La famille de Bray est une famille subsistante de la noblesse française, originaire d'Amiens en Picardie.
Issue de la bourgeoisie marchande d'Amiens au , elle donna une branche anoblie en France sous la Restauration en 1827 avec le titre de baron. Une autre branche fut anoblie en Bavière en 1813 avec le titre de comte et autorisée en 1848 à s'appeler de Bray-Steinburg. Cette branche a subsisté avec distinction en Allemagne, mais elle est aujourd'hui éteinte en ligne masculine ; ses possessions bavaroises, dont le château d'Irlbach, passèrent par alliance aux barons von Poschinger de Frauenau, dont une branche cadette releva alors le nom de Poschinger-Bray.
La branche française donna au , des négociants, un maire d'Abbeville (1826), des conseillers généraux et députés de la Somme, un gentilhomme de la chambre du roi sous la Restauration.
La branche de Bray-Steinburg donna au , un chambellan et conseiller d'État du roi de Bavière, un président du conseil des ministres avec attribution du ministère des Affaires étrangères de Bavière, trois diplomates, etc.
Histoire
La filiation suivie de la famille de Bray commence avec Adrien de Bray qui épousa en 1654 à Amiens Marie Godde et fut le père d'un autre Adrien de Bray, né en 1658 à Amiens.
Adrien Bray, son fils, échevin d'Amiens, épouse, le , Catherine Le Maire. Il figure à l'Armorial général de 1696 avec la qualification de marchand bourgeois d'Amiens. Il laissa trois fils, François, Pierre et François-Alexandre de Bray, qui furent les auteurs de trois branches.
Gustave Chaix d'Est-Ange écrit en 1907 au sujet des différentes familles françaises du nom "de Bray". :
Elle est une famille subsistante de la noblesse françaiseRégis Valette, Catalogue de la noblesse française, Robert Laffont, 2007, .
Noblesse Branches françaises : François Marie Eugène de Bray (1779-1855) fut anobli avec le titre de baron héréditaire avec institution en majorat de son domaine de Rainneville (Somme), par lettres patentes du roi du . .. François-Alexandre de Bray (né en 1700), seigneur de Flesselles (basse justice) après son achat en 1744 à la famille de Prégy. fut reçu en 1755 conseiller en la Cour des monnaies de Paris et anobli par ces fonctions. Alexandre-Joseph Debray de Valfresne (né en 1756) fut l'auteur d'une branche demeurée non noble sous le nom « de Bray de Valfresne » .
Branche fixée en Bavière : Franz Gabriel von Bray (1765-1832) reçut le titre héréditaire de comte par diplôme du roi de Bavière du (immatriculé le ), comme possesseur des Hofmarken d'Irlbach, de Trieching et de Schambach et conseiller privé (Geheimer Rat) du roi de Bavière. Il fut confirmé dans sa noblesse en France le par lettres patentes du roi .
Filiation Jean de Bray, marié à N. Adrien de Bray, fils du précédent, épousa en 1654 Marie Godde. Adrien de Bray né à Amiens en 1658, fils du précédent, marchand bourgeois et échevin d'Amiens, épousa en 1687 Catherine le Maire dont : François, Pierre et François-Alexandre, auteurs de trois branches.
branche subsistante François de Bray (1688-1726), auteur de la branche aînée, épouse en 1718 Marie-Jeanne Galand (1693-1779), fille de Martin Galand (1658-1710), marchand et échevin de la ville d'Amiens, sœur de François Galand, maire d'Amiens en 1738. Leur fils, François Debray, sieur de Valfresne, marié en 1748 à Marie-Angélique de Lalau, laisse à son tour deux fils. Joseph François Debray-Chamont (1749-1792), né le à Amiens, mort le à Paris, l'ainé, marié en 1777 à Louise Chamont, commerçant-drapier à Amiens. Il est élu député de la Somme en 1791 à l'Assemblée législative. Il est l'auteur d'un projet de loi relatif à la liquidation des propriétaires d'offices, interrompu par sa mort survenue en cours de législature. Il laisse deux fils qui ont eu postérité l'un et l'autre Cette branche est subsistante au Généalogie de Bray. Joseph François de Bray (1778-1837), né le à Amiens, mort le . Il est membre du collège électoral de la Somme, capitaine d'une compagnie de Grenadiers au camp de Saint-Omer, puis adjoint au maire d'Amiens. Il est chevalier de la Légion d'Honneur. François Marie Eugène de Bray (1779-1855), né à Amiens le , mort à Paris (Passy), le , conseiller général de la Somme, gentilhomme de la chambre du roi, membre du conseil général de la Seine, chevalier de la Légion d'Honneur. Sous la seconde Restauration, il est anobli avec le titre de baron héréditaire avec institution en majorat de son domaine de Rainneville (Somme), par lettres patentes du roi du . Alexandre-Joseph Debray de Valfresne (né en 1756), auteur du second rameau de cette branche. Il est conseiller général de la Somme, officier de la Légion d'honneur, et il épouse en 1793 de Vérité. Sa descendance, demeurée non noble, continua sous le nom « de Bray de Valfresne »Ce rameau est éteint au (Généalogie de Bray).
branche (éteinte) Pierre de Bray, auteur de la seconde branche, né en 1692, se fixa à Rouen après son mariage en 1721 avec Elisabeth Taillet, fille d'un échevin de cette ville. Son fils, Pierre- Augustin de Bray, négociant à Rouen, puis à Paris, chargé de la direction des mines du Quercy, épouse à Nantes en 1759 Anne le Faon de la Trémininière. Il a deux fils Pierre-Auguste-Laurent et François-Gabriel de Bray, qui sont les auteurs de deux rameaux. Cette branche est éteinte en ligne masculineGénéalogie familiale de Bray. : Pierre Augustin Laurent de Bray, né à Rouen en 1761, négociant, marié à Julie Thierry de Ville-d'Avray, décédé à Abbeville en 1835. Il est maire d'Amiens en 1808 (et pas d'Abbeville, où il n'y a pas de maire Debray/de Bray pour l'ensemble de cette époque), et député de la Somme de 1827 à 1830. Marié 2 fois. On ne connaît pas de principe d'anoblissement à ce rameau. François Gabriel de Bray (1765-1832). Il se réfugie en Bavière à l'époque de la Révolution où il devient chambellan du roi de Bavière et conseiller d'État, sous le nom de Franz Gabriel von Bray. Il est nommé ministre plénipotentiaire du roi de Bavière près de diverses cours, dont celle de Russie à Saint-Pétersbourg. C'est à la cour de l'empereur de Russie qu'il échange des propos philosophiques avec Joseph de Maistre, ministre plénipotentiaire du roi de Sardaigne et avec le sénateur russe Tamara, qui font l'objet du célèbre ouvrage posthume de Joseph de Maistre (dans lequel il est nommé anonymement le chevalier B), intitulé . Il épouse en 1805 Sophie de Löwenstern, d'une famille noble de Livonie. Il reçoit le titre héréditaire de comte par diplôme du roi de Bavière du . Il est confirmé dans sa noblesse en France le par lettres patentes du roi Louis XVIII. Otto de Bray-Steinburg (1807-1899), fils du précédent, connu en Bavière sous le nom dOtto von Bray-Steinburg. Il épouse la Princesse Hypolyta Dentice di Frasso et réside dans le château de Irlbach, au sud de Ratisbonne. Il exerce divers postes diplomatiques ou ministériels, avant d'être nommé président du conseil des ministres de Bavière. Il dirige la délégation de Bavière lors des négociations qui aboutissent au rattachement du royaume de Bavière à l'Empire allemand proclamé à Versailles le , avec la nomination du . Possesseur du fidéicommis de Steinburg-Irlbach, il reçoit le prédicat « Steinburg » le et siège, à ce titre, comme conseiller héréditaire de la Couronne de Bavière (Reichsrat) à partir du . Hippolyte de Bray-Steinburg, fils d'Otto Hugo Gabriel, né en 1842, ministre plénipotentiaire bavarois, marié en 1871 à la comtesse Anne von Medem. Gustave Chaix d'Est-Ange écrit au sujet de cette branche (en 1907) : « Cette branche cadette se perpétuait en Bavière jusqu'au avec une grande distinction ». La branche bavaroise von Bray est désormais éteinte en ligne masculine au . À son extinction, le fidéicommis de Steinburg-Irlbach passa par alliance aux barons von Poschinger de Frauenau : Anna Maria, héritière des comtes de Bray-Steinburg, avait épousé Adalbert baron Poschinger von Frauenau, et une branche cadette des Poschinger releva dès lors le nom de Poschinger-Bray, changement de nom autorisé en 1953 et non contesté par le Deutscher Adelsrechtsausschuss de Marbourg..
branche (éteinte). François-Alexandre de Bray (né en 1700), seigneur de Flesselles (basse justice) après son achat en 1744 à la famille de Prégy est l'auteur de la troisième branche. Marié en 1724 à Antoinette de Court, il est reçu en 1755 conseiller en la Cour des monnaies de Paris et anobli par ces fonctions. Son fils, Alexandre-François de Bray, ancien marchand drapier à Amiens. chevalier, seigneur de Flesselles (basse justice), est reçu en 1770 avocat du roi au bureau des finances d'Amiens. Il prend part en 1789 aux assemblées de la noblesse tenues dans cette ville. Il a lui-même deux fils qui furent les derniers représentants de leur branche et dont l'un fut massacré lors du débarquement de Quiberon en 1795.
Titres Baron le pour la branche française. Comte le par diplôme du roi de Bavière pour la branche fixée en Bavière (confirmée ensuite noble en France le et autorisée à relever "Steinburg" le . vignette|400px|Blason d'Adrien de Bray marchand et bourgeois d'Amiens, enregistré à l'Armorial Général de France en 1696.
Armes Armes anciennes Armes anciennes enregistrées en 1696 à l’Armorial général de France par les membres de la famille de Bray qui appartenaient à la bourgeoisie d’Amiens : thumb|120px|left|Armes anciennes Adrien de Bray, marchand, bourgeois de la ville d’Amiens : De sable, à un chevron engrelé d’or.. Jean de Bray, curé, prêtre de la paroisse d’Etinchen : De sable, à un chevron engrelé d’or, chargé à la pointe d’une macle de sinople.. Louis de Bray, marchand, bourgeois de la ville d’Amiens : De sable, à une fasce chevron engrelée d’argent.. thumb|left|120px|Armes modernes
Armes modernes La famille de Bray a adopté les armes suivantes qui sont celles de l'ancienne famille normande de Bray et qui lui ont été reconnues par les lettres patentes de 1819 et de 1827 : d'argent au chef de gueules chargé d'un lion léopardé d'or. Armes concédées à la branche bavaroise par les lettres patentes de 1813 : d'azur à une fasce d'or chargée d'un croissant figuré d'argent, accosté de deux étoiles du même, la fasce accompagnée en pointe d'une tour de gueules ouverte de sable. Couronne de comte, supports deux lions. Armes rétablies pour la branche bavaroise (comtes von Bray-Steinburg) par autorisation royale bavaroise du , reprenant les anciennes armes normandes : coupé de gueules et d'argent, au léopard d'or passant dans le premier. Couronne de comte ; pour supports, deux léopards d'or affrontés.
Alliances Les principales alliances de la famille sont : Branche française de Bray : Godde (1654), Le Maire (1687), Galand (1718), Taillet (1721), de Court (1724), Delalou (1748), Le Faon de La Tréminière (1759), Chamond (1777), de Saisseval (1786), Durieux de Gournay, Boullet, de Vérité (1793), Thierry de Ville d'Avray, de Touchebœuf-Beaumont (1850), du Bourg (1831), de Gary, de Sambucy, Le Filleul de Longthuit (1868), Léo de Tréverret (1890), Caudron de Coqueréaumont (1867), Mollerat du Jeu (1854), de Seyssel-Cressieu (1856), de La Bunodière (1899), Dauger] (1871), Le Prévost de La Moissonnière (1898).
Époque contemporaine : de Cotignon (1926), des Courtils de Merlemont] (1936), Daudier de Cassini (1958), de Fontanges de Couzan (1929), Lefebvre de Plinval-Salgues (1909), de Poulpiquet de Brescanvel (1925), Rouxelin de Formigny de La Londe (1963).
Branche bavaroise de Bray-Steinburg : von Lœwenstern (1805), von Mirbach, von Preysing Lichtenegg-Moos, Dentice di Frasso, von Rechberg (1839), von Thurn-Valsassina (1863), von Lerchenfeld (1867), von Medem (1871), Poschinger von Frauenau. Branche Nordrhein Westphalen: Brieden von Aschers-Leben (1840), Greve (1870), Goost (1908), Goost (1910), Willems (1948)
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Branche bavaroise : Karl Alexander von Müller, Bray-Steinburg Otto Graf., Allgemeine Deutshe biographie, Dunker und Humblot- Leipzig, 1910, .