La famille de Béthune Hesdigneul, anciennement DesplanquesJoseph Valynseele, Les maréchaux de la Restauration et de la monarchie de Juillet, leur famille et leur descendance, 1962, page 270., est une famille contemporaine de la noblesse belge et une famille subsistante de la noblesse française, originaire de Béthune, en Artois (France). Elle forma deux grandes branches dès le , l'ainée d'Hesdigneul, établie dans les Pays-Bas autrichiens (future Belgique) à la fin du , subsistante, et la cadette, originellement de Pénin, puis de Saint-Venant, et enfin de Sully au , restée française et aujourd'hui éteinte. La filiation de cette famille est suivie depuis 1529.

Histoire

Le premier auteur attesté de cette famille est Michel Desplanques, lieutenant général des bailliage et gouvernance de Béthune en 1536, qui épousa le Jeanne (de) BoursJean-François Houtart, Anciennes familles de Belgique, Recueil LXI de l'Association royale Office Généalogique et Héraldique de Belgique, Bruxelles, 2008, Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , volume IV, 1905, page 195..

Son fils, Pierre des Planques, marié le avec Jacqueline Le Hibert, entra au service de Charles Quint et fut peut-être le premier seigneur d'Hesdigneul. II eut pour fils Jean Desplanques, créé chevalier à titre personnel en récompense de ses bons services, par lettres patentes de l'archiduc Albert données à Bruxelles le Baron Fernand Ryckman de Betz, Armorial général de la noblesse belge, H. Dessain, 1957, page 70.. Les lettres patentes originales sont égarées, il ne subsiste qu’une copie tirée en 1781 des registres de l’élection provinciale d’Artois; « Jean Desplancques » y est qualifié « écuyer, seigneur de Hesdigneul, Tencques, Tencquettes, Espreaux, Estrée-en-Cauchies & Isel-lez-Avesnes » et « issu de noble et ancienne famille tant du côté paternel que maternel »abbé Douay, Histoire généalogique des branches de la maison de Béthune, 1783, page 98..

On confond souvent, à tort, celui-ci avec Roger Desplancques, lieutenant du sieur de Noyelles, gouverneur de Bapaume, anobli par lettres patentes le , entérinées le à Lille, et qui reçut comme armoiries « D'argent à une fasce de gueules, chargée d'un croissant du champ à la bordure engrêlée de gueules ». On remarque une certaine analogie avec celles de la famille de Bethune Hesdigneul, ou avec celles de la Maison de Béthune.

Controverse

Les descendants de Michel Desplanques ajoutèrent au milieu du à leur nom celui de « Béthune » et ne portèrent plus que celui-ci ensuite.

La famille des Planques de Béthune revendique depuis le une communauté d’origine avec la maison de BéthuneLouis de La Roque, Bulletin de la société héraldique et généalogique de France, pages 13 à 176, et en 1672, le duc de Béthune-Charost accepta d'être parrain d'Armand Adrien de Béthune des Planques décédé en 1686.

Les « des Planques » ne figurent pas dans la Généalogie de la maison de Béthune de l'historien et généalogiste André Du Chesne (1636)André Du Chesne Histoire généalogique de la maison de Béthune, chez Sébastien Cramoisy, 1639. L'Abbé Douay, auteur d'une généalogie controversée sur la famille de Bethune Hesdigneul parue en 1783, justifie cela, dans sa préface, par le fait que Duchesne s'est occupé uniquement des branches françaises, et non étrangères, l'Artois relevant de l'EspagneAbbé Douay, Histoire généalogique des branches de la maison de Béthune, existantes en Flandre et en Artois, et connues pendant plusieurs siècles sous le nom de Desplanques, justifiée par preuves, 1783.. Duchesne dit d'ailleurs lui-même, dans son ouvrage, qu'il n'a pu se rendre en Artois du fait de la guerre franco-espagnole.

Elle ne se trouve pas non plus dans l' histoire généalogique du Père Anselme, publiée en 1728Père Anselme de Sainte-Marie, Histoire de la Maison Royale de France, et des grands officiers de la Couronne, libr. associés, 1728, page 210 à 219.

En 1778, lorsque le marquis de Béthune Hesdigneul demanda à être admis aux Honneurs de la Cour à Versailles, Bernard Chérin, généalogiste des ordres du roi, réputé pour son professionnalisme et son impartialité, qualifia de fausses une majorité des chartes antérieures au qui lui furent soumisesArchivum heraldicum, volumes 74 à 76, 1960, page LI.

Dans le contexte général des grandes enquêtes sur la noblesse en France à la fin du la famille des Plancques eut recours aux frères de LaunayManfred Orlea, La Noblesse aux États généraux de 1576 et de 1588, Presses Universitaires de France - PUF, 1980, page 117, faussaires, qui avaient profité du traité des Pyrénées et du rattachement de l'Artois au royaume de France, pour devenir hérauts d’armes. Considérés comme excellents travailleurs avant d'être démasqués, beaucoup de familles eurent recours à eux , avec les conséquences que l'on connait et qui les poursuivent encore aujourd'huiVoir à ce sujet, notamment, Galesloot, L., Pierre-Albert et Jean de Launay, hérauts d’armes du duché de Brabant, Histoire de leur procès, Ed Arnold, Bruxelles, 1866 Lire en ligne.

Néanmoins en 1783, l'abbé Douay, chanoine de Béthune, dans son Histoire généalogique des branches de la maison de Béthune, dédiée au prince Eugène Léon François de Béthune Hesdigneul, fit remonter la filiation de la famille de Béthune Hesdigneul à un fils cadet de Robert , sire de Béthune, Richebourg, Carency, donné comme premier ancêtre de l'ancienne maison de Béthune. Cependant beaucoup de preuves proviennent des falsifications des frères Launay. Il donne également la généalogie de la famille de Roger Desplanques anobli en 1606, telle qu'elle se trouve dans ses lettres patentes, et écrit : « Voilà la généalogie de cette famille de Desplancques, d'où des gens méchans, & d'autres peu instruits, trompés par la conformité du nom, ont voulu faire sortir les deux branches de la Maison de Bethune [...] ». Il rajoute ensuite, dans le style de l'époque : « Il n'est pas impossible que les seigneurs de Villers-au-Flos [du nom de leur seigneurie] ne soient réellement descendans de la bonne famille de Desplancques, soit par bâtardise, soit par quelques cadets sans fortune, qui se sera établi en Flandre ; si il en existoit la moindre preuve, Messieurs de Béthune se feroient un plaisir de les reconnoître, & le pourroient sans rougir, puisque ce que l'on connoît de leur origine & filiation, prouve une famille militaire, distinguée & bien alliée ; mais jusqu'à présent on n'a trouvé aucune apparence de jonction, & comme elle est éteinte, cela devient assez indifférent.»

Gustave Chaix d'Est-Ange écrit :

Louis de La Roque écrit :

Les généalogistes contemporains reprennent l'opinion de Louis de La Roque :

Joseph Valynseele écrit au sujet de la famille de Béthune Hesdigneul : .

En 1955, le chercheur et historien Albert Bollengier reprit les observations de Chérin pour en conclure que la famille « des Plancques » ne descendait pas de l'ancienne maison de BéthuneAlbert Bollengier, La Filiation de la famille des Plancques-Hesdigneul de Béthune fut-elle truquée au ?, Editions P. Fournié et Cie, Paris 1955. Periodica Bibliographie page 40..

Branches

La famille des Plancques de Béthune forma deux branches, issues du mariage en 1559 de Pierre des Plancques et Jacqueline Le Hibert : la branche aînée d'Hesdigneul devint en partie belge à la fin du ; elle subsiste en France et en Belgique ; la branche cadette de Pénin, puis de Saint-Venant, restée française, s'est éteinte en ligne masculine au début du .

Cette branche cadette fut autorisée à s'appeler de Béthune-Sully, par ordonnance du , après que la mère du dernier duc de Sully, Hortense d'Espinay Saint-Luc, duchesse de Sully, eut fait donation des terres de Sully, Béthune, Lens et Montgommery au comte de Saint-Venant, chef de la branche cadette des Béthune des Planques, sous réserve de la relève du nom de Sully.

Personnalités Branche d'Hesdigneul Eugène François de Béthune des Planques, dit le marquis d'Hesdigneul (1671-1761), député de la noblesse d'Artois en 1699 ; Eugène François Léon de Béthune-Hesdigneul (1746-1824), premier prince de Bethune Hesdigneul, lieutenant général des armées du Roi (1816), chambellan de l'empereur d'Autriche ; Marie Aimé de Bethune Hesdigneul (1777-1836), chambellan du roi des Pays-Bas. Gaston de Béthune, maire de Mézières, député des Ardennes (1813-1891).

Branche de Saint-Venant Adrien Joseph de Béthune, dit le comte de Saint-Venant (1736-1794), maréchal de camp.

Situation contemporaine L'actuel chef de nom et d'armes de la famille de Béthune Hesdigneul est Henry Marie Ghislain, prince de Béthune Hesdigneul, né au Creusot le , fils d'Eugène de Béthune Hesdigneul (1910-1965) et de Geneviève d'Anglejan (1919-2002).

La famille de Béthune Hesdigneul fait partie de l’Association d'entraide de la noblesse française (ANF) et de l’Association de la noblesse du royaume de Belgique (ANRB).

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Armes D'argent à la fasce de gueules (qui est de Béthune), cantonnée en chef à dextre d’un écusson de gueules à la bande d’or, accompagnée de six billettes du même, mises en orle (qui est de Saveuse).

Titres Prince héréditaire de Bethune Hesdigneul le par ordre de primogéniture, par diplôme de l'empereur du Saint-Empire Joseph II. Titre reconnu en France le . Le , une ordonnance de Louis XVIII promet de le créer duc et pair sous réserve de constituer un majorat de de rente, condition qui ne fut pas exécutée. Cette ordonnance fut considérée à tort comme étant attachée au titre de prince par de nombreux auteurs qui suivirent l'avis d'Albert RévérendE. de Séréville, F. de Saint-Simon, Dictionnaire de la noblesse française, 1975, page 182Henry de Woelmont, Notices généalogiques : Deuxième série, 1923, page 112. Or le titre de prince n'était pas prévu dans le textes de lois sur la formation des majorats à instituer par les Pairs, mais bien celui de duc. Dès lors il aurait été impossible qu'il fut fait prince-pair. Précédemment, en 1813, il avait fait une demande en institution de majorat pour le titre de prince auprès de Napoléon , la noblesse d'Ancien Régime ayant alors disparu. Cette demande lui avait été refusée au motif que sa fortune était insuffisante et qu’il jouissait de trop peu de considération personnelle et n’exerçait aucune fonction publique .Natalie Petiteau , Élites et mobilités: la noblesse d'Empire au , 1808-1914, La Boutique de l'histoire éditions, 1997, page 63.Bulletin de la Société académique de Laon, volumes 33-34, 1910, page 140. Titre confirmé en Belgique le et le . Reconnaissance belge du titre de prince en 2023Moniteur belge du 22 avril 2024, page 45106 : Par arrêté royal du 20 octobre 2023, Reconnaissance du titre de prince transmissible par ordre de primogéniture masculine, est accordée au comte Henry de Béthune Hesdigneul. Concession de la transmissibilité du titre de prince chaque fois au premier degré, transmissible par ordre de primogéniture masculine, au moment du décès de l’ascendant porteur du titre, est accordée au comte Henry de Béthune Hesdigneul. Modification d’armoiries à celle accordée à Albert Joseph Marie Ghislain de Béthune Hesdigneul en 1968. Reconnaissance de noblesse aux Pays-Bas avec le titre de comte le Marquis par diplôme du roi des Belges du

Honneurs de la Cour le , et en 1786 pour Jeanne Louise le Vasseur de Guernonval, baronne de Béthune.

Preuves de noblesse