Francesco Piranesi (), connu également sous le nom francisé de François Piranèse pour avoir fondé en 1798 avec son frère la Calcographie Piranesi frères, au 296, rue de l'Université puis au 1354, place du Tribunat (actuelle place du Palais-Royal) à Paris, est un dessinateur, graveur aquafortiste, architecte et céramiste italien né à Rome , année fort crédible de par son baptême le . Fils, élève et collaborateur de Giovanni Battista Piranesi (1720-1778), il est mort à Paris le Table des successions et absences à Paris, n° 53, vue 121/158.. vignette|300x300px|Francesco Piranesi, Intérieur du Panthéon, 1790.|alt= Biographie Jeunesse vignette|gauche|Rome, l'Académie de France.|alt= Francesco Piranesi naît - Jacques-Guillaume Legrand énonce précisément en 1758Jacques-Guillaume Legrand, Notice historique sur la vie et les œuvres de Jean-Baptiste Piranèse (in Mélanges littéraires et artistiques d'Ennio Quirino Visconti, vol.III, Bibliothèque nationale de France). Écrite pour être placée en tête d'une édition des œuvres de Giovanni Battista Piranesi à paraître à Paris en l'an 8 ou en l'an 9 de la République, elle restera inédite pendant plus d'un siècle et sera la source principale de Henri Focillon pour son Piranesi publié en 1918., d'autres sources proposent des dates improbables allant de 1751 à 1761, la planche la plus ancienne qui lui soit attribuée étant datée de 1769 - dans le contexte d'une Rome qui est et dans lequel notre artiste baigne immédiatement parce que Sous la direction de René Huyghe, L'art et l'homme, vol.3, Larousse, 1961, pages 192-194., qui est son père et qui sera son maître.

Valeria Mirra, qui soutient d'autant plus la naissance en 1758 proposée par Jacques-Guillaume Legrand qu'elle a par ses propres recherches retrouvé l'acte de baptême, le à Rome, de Francisco, Vincenzo, Seraphino, Balthasar PiranesiValeria Mirra, Un'impresia culturale e comerciale : la Calcografia Piranesi da Roma a Parigi (1799-1810), Scuola Dottorale in cultura dessla transformazione della cità e del territorio, 2011., resitue l'éducation de Francesco dans son contexte en citant Legrand : . Il est rappelé par là que la décennie 1760, galvanisée en cela par les premières grandes découvertes archéologiques que sont Herculanum et Pompei en 1748 et par les qui s'y poursuiventGina Pischel, Histoire mondiale de l'art, Solar, 1976., est pleinement celle de la controverse concernant la primauté tant chronologique qu'esthétique de Rome sur la Grèce, thèse chauvine par son apologie des Étrusques dont Giovanni Battista est alors parmi les ardents défenseursMusée des beaux-arts de Dijon, catalogue de l'exposition Giovanni-Battista Piranesi, septembre-novembre 2009..

Également architecte et antiquaire, soucieux en cela des faveurs papales, Giovanni Battista, Henri Focillon, Giovanni Battista Piranesi, 1720-1778, Laurens éditeur, 1918, page 236., a en fait songé dans un premier temps pour son fils à une carrière ecclésiastique, perspective dont l'intérêt s'est relâché avec la mort de Clément XIII en 1769. Francesco est ainsi élève à l'Académie de France de Pierre-Adrien Pâris en architecture, élève également des frères Johann Gottlieb et Jacob Philipp Hackert en paysage (artistes peintres, le second n'en possède pas moins une expérience de graveur pour avoir travaillé auprès de Jean-Georges Wille à Paris), de Domenico Cunego et Giovanni Volpato en gravure. Il accompagne son père à Pompei, Herculanum et Paestum en 1770 et 1778Fraternita Dei Laici, Francesco Piranesi : G. Erouart et M. Mosser, À propos de la notice historique sur le vie et les ouvrages de J.-B. Piranesi : origine et fortune d'une biographie, Édizioni dell'Elefante, 1978..

Mort du père, survie de son nom vignette|300x300px|Raccolta de'Tempj Antichi, frontispice avec dédicace à Pie VI, 1780.|alt= Francesco a vingt ans lorsqu'en meurt Giovanni Battista qui laisse cinq enfants, deux filles (Laura, graveur de même, la seconde revêtant l'habit monastique), trois garçons avec ses deux frères, Pietro dont les études demeurent à accomplir et Angelo qui meurt en nommant Francesco son légataire universel. L'administration de la maison, est, conjointement avec leur mère, assumée par Francesco qui emprunte à cette fin la somme de sept mille écus.

Le professeur John Wilton-Ely ne manque pas de relever que, dans l'œuvre ultime du père, les des Vedute di Roma qui paraissent en 1778, les deux dernières planches sont bien de FrancescoJohn Wilton-Ely, Giovanni Battista Piranesi, the complete etchings, 2 volumes, Alan Wofsy Fine Arts, San Francisco, 1994.. La Raccolta de'Tempi Antichi sur laquelle Francesco est alors simultanément en train de travailler parait, dans une suite de vingt et une planches, deux années plus tard, l'affranchissant de son statut d'assistant pour une reconnaissance de sa dimension d'artiste créateur à part entière à laquelle Pie VI souscrit lui-même : le Pape, à qui l'ouvrage est adroitement dédicacé, ordonne qu'il aille enrichir les collections Piranesi de toutes les bibliothèques publiques et qu'il soit .

Les noms du père et du fils se trouvent cependant toujours étroitement mêlés dans deux ouvrages postérieurs : d'une part dans Plan de la villa d'Hadrien, près de Tivoli, œuvre de Gian Battista ne paraissant qu'en 1781 avec une contribution de Francesco intitulée Pianta delle fabriche esistenti nella Villa AdrianaJohn Pinto, « Giovanni Battista Piranesi's plan of Hadrian's villa », Princeton University Library Chronicle XV, automne 1993, pages 63-84, d'autre part et surtout dans le monumental recueil de deux cent vingt-trois eaux-fortes représentant, sous le titre Le antichita romane (Roma - Nella stamperia Salomoni alla piazza di San Ignazio), diverses vues d'édifices romains, plans et fragments de marbres, somme envisagée par Giovanni Battista dès 1750 et dont Francesco ne parachèvera l'édition posthume qu'en 1787, la dotant encore une fois de sa marque personnelle avec un portrait de son père gravé par lui d'après Joseph Cades, avec sa propre dédicace , enfin avec deux planches signées par lui. .

Agent artistique de la Suède, espion aussi vignette|gauche|Gustave III de Suède.|alt= Lors de sa visite à Rome en 1783, Gustave III de Suède, qui couronne ainsi toute une suite de missions diplomatiques ayant pour finalité le développement des relations artistiques et commerciales entre son royaume et les États pontificaux, se rapproche des artistes, en particulier de Francesco Piranesi et de Louis-Jean-Desprez, son collaborateur pour les rehauts à la peinture de ses eaux-fortes, qui acceptera le poste offert par le Roi d'architecte et de directeur scénographique de l'Opéra de StockholmGiuliano Briganti, Les peintres de Vedute, Éditions Electa France, 1971, page 303.. Francesco, pour sa part, sans attendre la venue à Rome du , a en fait entretenu une correspondance préalable avec le chef de la chancellerie suédoise, , y sollicitant dès 1783 la fonction d'agent spécial de Gustave III en Italie pour tout ce qui touche les beaux-artsRossana Caira Lumetti, La cultura dei lumi tra Italia e Sveza - Il ruolo de Francesco Piranesi, Bonacci Editore, 1990.. Confirmé dans ce rôle, la première mission de Francesco consiste en la recherche dans les archives du Vatican des documents relatifs à la reine Christine de Suède pour ensuite demeurer le permanent informateur et commissionnaire du Roi en acquisitions et expéditions de tout ce qui touche l'art et la culture à Rome, depuis les éditions de livres rares jusqu'aux découvertes archéologiques. Dans ce cadre, Francesco reçoit une pension royale pour l'envoi à Stockholm d'une part importante du fonds d'antiques de Giovanni Battista Piransesi. vignette|250x250px|Gustaf Mauritz Armfelt.|alt= Les fonds envoyés par la Cour de Suède, comme , permettent à Francesco d'honorer dans l'aisance le remboursement des sept mille écus empruntés, .

Lorsque Gustave III est assassiné en 1792 sur un fond de noblesse hostile, favorable à l'encontre au duc de Sudermanie (futur Charles XIII) qui devient régent, ce dernier éloigne de Stockholm le proche confident de Gustave III, Gustaf Mauritz Armfelt, en le nommant en 1793 ambassadeur de Suède à Naples, missionnant Francesco Piranesi d'y espionner ses agissements. Dans le même temps, en , notre artiste est chargé par le régent d'accueillir à Rome la princesse Sophie Albertine de Suède, sœur de feu Gustave III, et d'y organiser son séjour. Francesco Piranesi en publiera dans les semaines qui suivent un journal narratif, Ragguaglio ossi giornale della venuta e permanenza in Roma di Sofia Albertina Principessa di Sveza, s'y restituant dans son accompagnement des visites romaines de la princesse à Tivoli, Albano Laziale, Genzano, au Lac de Nemi et à Castel Gandolfo.

Si Armfelt est rapidement accusé de complot - ses confidences épistolaires à l'Impératrice Catherine II cautionnent son intention d'un coup d'état - les agents de Piranesi à Naples sont arrêtés et emprisonnés (l'un d'eux, Vincenzo Mori, se suicidera en prison) sous accusation de plan visant à assassiner l'ambassadeur suédois. Par un pamphlet clandestin édité le , Lettera di Francesco Piranesi al Signor general D. Giovanni Alcon, écrit en réalité par Vincenzo Monti, Francesco réfute cette accusation.

Arrivé à l'âge de régner en 1796, Gustave IV Adolphe, fils de Gustave III, irrité par le resserrement des liens qu'il perçoit entre Francesco Piranesi et la France jacobine honnie (notre artiste devient en 1797 l'ami du nouvel ambassadeur de la France à Rome, Joseph Bonaparte et tente sans succès de se faire intercesseur diplomatique entre la Suède et la France), révoque Francesco de toutes ses fonctions.

1798 : La république romaine En , Francesco Piranesi se rallie à la République romaine, cette République sœur de la France : il est successivement directeur de la police et commissaire à l'administration des finances.

Après , Francesco et Pietro, contraints à la fuite, débarquent à Marseille. constate en La Décade philosophique, tout en pressentant déjà que La Décade philosophique, littéraire et politique, , , ().. vignette|300x300px|François Piranèse, Préristyle de la maison de l'Impresario (Pompei), d'après Jean.-Baptiste Piranèse, Paris, an 13 de la République (1805)|alt=

Paris La Décade philosophique, dans son édition du , annonce l'arrivée des frères Piranesi à Paris, ajoutant . La même publication précise le 10 floréal suivant () que c'est le commissaire des guerres Walville qui a assuré le transport de Rome à Marseille de la chalcographie Piranesi en s'en déclarant acquéreur et propriétaire pour obtenir l'autorisation de son embarquement, relayé alors par Louis-Alexandre Berthier, ministre de la guerre pour l'acheminement de Marseille à Paris. Réactif au souhait que lui émet Talleyrand de voir Talleyrand à Lucien Bonaparte, ministre de l'Intérieur, lettre du 18 pluviôse An VIII (), Courrier des Directeurs, Paris, 1908, pages 252-253., Lucien Bonaparte, ministre de l'Intérieur, procure à Francesco et Pietro le (le dépôt des machines) de la rue de l'Université en y ajoutant La Décade philosophique, littéraire et politique, 10 floréal An VIII ().. augure Lucien Bonaparte avec l'acquiescement du Premier Consul, son frère Napoléon qui promet aux Piranesi Le Journal des Arts, 30 ventôse An VIII ()..