La (en occitan : carrièra del Coronèl Pèire-Maria Espinasse) est une voie de Toulouse, chef-lieu de la région Occitanie, dans le Midi de la France.

Situation et accès Description La rue Espinasse est une voie publique. Elle se trouve dans le quartier Saint-Étienne.

Elle naît perpendiculairement à la grande-rue Nazareth, à l'extrémité sud-ouest du carrefour que ces deux rues forment avec la rue de la Pleau, la rue Mage et la rue Perchepinte, qui porta autrefois le nom de place Perchepinte. Longue de , elle reste relativement étroite, sa largeur ne dépasse pas . Elle s'oriente vers le sud-est, donne naissance à la rue Caminade, puis reçoit la rue de la Trilhe, avant de se terminer au croisement de la rue Escoussières-Montgaillard.

La chaussée compte une seule voie de circulation automobile à sens unique, de la grande-rue Nazareth vers la rue Escoussières-Montgaillard. Elle appartient à une zone de rencontre et la vitesse y est limitée à 20 km/h. Il n'existe pas de bande, ni de piste cyclable, quoiqu'elle soit à double-sens cyclable.

Voies rencontrées La rue Espinasse rencontre les voies suivantes, dans l'ordre des numéros croissants (« g » indique que la rue se situe à gauche, « d » à droite) :

Grande-rue Nazareth Rue Caminade (d) Rue de la Trilhe (g) Rue Escoussières-Montgaillard

Transports La rue Espinasse n'est pas directement desservie par les transports en commun Tisséo. Elle se trouve en revanche à proximité immédiate de la grande-rue Nazareth et de la rue Théodore-Ozenne, parcourues par la navette . Au sud, sur les allées Jules-Guesde, se trouvent les arrêts de la ligne de bus . Au nord, sur la place des Carmes, se trouve la station Carmes, sur la ligne , ainsi que les arrêts de la ligne de bus .

Les stations de vélos en libre-service VélôToulouse les plus proches sont les stations (10 rue Théodore-Ozenne) et (35 allées Jules-Guesde).

Odonymie Par décision du conseil municipal du , le nom de cette rue rend hommage à Jean-Pierre Marie de L'Espinasse (1784-1868)Chalande 1918, .. Fils d'un avocat au parlement, Mathieu Espinasse, il mena une carrière militaire comme officier sous le Premier Empire, puis sous la Restauration, et reçut le grade de colonel en 1822. En 1837, il commença une carrière politique et il fut député de la Haute-Garonne de 1837 à 1846, puis de 1848 à 1851« Jean-Pierre, Marie Espinasse », base de données des députés français depuis 1789, sur le site de l'Assemblée nationale, mis à jour en novembre 2019.. Il avait légué en 1868 francs à la ville pour l'entretien des écoles d'enseignement mutuel et l'achèvement de l'église Saint-Aubin, à la condition que la rue dans laquelle son père possédait une maison (actuel ) porterait son nomSalies 1989, vol. 1, .

Au Moyen Âge, au déjà, la rue portait le nom d'une dame noble qui y possédait plusieurs immeubles, Donne Coraille (orthographié Couraille, Corailhe ou encore Coralha). Cette famille de Corail était encore connue à Toulouse au milieu du . Au , elle prit aussi le nom de rue Caminade, car le président du parlement Philippe de Caminade y possédait l'hôtel de Mansencal (actuel ), mais ce fut finalement une rue voisine qui prit ce nom. En 1794, pendant la Révolution française, la rue fut quelque temps désignée comme rue l'Émulation, avant de reprendre celui de Donne-CorailleChalande 1918, ..

Histoire Moyen Âge et période moderne Au Moyen Âge, la rue de Donne-Coraille appartient, du côté ouest, au capitoulat de Saint-Barthélémy et, du côté est, au capitoulat de la Pierre. Elle porte déjà ce nom dans le dernier quart du , sans doute à cause d'une dame de la noblesse toulousaine appartenant à la famille de Coraille ou de Corail. Sa population est alors assez mélangée et la plupart des maisons ne sont d'ailleurs que des dépendances des maisons des rues voisines.

Le , un incendie se déclare dans une boulangerie, à l'angle des rues des Chapeliers (actuelle rue du Languedoc) et Maletache. Il provoque des destructions extrêmement importantes dans toute la ville, et particulièrement dans le quartier de Saint-BarthélémyBastide 1968, .. L'ampleur des destructions permet cependant aux élites locales de réunir de vastes emprises foncières pour faire bâtir leurs hôtels particuliers, les parlementaires, avocats et hommes de loi se faisant plus nombreuxBastide 1968, .. L'hôtel de Mansencal est un exemple de concentration foncière entre les mains de l'aristocratie toulousaine : entre 1527 et 1547, le premier président du parlement Jean de Mansencal fait construire un bel hôtel particulier (actuel ). Peu après 1550, il rachète un premier immeuble voisin (partie de l'actuel ) à Pierre de la Chapelle, clerc d'un conseiller au parlement, pour y aménager les communs, puis la maison du dizenier Arnaud Marinhal (actuel rue Perchepinte)Chalande 1918, .. Il a pour voisin (emplacement de l'actuel ) l'avocat Étienne Tournier, capitoul en 1586, proche du parti des Guise et ami d'Urbain de Saint-Gelais, député aux États généraux de Blois en 1588, fougueux ligueur et conspirateur, finalement banni définitivement en 1590Salies 1989, vol. 2, .Carole Delprat, « Les magistrats du parlement de Toulouse durant la Ligue », Annales du Midi, tome 108, , 1996, .. À la fin du , l'hôtel de Mansencal avec ses dépendances est passé à la famille Caminade et Philippe de Caminade, conseiller aux requêtes, puis président au parlement, poursuit la politique d'agrandissement de l'hôtel en rachetant un immeuble voisin (partie de l'actuel ) à l'avocat Vital Dutil en 1648Chalande 1918, ..

Époque contemporaine En 1844, le vieil hôtel de Mansencal est passé entre les mains du marquis de Tauriac. C'est dans les dépendances de l'hôtel, qu'il loue aux dames Berryer, qu'est ouverte une pension pour jeunes filles de la noblesse. Selon Jules Chalande, la jeune Eugénie de Montijo et sa sœur, dont la mère a fui les guerres carlistes qui touchent alors l'Espagne, l'aurait fréquentée en 1835Chalande 1918, .Salies 1989, vol. 1, .

Patrimoine et lieux d'intérêt Hôtels particuliers 1 : hôtel Mansencal. .. L'hôtel est construit entre 1527 et 1547 pour un important parlementaire toulousain, Jean de Mansencal. Il est profondément remanié et altéré aux siècles suivants. Après avoir été intégré au couvent des Dominicains de Toulouse dans le dernier quart du , il fait aujourd'hui partie du collège privé Saint-Thomas-d'Aquin. L'hôtel conserve des éléments représentatifs d'un style Renaissance très pur et se distingue par sa tour élevée et le décor sculpté de sa façade du côté jardin.

5 : hôtel Gach. L'hôtel est construit en 1680 à l'emplacement de plusieurs maisons réunies par Jean de Gach, seigneur de Villegly et président aux enquêtes du parlement. La partie nord de l'hôtel date de cette période, comme en témoignent les fenêtres à meneau. En 1784, Hélène de Mazade-PercinCatherine Hélène de Mazade-Percin (1713-1799), fille aînée de Jean de Mazade, seigneur de Percin et avocat au parlement, tante de Julien de Mazade-Percin. acquiert l'hôtel, lui réunit deux maisons au sud et le fait remanier. L'hôtel, entre cour et jardin, se compose de plusieurs corps de bâtiment disposés en U autour de la cour. Ils sont séparés de la rue par un mur de clôture et un portail en plein cintre, surmonté d'une corniche. L'élévation du corps de bâtiment nord, au , porte la trace d'une fenêtre à meneau. Les élévations sont surmontées d'une corniche moulurée et d'un avant-toit. Les fenêtres des parties les plus tardives ont gardé leur garde-corps en fer forgé du . Le jardin, à l'arrière, a subsisté..

Immeubles 3 : résidence « Hôtel de Mansencal ». La résidence est construite entre 1968 et 1972 sur une partie des anciens jardins de l'hôtel Mansencal pour le compte de la Financière immobilière française (FIF)Salies 1989, vol. 1, et vol. 2, ...

7 : immeuble. L'immeuble, construit dans la deuxième moitié du , a gardé son élévation originale, où les étages, de hauteur décroissante, sont séparés par des cordons. Les garde-corps des fenêtres du ont des ferronneries avec le monogramme JB..

10 : immeuble. L'immeuble, construit au , est situé à l'angle de la rue Caminade. À l'angle de la rue se voit encore l'inscription en pierre de l'ancien nom de la rue. Son élévation de la rue Espinasse, sur trois étages et comble à surcroît est symétrique. Les niveaux, séparés par un cordon de brique, sont de dimensions décroissantes. La façade se termine par le comble à surcroît ouvert par des oculi et surmonté d'une large corniche moulurée. La travée centrale, au-dessus de la porte, qui conserve une imposte de fer forgé, semble plus tardive..

24 : immeuble. Ce vaste immeuble, construit dans le deuxième quart du , à l'angle de la rue Escoussières-Montgaillard, a sa façade principale dans la rue Théodore-Ozenne (actuel ). Sur l'élévation postérieure de la rue Espinasse se remarque la vaste fenêtre avec vitrail qui surmonte la porte..

Personnalité Jean de Mansencal (fin du -1562) : né à Bazas, il devient conseiller au parlement de Toulouse en 1521, puis est nommé président en 1537 et premier président en 1539. Il habitait l'hôtel qui porte son nom (actuel ).

Notes et références Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie Jules Chalande, « Histoire des rues de Toulouse », Mémoires de l'Académie des Sciences et Belles-Lettres de Toulouse, , tome VI, Toulouse, 1918, . Pierre Salies, Dictionnaire des rues de Toulouse, 2 vol., éd. Milan, Toulouse, 1989 . Maurice Bastide, « Un exemple de reconstruction urbaine : Toulouse après l'incendie de 1463 », Annales du Midi, t. 80, , 1968, .

Articles connexes Liste des voies de Toulouse Liste des monuments historiques de Toulouse Liste des hôtels particuliers de Toulouse Architecture Renaissance de Toulouse

Liens externes « Notice », Au nom de la voie, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse, (consulté le ). Inventaire préliminaire de la ville de Toulouse, sur le site Urban-Hist, Archives municipales de Toulouse (consulté le ). Inventaire général du patrimoine culturel d'Occitanie, sur le site Ressources patrimoines - La médiathèque culturelle de la région Occitanie (consulté le ).

Espinasse Espinasse Catégorie:Quartier Saint-Étienne