Jules Bastide de Malbos ou Jules de Malbosc, né le à Berrias en Ardèche et mort dans la même localité le , est un botaniste, géologue, préhistorien, poète et homme politique français.
Biographie Son nom de famille Bastide de Malboscgénéalogie en ligne sur Calaméo de la famille Bastide de Malbosc est indifféremment orthographié Bastide de Malbos ; il signait ses communications Jules de Malbos.
Son père est Joseph Louis Bastide de Malbos (1743-1791), premier maire de Berrias, organisateur des deux premiers Camps de Jalès ; il sera égorgé« (...) Malheureusement la trahison fit avorter ce plan ; la fédération fut disloquée avant d'avoir combattu ; Malbos fut lâchement étranglé dans sa prison et les jacobins triomphèrent. (...) » in « (...) M. de Malbos, père, fut président du comité qui provoqua le premier rassemblement contre-révolutionnaire de Jalès, (...). M. de Malbos, père, fut une des victimes des évènements de cette époque si tourmentée. Arrêté, conduit au Pont-Saint-Esprit, il fut, pendant la nuit, précipité dans le Rhône (...) » in dans la prison de Pont-Saint-Esprit sous la Terreur alors que Jules, âgé de 10 ans, se cachait dans le Bois de Païolive avec sa mère, Marguerite Aubert de La Mogère (1750-1815)Christian de Seauve, Caraman 1581-1858. Chronique d’une maison l’hôtel de Malbos, son environnement catholique et protestant. Les collectionneurs amateurs 31460 Caraman. 1998« (...) tandis que sa veuve après avoir vécu plusieurs semaines, cachée dans une grotte, était arrêtée, conduite à Paris sur une charrette et n'échappait à l'échafaud que grâce au 9 thermidor. (...) » in .
Il étudia au collège de Tournon : On l'envoya au collège de Tournon où il eut pour compagnons d'études Madier de Montjau, Champanhet, le capitaine Dubois, etc. Nos jeunes compatriotes avaient formé, au collège de Tournon, une petite académie dont Jules de Malbos fut un des membres les plus actifs ; il en devint le président ; le proviseur oratorien mit la bibliothèque à leur disposition. avant d'être admis comme aspirant de marine.
Il épouse en 1810 Anne Julie de Lahondès Lafigère, de religion protestante, en 1783. De leurs cinq enfants, seul Paulin aura une descendance ; Eugène de Malbos sera un peintre pyrénéiste de l'époque romantique ; leur fille Françoise-Eugénie de Malbosc, religieuse de l'Assomption, meurt en odeur de sainteté et le récit de sa vie sera écrit par le cardinal de Cabrières..
Il est membre de la Société géologique de France membre de la Société géologique de France et correspondant de l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse dans la classe des Sciences, section d'Histoire naturelle à compter de 1854M. Jules de Malbos, propriétaire au château de Saint-Victor (Gard), est nommé Associé correspondant de l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse dans la classe des Sciences, section d'Histoire naturelle in . Il vécut à Berrias, puis, à la fin de sa vie, au château de Saint-Victor-de-MalcapM. Jules de Malbos, propriétaire au château de Saint-Victor (Gard) in .
Dolmens et spéléologie vignette|Dolmen dans les bois près de St-AlbanCarte postale début . vignette|Un dolmen de Berrias en Ardèche. thumb|Grotte de la Cocalière, salle des reflets.
Il est un précurseur des recherches préhistoriques en FranceLa science des cavernes a été ensuite devinée en France par un observateur tout à la fois perspicace et téméraire, Jules de Malbos, qui fit paraitre en 1853 deux ouvrages sur les grottes du Vivarais in et, en Vivarais, dresse l'inventaire de 77 dolmens sur les 150 qu'il a visitéPlus de cent cinquante dolmens ont été encore observés dans le Bas-Vivarais, par M. de Malbos, qui n'y a rencontré le plus souvent que des débris humains, des dents et des ossements de sanglier, de cerf ou de chevreuil [...] : in . et les 800 que compte l'Ardèche, notamment sur les communes de Beaulieu (dolmen du Bois des Roches), Banne (dolmen de la Lauze), Saint-Alban (dolmen du Calvaire), Bourg-Saint-Andéol (dolmens des Joyandes) et Saint-Remèze (dolmens de la forêt de Malbosc).
Dans les montagnes du Vivarais, et plus particulièrement sur le plateau des Gras, les gorges de la Beaume, la basse-vallée du Chassezac ou le bois de Païolive, Jules de Malbos a : observé en 5 ans plus de 150 grottes, dont [il a] découvert le plus grand nombreMémoire sur les grottes du Vivarais, in . Par exemple : "J'ai descendu avec des échelles dans la goule où se précipitent toutes les eaux du bassin de Vagnas, et qui forment une belle fontaine que l'on voit sur la rive droite de l'Ardèche, à une lieue de distance, un peu en amont du pont d'Arc".. Ainsi à son palmarès : le trou de Saint Victor, les grottes de Bourbouillet, la grotte de Côtepatière et l'avent de Peyrejal à Saint-André-de-Cruzières, la caverne de Sauvas, le Tégoul, la grotte de la CocalièreLes premiers explorateurs la grotte de la Cocalière furent de Malbos, Gabriel Gaupillat (1862-1927), Robert de Joly in : ., le Ramejadou, Antegoul, le trou de la Goule, la goule de Foussoubie, les cavernes dans la coupe d'Ayrac, la grotte de Barres sur la rive gauche du Chassezac, les grottes des Fabres près de La Laure, les grottes de Coudon, les grottes de Monbrul, la grotte de Païolive, la grotte des Cayre (Chassezac), la grotte de Padelle, la grotte du Mont Bouquet et les grottes fortifiées de Paysac, des Protestants à Navès et de Tharaux.
En particulier, il est considéré comme l'inventeur de la grotte de la Cocalière car il en est le premier explorateur dont on possède les écritssite officiel de la Grotte de la Cocalière mentionnant Jules de Malbos.. Édouard-Alfred Martel, fondateur de la spéléologie moderne, lui rend un hommage en tout en corrigeant certaines de ses théories, excusées car Dans la première partie de ce siècle, un naturaliste distingué, habitant Berrias (entre Vallon et Alais), Jules de Malbos, a consacré quarante années de sa vie à des études de géologie, botanique, zoologie, et à la formation de collections minéralogiques qui constituèrent, après sa mort et grâce à sa générosité, le musée Malbos à Privas. Il s’est notamment occupé d’explorer environ cent cinquante cavernes de sa région (beaucoup il est vrai longues de quelques mètres seulement) : ne disposant pas du matériel perfectionné que l’on met aujourd’hui au service de ces sortes d’investigations, il n’a pu voir que les parties aisément accessibles des cavités souterraines; toutefois s’il n’a pas poussé jusqu’au bout ses découvertes, si ses descriptions manquent totale ment de précision et parfois d’exactitude, et si plusieurs de ses théories sont inadmissibles, il faut reconnaître néanmoins que ses deux mémoires sur les grottes du Vivarais renferment une foule d’indications précieuses, que nous sommes loin d’avoir utilisées complètement. Nous reproduirons les principales en résumant cette entreprise vieille d’un demi-siècle. [...] in . Il est qualifié de pionnier et spéléologue par la revue du Club Cévenol en 1966 pour son exploration, en 1815, de la grotte de Tharaux et quelques grottes du Mont Bouquetexploration de la grotte de Tharaux in ..
il est considéré comme le premier découvreur en France d'un insecte cavernicole qu'il décrit en 1854 dans son Mémoire sur les grottes du Vivarais : , probablement le Diaprysius mazauriciprésentation du Diaprysius mazaurici sur l'Inventaire national du patrimoine naturel redécouvert à Tharaux en 1902 par Félix Mazauric à qui l'espèce fut dédié.
Il découvre un fossile à Beaulieu qu'Alcide d'Orbigny nomma de son nom : Pentetogonaster Malbosii. D'autres fossiles portent son nom : un céphalopode Nautilus Malbosi (nommé par Camille Pictet), un brachiopode rhynchonella Malbosi (Pictet), un radiaire Collyrites Malbosi (nommé par Perceval de Loriol), 2 lamellibranche nommés par Pictet : le Mytilus Malbosi (trouvé à Berrias) et le Pholadomya Malbosi.
Musée Malbos Il offre son cabinet géologique et minéralogique, fruit de 40 ans de recherche principalement en Ardèche, au conseil général de l'Ardèche qui, dans une délibération du , décide d'un local pour l'accueillir, qui portera le nom de Musée Malbosdétail de la délibération du Conseil général de l'Ardèche du 23 août 1859 qui accepte la donation du cabinet géologique de Jules de Malbos et décide d'un local pour l'accueillir, qui portera le nom de Musée Malbos in , musée dont les collections auraient été dispersées.
Il a fait don également au Musée Malbos de sa collection de 900 cannesdescription de sa collection de cannes déposée au Musée Malbos et de quelques poésies les illustrant in faite de 300 espèces de bois présents dans le Vivarais et, pour 500 d'entre elles, gravées de vers consacrés au charme de la nature, aux fleurs et d'amusantes maximes« A l'âge de 75 ans le géologue et naturaliste, Jules de Malbos, entreprit une collection de bois de France dont il fit environ neuf cent cannes, les unes avec l'écorce, les autres sculptées, le plus grand nombre polies et vernies, sur lesquelles il écrivit de petits vers consacrés au charme de la nature, aux fleurs et d'amusantes maximes [...] » in car il était poète« Jules de Malbos a recours à la poésie pour immortaliser son bâton de naturaliste : Quand le cordon en cuir de ce poirier noueux / Quand ma main s'élançait, Oh ! Que j'étais heureux ! Du coiron du Mezenc, j'escladais les cimes / J'explorais le Tanargue et ses profonds abîmes. » in : soit un distique, soit un quatrain, un couplet ou même une chanson tout entière - « à l'âge de quatre-vingts ans, il s'en occupait encore. (...) un des derniers quatrains que M. de Malbos a composés pour un bâton de platane : Quatre-vingts ans, hélas ! brisent le vieux enfant, / Qui, pourtant, de la lutte est sorti triomphant. / En faisant ses bâtons, il pense, il imagine ; / Dans le travail des mains, c'est l'esprit qui domine »..
Auparavant, il avait donné quelques pièces au Musée Calvet d'Avignon, notamment haches celtiquesexemple de hache à douille circulaire et méplat en provenance du Dolmen de la Beaume, La Baume (Ardèche), «Donné par M. de Malbos en 1850» () ou 2 haches à ailerons trouvées à Casteljau () in , vases en terre, divers fossiles et roches de l'Ardèche ainsi qu'en 1844, d'un fragment de l'aérolithe de Juvinas.
Il a également participé à la constitution du cabinet minéralogique et géologique de la Faculté des sciences de ToulouseL’académie des sciences de Toulouse décida, le 9 mars 1854, qu’elle décernerait des encouragements spéciaux aux personnes qui lui signaleraient et lui adresseraient des roches, des minéraux, des fossiles, des végétaux, etc. [...] Le cabinet minéralogique et géologique de la Faculté des sciences de Toulouse, formé dans le principe par Picot Lapeyrouse, renferme aujourd’hui plus de 9,000 échantillons , grâce aux soins de MM. de Charpentier, Alexandre Brongniart, Clausade, Moquin-Tandon, , de Verneuil, François, Lartet, Dujardin, de Barrau, de Malbos, etc. : in . thumb|Liste des enfants dévorés par les bête du Vivarais, commune de Malbosc, de 1812 à 1815.
Distinctions et mandats politiques Anobli le par Maire de Berrias de 1825 à 1850. Il bénéficia de l'appui de son cousin Jean-François Bastide, sous-préfet de l'arrondissement de Largentière et ancien député de Assemblée nationale législative de 1791, qui veilla entre autres à ce que les directives données par les pouvoirs publics pour abattre le loup qui dévora de nombreux enfants en Basse-Ardèche, soient mises en applicationportrait de Jules Bastide de Malbosc sur medarus.org rédigé d'après l'article de Gaston Bonpascal dans Cévennes Magazine du 11 août 2012. en 1863, dans la même promotion que Frédéric Mistral. vignette|Exemple de Brachiopoda trouvé par Jules de Malboset publié dans le Quarterly journal de la Société géologique de Londres en 1869. thumb|Jules de Malbos, par Régis Tartary en 1904, d'après un tableau de Léon Alègre de 1860
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