Un accident vasculaire cérébral (AVC), anciennement accident cérébrovasculaire (ACV) et populairement appelé attaque cérébrale, infarctus cérébral ou congestion cérébrale (AVC et ACV étant tous deux des terminologies acceptées), est un déficit neurologique soudain d'origine vasculaire causé par un infarctus ou une hémorragie au niveau du cerveau.. Le terme souligne l'aspect soudain ou brutal des symptômes, mais dans la plupart des cas les causes de cette affection sont internes (liées à l'âge, l'alimentation ou l'hygiène de vie, notamment).

Les manifestations varient beaucoup d'un cas à l'autre selon la nature de l'AVC (ischémique ou hémorragique), l'endroit et la taille de la lésion cérébrale : aucun signe remarquable, perte de la motricité, perte de la sensibilité, de l'équilibre, trouble du langage, perte de la vue, perte de connaissance, décès.

Les symptômes sont brutaux : ils apparaissent en quelques secondes. Ils peuvent disparaître assez rapidement ; s'ils disparaissent dans l'heure et qu'aucune lésion n'est observable avec l'imagerie cérébrale, on parle d'AITL'AIT était autrefois défini par des symptômes totalement régressifs en moins de , une définition nouvelle proposée en 2004 se base sur un délai de moins de ; Source : Prise en charge diagnostique et traitement immédiat de l’accident ischémique transitoire de l’adulte ; Consensus ANAES | publié mai 2004, s'ils perdurent plus d'une heure et que la lésion est visible à l'imagerie (constituée), on parle d'AIC. En cas de survie, le processus de récupération (encore mal compris) passe par une phase de récupération spontanée durant de quelques semaines à quelques mois, suivie d'une période d'évolution plus lente, de plusieurs années.

Dans les pays occidentaux un individu sur 200 est atteint d'un accident vasculaire cérébral chaque année. En France en 2019, on dénombre chaque année plus de d’accidents vasculaires cérébraux, soit un toutes les quatre minutes selon l'INSERM.. de ces cas sont des ischémies et des hémorragies.

L'AVC est moins souvent mortel (passé de la deuxième à la troisième ou quatrième cause de décès dans la plupart des pays occidentaux). grâce aux progrès de la médecine, mais il y est devenu la première cause de handicap physique de l'adulte, en raison d'un taux de survie amélioré, mais d'une récupération difficile des fonctions cérébrales lésées..

Autres définitions Au Canada, il était appelé Accident cérébrovasculaire (ACV) mais le sigle AVC est actuellement employé.

L'apoplexie ou est un terme ancien et plus général, désignant en fait l'effet visible de l'accident vasculaire cérébral, incluant une perte de connaissance, avec arrêt partiel ou complet des fonctions cérébrales, ou une attaque provoquant la perte de conscience ou la mort soudaine du patient (apoplexie foudroyante). Dans certains ouvrages médicaux, l'appellation « ictus apoplectique » est utiliséeNeurologie : Manuel et atlas, G. David Perkin, 2002 ..

Classification L'accident vasculaire cérébral peut être classé selon sa durée : accident ischémique transitoire (AIT) avec retour en moins d'une heure à l'état normal, sans séquelles ni preuve d'infarctus à l'imagerie (Consensus ANAES, ) ; accident ischémique rapidement régressif : les AVC ischémiques dont les signes disparaissent en moins de cinq jours ; accident ischémique constitué (AIC), si les signes persistent au-delà de cinq jours.

Les AVC peuvent être classés selon leur cause. : l'infarctus ou ischémie cérébrale : résultant de l'obstruction d'un vaisseau sanguin ( de l'ensemble des AVC) ; l'hémorragie cérébrale : provoquant un saignement dans le cerveau (représentant des cas).

Ischémique Les accidents ischémiques sont dus à l'occlusion d'une artère cérébrale ou à destination cérébrale (carotides internes ou vertébrales). Le cerveau est donc partiellement privé d'oxygène et de glucose. Cette occlusion entraîne un infarctus cérébral (appelé également ramollissement cérébral). Le mécanisme de cette occlusion est le plus souvent soit un athérome obstructif, soit un caillot (de formation locale ou par embolie, dans ce cas, le plus souvent d'origine cardiaque). L'embolie cérébrale représente environ des cas.. Cependant d'autres causes peuvent exister : déchirure de la paroi de l'artère (dissection), compression par une tumeur. Le déficit concerne un territoire bien défini du cerveau : il est dit systématisé.

Le ramollissement cérébral d'origine ischémique peut se compliquer secondairement d'un saignement au niveau de la lésion : il est alors question de ramollissement hémorragique. La thrombose veineuse cérébrale est une occlusion d'une veine cérébrale (et non pas d'une artère). Elle est beaucoup plus rare. La lacune cérébrale est une complication de l'hypertension artérielle et se caractérise par de multiples petites zones concernées par un infarctus cérébral.

Hémorragique Les accidents hémorragiques sont causés par la rupture d'un vaisseau sanguin, souvent endommagé, ou en mauvais état à l'origine et soumis à une pression sanguine excessive. Ceci est particulièrement vrai lorsque l'hypertension artérielle est présente et en présence d'anomalie de la vascularisation du cerveau du type malformation artérioveineuse ou encore des anévrismes. Le tabagisme et l'alcoolisme sont des facteurs particulièrement fragilisants des vaisseaux sanguins.

Suivant la localisation du vaisseau, l'hémorragie peut être méningée par rupture d'un anévrisme artériel au sein des espaces sous-arachnoïdiens, intracérébral (dit aussi intraparenchymateux) et peut être associée à une inondation ventriculaire. L'hématome se forme rapidement, donnant des signes neurologiques focaux d'apparition brutale en rapport avec les structures détruites ou comprimées par la lésion. Par ailleurs il se constitue un œdème autour de l'hématome, qui aggrave la compression du cerveau dans la boîte crânienne, entraînant ou aggravant une hypertension intracrânienne (HTIC). L'hématome peut se rompre dans un ventricule cérébral.

Parfois lors d'accidents hémorragiques, il y a aussi une libération d'ions calcium qui induisent un vasospasme brutal à l'origine d'accidents ischémiques. L'hémorragie cérébrale représente environ des cas.

Physiopathologie L'accident vasculaire cérébral est causé par une diminution voire un arrêt brutal du débit sanguin dans les branches du réseau vasculaire en liaison avec le vaisseau (en général une artère) subissant une rupture de sa paroi (cas d'une hémorragie cérébrale) ou un blocage partiel ou total par un caillot (cas d'un infarctus cérébral). Ainsi, les cellules nerveuses alimentées par ces branches sont privées soudainement d'oxygène et de sucres, ce qui provoque en quelques minutes leur détérioration ou leur mort. Chaque minute qui passe voit la destruction de deux millions de neurones en moyenne.

Dans le cas hémorragique, la diminution est surtout due aussi à une compression des cellules nerveuses par l'hématome résultant du saignement. Les natures ischémique ou hémorragique étant différentes, il en découle que les causes sous-jacentes sont différentes ainsi que les traitements.

Pronostic L'accident vasculaire cérébral reste une maladie grave, aux conséquences toujours dramatiques avec un risque de décès de 20 à au premier mois et la nécessité de placement en institution en raison du handicap chez plus de des survivants. Le pronostic à moyen et à long terme dépend essentiellement du degré de l'atteinte. Le risque vital se prolonge bien au-delà de la période aiguë puisque la mortalité à un an atteint près de .

Épidémiologie Dans l'ensemble, ces statistiques sont valables pour les pays stables et développés. On recense parmi les personnes faisant un AVC, avec une origine ischémique et avec une origine hémorragique ( comme hématome intraparenchymateux, comme hémorragie méningée). L'accident vasculaire cérébral est la seconde cause de mortalité au niveau mondial (la première dans les pays en développement, la seconde dans les pays développés) et la sixième cause, en termes d'années de handicap. Dans le monde, de personnes étaient victimes d'un AVC en 1990 et en mourraient chaque année ; en 2010 les chiffres sont passés à de victimes et de morts ; les projections en 2030 donnent d'AVC, de morts et de personnes avec des séquelles. des victimes ont plus de et les hommes sont plus exposés que les femmes mais les AVC progressent chez les moins de en raison des modes de vie (sédentarité, malnutrition, le facteur du stress est également évoqué). L’incidence des AVC passerait de en 2005 à en 2030 ; augmentant la mortalité de durant la même période.

En France, les AVC sont la troisième cause de décès (après l'infarctus du myocarde et les cancers), responsables d'un décès par an pour . Chaque année, ils touchent , dont âgées de moins de et font environ ..

Selon une étude publiée en 2018, la France serait le pays connaissant la plus faible mortalité liée aux AVC en Europe, avec une moyenne de annuels pour ..

L'accident vasculaire cérébral est la première cause de handicap acquis et la seconde cause de démence.. des individus actifs frappés d'un AVC pourront un jour travailler à nouveau. L'âge moyen de survenue est de , mais un AVC peut se produire à tout âge et les jeunes sujets (moins de ) constituent des infarctus cérébraux (AVC ischémique seulement). Ils représentent la majorité des causes d'hémiplégie (paralysie d'un côté) récente. des victimes d'AVC ont moins de ; et après , le taux d'incidence est multiplié par deux tous les dix ans..

Le coût correspond à plus de des dépenses de santé dans les pays développés Donnan GA, Fisher M, Macleod M, Davis SM, .

Le taux de létalité (pourcentage de personnes atteintes d'un AVC qui décèdent quelque temps après) est évalué à : Intervalle de temps depuis l'AVC Taux de létalité 1 mois 1 an 5 ans

Ces données ont été actualisées (Luego Fernandez R et al., 2013 ; Stroke).

Facteurs de risque thumb|Scanner cérébral montrant une hémorragie intracérébrale profonde due à un saignement dans le cervelet, chez un homme de .

Les facteurs de risque sont classés en trois catégoriesA. Bertrand, S Epelbaum, Neurologie, éditions Masson, , 2009. : majeurs, moyens et faibles ou discutés, en fonction de leur risque relatif (risque de faire un AVC si l'on possède le facteur de risque par rapport au risque en l'absence du facteur de risque) : Risques majeurs : niveau de pression artérielle (notamment l'hypertension artérielle)Chaque fois que la pression artérielle systolique augmente de , on double le risque d'AVC. ; fibrillation auriculaireCette maladie touche des patients à partir de . ; arythmie cardiaque ; alcoolisme chronique sévère (la prise modérée d'alcool pourrait être au contraire protectrice) Zhang C, Qin YY, Chen Q et al. Alcohol intake and risk of stroke: a dose response meta-analysis of prospective studies, Int J Cardiol, 2014;174:669–677 ; âge (augmentation de la rigidité vasculaire). Risques moyens : diabète ; sels hyperhomocystéinémie ; tabagisme ; œstroprogestatifs ; infections ; antécédents familiaux ; Anévrisme du septum interatrial Autres risques : hypercholestérolémie (et une nourriture malsaine avec des graisses nocives) ; obésité ; une tumeur au cerveau ; migraine avec aura ; traumatisme crânien ; foramen ovale perméable.

Un état dépressif semble être corrélé avec un risque plus important de survenue d'un accident vasculaire cérébral Pan A, Sun Q, Okereke OI Depression and risk of stroke morbidity and mortality, a meta-analysis and systematic review, JAMA, 2011;306:1241-9..

Une augmentation transitoire des niveaux de pollution de l'air (PM2.5, SO2, NO2, et CO) augmente le risque d'AVC ischémique, surtout chez les personnes âgées Tian, Y., Liu, H., Zhao, Z., Xiang, X., Li, M., Juan, J., ... & Wei, C. (2018). Association between ambient air pollution and daily hospital admissions for ischemic stroke: A nationwide time-series analysis. PLoS medicine, 15(10), e1002668..