Robert le Fort, né entre 815 et 830 et tué le à la bataille de Brissarthe Généalogie de Robert le Fort sur le site Medieval Lands., est un membre important de l'aristocratie franque. Issu de la famille des Robertiens, ancêtre de la dynastie capétienne (arrière-grand-père d'Hugues Capet), il est probablement le fils de et de son épouse Waldrade d'Orléans.
Robert le Fort était comte d'Anjou, d'Auxerre et de Nevers. Le roi le nomma en 853 missus dominicus pour ces régions.
Ayant pris part en 858 à une révolte contre , il se soumit en 861 et reçut la marche de Neustrie — la région entre Seine et Loire..
Il s'illustra par la suite dans la lutte contre les Bretons et les Normands.
Origines familiales L'origine familiale de Robert le Fort est obscure et diverses conjectures ont été formulées. Selon certains, il serait d'origine neustrienne ; selon d'autres, d'origine saxonne. ou germanique... Au , les travaux de Karl GlöcknerKarl Glöckner, Lorsch und Lothringen. Robertiner und Capetinger - Zeitschrift für die Geschichte des Oberrheins, Karlsruhe, 1936, t. 50, p. 301-354. ou Karl Ferdinand WernerKarl Ferdinand Werner, « Les premiers Robertiens et les premiers Anjou () », Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest, 1997. confirmés par Christian SettipaniChristian Settipani, La préhistoire des Capétiens (481-987), éd. Patrick Van Kerrebrouck, 1993, p. 399. ont permis de dégager un certain nombre d'hypothèses et de quasi-certitudes sur l'histoire et la généalogie de Robert le Fort.
Lors d'un colloque scientifique tenu à Angers en 1987 à l'occasion du millénaire capétien, l'historien Karl Ferdinand Werner a confirmé l'origine rhénane de Robert le FortSociété de l'École des chartes, Bibliothèque de l'École des chartes, librairie Droz, 1999, .Voir les actes du colloque, publiés en 1997 sous la direction des historiens Olivier Guillot et Robert Favreau, par la Société des antiquaires de l'Ouest. en s'appuyant sur le témoignage de Réginon de PrümDans un but polémique, certains auteurs ont répandu la légende selon laquelle Hugues Capet ne serait pas le descendant de Robert le Fort mais d'un boucher comme Dante Alighieri dans la Divine Comédie (-52 : brocard repris mais non inventé par Dante — cf. Pézard). Cette idée a été reprise par exemple dans l'Histoire de France racontée à Juliette de Jean Duché mais cette fois appliquée à Robert le Fort lui-même. En réalité les Robertiens seraient issus d'une famille illustre dont certains membres sont devenus des serviteurs du royaume et de l'Église dès la fin de l'époque mérovingienne, comme Robert, chancelier de .. Selon ses hypothèses les ancêtres de Robert le Fort formeraient un groupe familial constitué de serviteurs des derniers MérovingiensHervé Pinoteau, La symbolique royale française, , P.S.R. éditions, 2004, 43. en Neustrie — comme Robert, référendaire de —, puis de proches des premiers Carolingiens en Austrasie, comme comte de Hesbaye et de Worms mort en 764.
Un Grand du royaume Soutien à et obtention des comtés de Tours et Angers vignette|gauche|redresse|Statue de Robert le Fort, église Notre-Dame de Brissarthe. Vue d'artiste de David d'Angers, . Robert le Fort est cité dès 836, année au cours de laquelle il quitta la région du Rhin moyenHartmut Atsma, Karl Ferdinand Werner, La Neustrie, 1989, 235., mais sans mention de titre.
En 852, le Chauve le fit abbé laïc de Marmoutier., puis l'année suivante missus dominicus de divers comtés de Neustrie, notamment dans les régions de Tours et d'Angers., avec le comte Osbert et l'évêque d'Angers Dodon....
Karl Ferdinand Werner explique la réussite de son implantation dans la région ligérienne par les attaches familiales qui l'auraient lié au clan animé par le sénéchal Adalard et à deux groupes de parenté de l'Ouest : les comtes Géroldiens (issus de ) installés à Blois, Châteaudun et Angers ; les Widonides basés dans la marche de Bretagne.
Révolte contre et obtention du marquisat de Neustrie En 856, installe son fils Louis à la tête d'un « duché du Mans », territoire qui correspond à la marche de Neustrie.. Robert n'est mentionné ni à cette occasion, ni à partir de et au cours de l'année 854 quand les Normands remontent la Loire pour piller Angers, Tours ou Blois : peut-être avait-il à cette époque perdu ses charges. Toujours est-il qu'on le retrouve en 858 aux côtés de Louis le Germanique, contre Charles et son fils. Il ne se soumet qu'en 861, en échange du marquisat de Neustrie.
Lutte contre les Normands alt=Statue de Robert le Fort sur la place du même nom à Châteauneuf sur Sarthe|vignette|343x343px|Statue de Robert le Fort sur la place du même nom à Châteauneuf-sur-Sarthe. En 862, 864 et 865, Robert s'illustra dans la lutte contre les offensives des Vikings qui ont établi des bases à l'embouchure de la Loire (853) et de la Seine (856) sous la direction de leur chef Hasting.
En 862, Robert prend douze vaisseaux aux Normands sur la Loire. En 864, il attaque et disperse deux corps de Normands et en 865, il tue cinq cents des Normands qui avaient brûlé PoitiersAbbon de Saint-Germain-des-Prés : Le siège de Paris par les Normands, en 885 et 886, p. 17..
Bernard Plantevelue, n'étant pas décidé à abandonner son héritage paternel, vint attaquer Robert le Fort qui dut abandonner Autun et pour se dédommager, prit possession de l'abbaye Saint-Martin de Tours et en chassa l'abbéAnnales de saint Bertin cité par Jacques-Gabriel Bulliot, Histoire de l'Abbaye de Saint-Martin d'Autun, Autun, 1849, 2 vol. in-8°, , p. 131-132/449..
En 866, Charles le Chauve lui octroya, outre à nouveau le marquisat de Neustrie, la collégiale de l'abbaye Saint-Martin de Tours, abbaye prestigieuse qui avait l'avantage de mettre à la disposition de Robert une mense abbatiale lui permettant de doter de nombreux vassaux.
Robert mourut la même année à la bataille de Brissarthe, l'opposant, avec d'autres comtes et hommes, à des Vikings qui descendaient la Sarthe après avoir pillé Le Mans.
Réginon de Prüm raconte que les Normands tuèrent Robert le Fort devant l'église de Brissarthe.
Mariage et enfants L'épouse de Robert le Fort n'est mentionnée dans aucune source contemporaine. Plusieurs hypothèses ont été mentionnées à cet égard.
La première hypothèse, la plus communément admise, est de considérer que Robert le Fort est le second mari d'Adélaïde d'Alsace.. Adélaïde d'Alsace, connue aussi sous le nom d'Adélaïde de Tours (v. 805–ap. 866), était la fille de Hugues d'Alsace. Elle s'est mariée vers 839 avec , .. Mais rien n'assure qu'Adélaïde se soit remariée après la mort de Conrad et cette hypothèse présente des faiblesses chronologiques. La seconde hypothèse propose que Robert le Fort se soit marié avec une fille d'Adélaïde d'Alsace et de . Cette hypothèse repose sur une interpolation de la chronique de saint Bénigne de Dijon, datant du .. La transmission du prénom Hugues chez les Robertiens et le fait qu'Hugues l'Abbé, fils d'Adélaïde et de Conrad, succède à Robert le Fort renforcent l'hypothèse que l'épouse de Robert le Fort soit une proche parente d'Adélaïde. La troisième proposition, avancée par l'historien allemand Karl Ferdinand Werner, fait de cette épouse une fille d'Eudes d'Orléans (vers 790–834). Mais s'il y a bien une parenté entre Eudes d'Orléans et Robert le Fort, c'est probablement par Waldrade, la mère de Robert le Fort, laquelle serait sœur d'Eudes d'Orléans.
Au , Albéric de Trois-Fontaines attribue à Robert une épouse nommée Régina, concubine de Charlemagne. Outre l'impossibilité chronologique de cette affirmation, il semble que celle-ci résulte d'une confusion entre Hugues l'Abbé (fils de Conrad) et beau-fils de Robert le Fort, et l'abbé Hugues, fils de Charlemagne et de Régina.
En tout état de cause, Robert le Fort fut le père de deux fils qui furent rois des Francs : EudesLe prénom Eudes était celui de l'oncle maternel de Robert le Fort, Eudes d'Orléans., né après 852, mort le , roi des Francs de 888 à 898 ; Robert, né vers 860, mort le , roi des Francs de 922 à 923. Il est le grand-père d'Hugues Capet et donc l'ancêtre de toute la lignée et dynastie capétienne.
Postérité Place Robert le Fort, à Brissarthe (Maine-et-Loire)
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
, . . . Christian Settipani, La Préhistoire des Capétiens (481-987). Première partie : Mérovingiens, Carolingiens et Robertiens, Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France, vol. 1, Patrick van Kerrebrouck (éd.), Villeneuve d'Ascq, 1993 . . . .
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