Saales, également dénommée Saâles, est une commune française, située dans l'arrondissement de Molsheim dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la Collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace (malgré une appartenance historique à la Lorraine).

Ses habitants sont appelés les Saâlois. Géographie

Saâles est au centre d'un plateau de deux kilomètres de long à une altitude moyenne de , sur le ruisseau de Fraize. Le centre du village est situé à une altitude de , à la base du Sapinsus, encore orthographié en français Sapin-Dessus. Le modeste territoire communal de est en amont de la vallée de la Bruche, entre d'altitude. Le point haut est sur le Rocher des Enfants, à droite du Solamont et le point bas près de la voie du Hang au début de la vallée de la Bruche.

Situation

Lieux-dits Col de Saales, la Fraisegoutte, la Voistine.

Cours d'eau la Bruche la Fraisegoutte l'Herbagoutte la Moussière

Habitat L'habitat saâlois, affichant encore une densité supérieure à 86 habitants par kilomètre carré, est remarquablement regroupé à proximité de la bourgade autrefois marchande. L'installation humaine déterminée par les pentes vigoureuses et le plateau retenant autrefois les eaux reste néanmoins fort singulière pour une ancienne commune vosgienne, en tout cas connue pour être un des cœurs d'échanges vosgiens depuis des millénaires.

Sur le rebord des collines, Fraisegoutte et Frémont, Sainte-Barbe près de sa chapelle se distinguent assez peu du centre. Le Chêne s'étale isolé sur le plateau. L'écart de la Voistine, près de la voie ferrée en aval de Saâles, occupe un point bas du plateau à d'altitude, entre deux ruisseaux qui se rejoignent, l'Herbagoutte et le ruisseau aménagé de Fraise. Restent les constructions récentes près du centre médical, et surtout les vieilles fermes isolées, l'Horloge, et en haut le Creusny dans le même vallon sous le Solamont. À l'extrémité orientale du terroir, la ferme de l'Abatteux, au nord du mont Labatteux, fait déjà partie d'un autre monde mollement évasé et environné de forêts, la clairière du Hang ouverte vers le Climont.

Le ban communal de Saales apparaît tassé dans un coin sud-ouest du Bas-Rhin. S'il jouxte une seule commune alsacienne à l'est, Bourg-Bruche, il épouse une forme de bandeau, accolé au département des Vosges, en particulier du nord au sud par les communes de Saint-Stail, Grandrupt, La Grande-Fosse, Colroy-la-Grande et LubineOn peut discerner sur les cartes de limites communales aussi un croquis de bottine dont le talon et la semelle s'appuieraient sur le département des Vosges..

Haut plateau sur une voie de passage La trouée de Saâles qui ouvre le plateau est formée d'une échancrure au nord - nord-est, étroit couloir en aval de Bourg-Bruche emprunté par la Bruche pour couler vers Schirmeck et une ouverture au sud - sud-ouest vers le val de Fave et Saint-Dié. Elle n'a été mise en valeur par la route française de fond de vallée que fort tardivement à la fin du et surtout terminée bien après la Restauration. L'ancienne frontière franco-allemande était marquée au col de Saales.

Le paysage autrefois dégagé était remarquable. Au levant du plateau de Saâles, apparaît le Climont, butte témoin gréseuse en forme de tombeau qui culmine à plus de d'altitude. Au midi, le cône gréseux du Voyemont pointe à d'altitude sur la Roche des Fées, qui indique une vieille ligne de démarcation des eaux entre bassin de la Meurthe affluent de la Moselle et de la Bruche, affluent de l'Ill.

Une barrière de monts entrave l'observation de l'ouest au nord : d'abord, le Haran dévoile une forme granitique arrondie, masquée par les importantes coulées de roches volcaniques permiennes, autrefois concassée pour l'empierrement, à sa gauche. Ensuite, la Vigne-fière granitique, le Sapinsus qui apparaît comme une sorte d'éperon gréseux rejeté à l'est vers la Vigne Fière et au-delà la montagne de Lune granitique, le Hurin et le Solamont qui s'étalent leurs plans de grès vosgiens vers d'altitude au nord de village.

Il ne faut pas oublier que la montagne de Lune couverte de grands sapins et de hêtres depuis les années 1890 a été, depuis des temps immémoriaux, une vaste chaume. Le toponyme préservé de montagne est déjà un indice révélateurEncore faut-il vérifier qu'il le soit à bon escient.. Le vaste plateau herbeux commençait sur la chaume de Belfays se prolongeant vers Haran et s'alignait vers le nord, du col du Hang à la chaume de la Chatte Pendue et au-delà montant vers le Donon.

La majeure part de cette grande montagne appartenait au pays de Salm : bêtes à cornes et cochons passaient l'estive sur ces grandes chaumes qui se sont désagrégées sous le strict régime de propriété instauré à la fin de l'ancien régime et aux époques révolutionnaires. Sur ces chaumes, comme aujourd'hui du sommet de Lune, une vue magnifique s'offre à l'ouest sur la plaine lorraine sillonnée par la Meurthe de Baccarat et de Lunéville et à l'est vers la Forêt-Noire. Le Climont, sous forme de tombe rocheuse isolée, a toujours inspiré les derniers hardiers, forestiers et marcaires comme les premiers voyageurs antiques entre Belgica et Germania.

La ligne de partage des eaux entre Bruche et la Fave du val de Saint Dié part ainsi du Haran, au Voyemont pour gagner le Hang et le Climont, qui surplombe Lubine.

Géologie et relief Le plateau de Saâles est né avec la fosse d'effondrement homonyme au début du Tertiaire ou Cénozoïque, lorsque les plaques ont amorcé d'intenses dislocations. Le commencement du graben alsacien crée par contre-coup symétrique la remontée des couches sédimentaires qui constituent les premiers massifs des Vosges et de la Forêt-Noire. Soumises à érosion, ces dernières couches rocheuses disparaîtront en partie pour laisser apparaître les vieilles roches granitiques, métamorphiques ou volcaniques, dites hercyniennes, des anciennes montagnes du Carbonifère, pleinement arasées au Permien. Le plateau de Saâles livre en partie sur ces abords une coupe géologique arrêtée au Trias. Ainsi les buttes-témoins gréseuses du Climont et du Voyémont s'alignent jusqu'au Climont sur une surface qui représente l'ancienne pénéplaine permienne. Le Haran et la montagne de Lune dévoilent le socle granitique sous le nivellement sédimentaire permien.

Sur le terrain, les roches gréseuses apparaissent avec leurs particularités et leurs variétés, sources de richesses pas seulement par la contemplation ou l'étude géologique. Au sommet du Labateux, une variété de roche calcaire donnait une pierre à chaux excellente. Plus facile d'accès, mais peu rentable économiquement, une crête calcaro-sableuse à l'est des dernières maisons anciennes du village a fourni des pierres de second choix au chaufournier.

Les grès fortement micro-poreux du Voyemont ont permis la constitution de bonnes sources à son piémontLes grès du Climont formeraient une masse imperméable, plus compacte.. À cause du pendage des terrains permiens, les sources naissent au pied méridional du mont escarpé et libèrent leurs eaux limpides vers Colroy-la-Grande.

L'intense activité tectonique du graben alsacien a, en plus de son action disloquante par réactivation des failles anciennes et par génération d'un grand nombre de nouvelles failles entraînant la formation de fossés d'effondrement sur la longue durée, intensément fissuré les roches dures et compactes du socle ancien. Les granites et les roches volcaniques de la montagne de Lune n'échappent pas à la règle commune dans le massif vosgien. Une longue galerie sous la montagne de Lure permettait d'alimenter autrefois la moitié des fontaines du Saâles d'avant 1890.

Les modelés glaciaires et péri-glaciaires ont marqué sans qu'on s'en doute le relief. Les formations glaciaires couvrent - il y a plus de huit mille ans selon des modèles récents - l'ensemble des hauteurs au-dessus de d'altitude, ligne d'équilibre nivale où les neiges accumulées en hiver ne fondent quasiment plus en été. Les moraines du Haran, bloquant des menus débris des mêmes roches granitiques et de roches volcaniques, en particulier du trapp, se sont ainsi déposées sur le versant ouest de Saverny. Des carrières de terre glaise ont permis d'extraire les matériaux les plus meubles, composés d'argiles et de sables fins.

Au cours des phases de fonte, les zones basses ont été ennoyées et souvent déblayées lors des vidanges. L'observation des terrains sédimentaires récents et anciens a induit les anciens géologues des années 1870 à concevoir un immense lac remplissant le val de Saint-Dié pour expliquer les dépôts. Cette croyance en un plan d'eau stabilisé n'a pu être prouvée.

Après la fonte des glaces et l'instauration de climat frais et humide, l'expansion d'immenses tourbières a contribué à réguler l'écoulement de l'eau dans, les vallons et dans les fonds du plateau.

Richesses minières de la faille de Saâles Le fossé de Saales est une zone d’effondrement de 6,5 à de longueur non uniforme. Les terrains sédimentaires du Permien, puis du Trias qui remplissent ce fossé ont basculé, formant une pente de l’est approximativement à vers l’ouest à d’altitude. Les deux failles qui bordent la zone d'effondrement prennent une même direction proche du nord - nord-est / sud - sud-ouest. Ce sont au nord-ouest la faille de Saales-Champenay et au sud-est la faille du Climont. Ces deux failles bordières encadrent des failles secondaires, fortement torsadées, et apparaissent en conséquence sous forme de rejets verticaux de 200 à .

Le géologue A. Daubrée, professeur de minéralogie à Strasbourg, a étudié en 1850 la minéralisation en fer de la faille de Saâles-Champenay. Fracture majeure, elle sépare les grès triasiques du socle primaire. La faille de Saâles est minéralisée en limonite, un hydroxyde de fer, et selon la tradition minière montagnarde, en oxydes de fer du type hématite que de nombreuses exploitations ont épuisé au fil des époques. L’histoire minière a ses sources dans l'Antiquité au avec les vastes exploitations de Sapin Dessus (sillons de géants au lieu-dit « Champ de la Mine »), aux s (exploitations entreprises par le comte Georges-Jean de Veldenz), puis au - s. par les maîtres de forge de Rothau. Des documents datant de 1811, contemporains de la fermeture des mines de Saâles en 1809, emmêlent des informations sur les mines de Saâles et de Rothau. Ils ont contribué à la méconnaissance de l'histoire minière indissociable de l'histoire des transports. Les minerais et le charbon de bois alimentent d'après la tradition montagnarde les forges et fonderies de la petite agglomération sous le château Neuburg, sur la commune actuelle de Bourg-Bruche. Ces installations sont attestées bien avant 1250 et ont connu les mutations techniques des bas- fourneaux en hauts fourneaux du .

Deux galeries taillées dans les grès au pic, pointerolle et fleuret, se trouvent dans l’enceinte du centre médical de Saâles au lieu-dit Devant Lune. Elles se dirigent vers le nord - nord-ouest en travers-bancs, mais sont obstruées par le déversement de puits verticaux à et (captage d'eau) de l’entrée, les derniers importants éboulements datent de 1982. L'archéologie minière attribue les deux travers-bancs à la fin du ou au début du (abandon des travaux en 1811) au profit du gisement de Fraise-Goutte. Ce dernier site fait l'objet de travaux de 1812 à 1817 (deux haldes visibles).

Hydrographie La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Bruche, le ruisseau de Chalmeuche, le ruisseau la Moussiere et le ruisseau l'Herbagoutte..

La Bruche, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Urbeis et se jette dans l'Ill à Strasbourg, après avoir traversé .

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de SaalesLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat