visuelle Le apparaît le nouveau logo « atome » de la RTF constitué des trois lettres R, T et F posées horizontalement sur trois ellipses, évoquant aussi bien des ondes radioélectriques que le système solaire ou la course d'un électron dans un univers fermé.
Organisation Conformément à l'ordonnance de 1945 sur le monopole d'État sur les ondes nationales, la Radiodiffusion-télévision française (RTF) est à sa création un service d'État directement contrôlé par le ministre chargé de l'Information et qui ne dispose d'aucune autonomie. Une ligne directe relie le bureau du ministre de l'Information à celui du directeur de la Télévision, avenue de Friedland à Paris. Le , l'Assemblée nationale vote un plan de développement de cinq ans pour la télévision, dans lequel un amendement instaure le monopole de programmation et de production de la RTF.
Après son accession au pouvoir, le général de Gaulle souhaite donner un peu d'autonomie à la RTF. Le décret Décret du relatif à l'organisation de la Radiodiffusion-télévision française, Journal officiel du 4/12/1958 du abroge les dispositions de la loi du sur la Radiodiffusion nationale et décide dans son article premier de la gestion de la Radiodiffusion-télévision française, sous l'autorité du ministre chargé de l'Information, par un directeur général nommé par décret en Conseil des ministres sur le rapport du ministre de l'Information. Il a sous son autorité l'ensemble du personnel et des services et a rang de secrétaire général de l'Information. L'article 3 de ce décret porte sur la création d'un Conseil supérieur de la RTF dont le président est nommé par décret en Conseil des ministres sur le rapport du ministre de l'Information et douze membres nommés par simple décret. Le conseil supérieur est obligatoirement consulté sur les contrats de concession, les participations à des entreprises annexes, les projets du budget, les comptes annuels, les dons et legs, les émissions d'obligations et de bons, les programmes de travaux et sur les modifications aux lois et règlements relatifs à l'organisation et au fonctionnement de la RTF.
Une réforme plus large est réalisée par l'ordonnance du et par le décret du qui permettent de rompre le principe d'administration directe et d'ériger la RTF en établissement public de l'État à caractère industriel et commercial doté d'un budget autonome, mais toujours placé sous l'autorité du ministre chargé de l'Information. Tous les droits et obligations de l'État concernant la RTF sont transférés au nouvel établissement public. Le directeur général, assisté d'un directeur général adjoint et de directeurs nommés par décret, assume l'ensemble des responsabilités de l'établissement. Les ingénieurs de la RTF se détachent du cadre des PTT dans lequel ils figurent depuis 1951.
Le statut du personnel fait l'objet du décret du . Le , la loi de finances réaffirme le monopole « d'émission et d'exploitation » de la RTF. Les ingénieurs obtiennent le contrôle de l’ensemble des moyens techniques qui permettent d’acheminer les programmes jusqu’aux téléspectateurs : les faisceaux hertziens, jusque-là gérés de façon commune par la RTF et les PTT, sont rattachés à la RTF.
Tous ces décrets et ordonnances, visant à donner plus d'autonomie à la RTF, bouleversent le régime antérieur et font l'objet de critiques constantes qui amènent le gouvernement à faire adopter par la loi du un nouveau statut instituant l'Office de Radiodiffusion-télévision française (ORTF).
Directions Direction générale Directeurs généraux Wladimir Porché (09/02/1949 - 01/01/1957) Gabriel Delaunay (01/01/1957 - 24/07/1958) Christian Chavanon (24/07/1958 - 21/03/1960) Raymond Janot (21/03/1960 - 24/02/1962) Robert Bordaz (24 /02/1962 - 24/07/1964)
Conseil supérieur de la Radiodiffusion-télévision française