L'histoire du New Hampshire se confond tout d'abord avec celle de la colonie de la baie du Massachusetts, basée à Boston, avant qu'une province du New Hampshire spécifique ne soit fondée en 1660. Elle participe au cours du siècle suivant à l'histoire du Vermont, en distribuant des terres aux colons dans l'arrière-pays.

La période amérindienne À l’époque précolombienne, le New Hampshire était occupé par les amérindiens Abénaquis, qui vivaient dans des villages, parfois importantsNative Americans in Vermont: the Abenaki, from flowofhistory.org, a website funded by educational grants. Selon la saison, soit ceux-ci restaient près de leurs villages pour pêcher, cueillir des plantes, faire du sucre, et commercer ou se battre, soit ils se rendaient sur les lieux de chasses. Plus tard, ils ont aussi fait pousser du tabac d'élevage et les « trois sœurs » : le maïs, les haricots et les courges.

Les premiers établissements anglais et la scission de 1629

L’anglais Martin Pring fut le premier Européen à explorer et décrire la région en 1603. Les Anglais arrivent plus massivement sur la côte nord des futurs États-Unis vers 1622, lorsque la colonie de Plymouth créa des comptoirs le long du littoral. La « colonie du New Hampshire » sera le produit de plusieurs concessions de terre datant de 1623 et des années suivantes. Sir Ferdinando Gorges et John Mason scindent le territoire le long de la Piscataqua (rivière) en 1629, via un pacte qui crée la province du New Hampshire, formée par Mason au sud, et le New Somersetshire, créé au nord par Gorges, dans ce qui est aujourd'hui le comté de Somerset dans le sud du Maine.

Les premiers immigrants britanniques créent aussi en 1630 un village baptisé « Piscataqua » , la future Portsmouth (New Hampshire), renommée « Strawbery Banke » à cause des fraises sauvages qui poussaient le long des berges de la Piscataqua (rivière). Protégé par le fort William and Mary en 1632, ce port occupait une situation favorable au commerce avec les industries situées en amont, la pêche, la construction navale et le transport du bois .

En 1631, le capitaine Thomas Wiggin devint le premier gouverneur de la province du New Hampshire, comprenant les villes actuelles de Dover, Durham et Stratham. D'autres colonies anglaises suivirent : Little Harbor, Dover, Portsmouth et Exeter. David Thomson, Edward Hilton, et Thomas Hilton ont été envoyés par John Mason, qui souhaitait envoyer des colons pour qu'ils créent une colonie de pêche. Ils établirent les villes de Dover et de Little Harbor. L'établissement d'Exeter fut fondé en 1638 par John Wheelwright, après qu'il eut été banni du Massachusetts pour avoir défendu les enseignements d'Anne Hutchinson. Ces villes se sont accordées pour s'unir en 1639 et en 1641 rejoignirent la colonie du Massachusetts.

Le , le New Hampshire fut séparé de la colonie du Massachusetts, devenant une colonie avec son propre gouvernement. Le roi d'Angleterre Charles II, le détacha en 1679 mais il fut ensuite à nouveau uni au Massachusetts lors de la Glorieuse Révolution de 1688, et séparé une dernière fois en 1691 pour devenir la province du New Hampshire, qui n'obtiendra son autonomie définitive qu'en 1741.

La rivalité avec New York pour les terres de l'arrière-pays

Au , une concurrence émerge entre les colonies de New York et du New Hampshire pour s'attribuer des terres dans l'arrière-pays, vers la frontière avec la Nouvelle-France. Benning Wentworth succède à son père comme lieutenant gouverneur de la province du New Hampshire en 1741 et décide en 1749The American Cyclopædia (1879)/Wentworth, William, une politique d'annexion des territoires situés au nord, dans le futur État du Vermont. Il est accusé d'en faire bénéficier ses proches et lui-même. Afin d'éviter d'être également accusé de favoriser la spéculation, il exige des preuves que les bénéficiaires sont des cultivateurs, sous la forme de versements en Indian Corn à Noël de chaque année, à hauteur de un shilling pour 100 acres. Pour appuyer cette politique et attirer des colons, il fait cadastrer le territoire allant jusqu'à la rive ouest du lac Champlain, sur les terres du futur État du Vermont.

Pendant la guerre de Sept Ans, il s'attire les protestations du gouverneur de New York Georges Clinton en décidant de bâtir le Fort Wentworth, à la jonction de la rivière Ammonoosuc supérieure et du fleuve Connecticut, près de l'actuelle Northumberland, New Hampshire. Leur rivalité s’intensifie après l’éviction des Français de la région, au terme du traité de Paris de 1763. En 1765, les arpenteurs new-yorkais envahissent la région et dressent un nouveau cadastre, exigeant que les colons venus du New Hampshire paient des droits pour légaliser leurs propriétés. La province de New York lance même des procédures d’expulsion en 1770 à l’encontre des concessions accordées par la province du New Hampshire.

L'intégration aux États-Unis en 1788

Le territoire est le premier, après celui du Rhode Island, à se révolter ouvertement contre la Couronne britannique, après le départ abrupt et soudain du gouverneur colonial John Wentworth, en , en se dotant de son propre gouvernement. Après avoir proclamé son indépendance envers la Couronne britannique, le New Hampshire est aussi le premier à se doter d'une constitution. La prise du fort William and Mary par les insurgés leur permet de fournir en canons et munitions l'armée continentale de George Washington, avant la bataille de Bunker Hill du . Après la guerre d'indépendance, qui voit le New Hampshire offrir trois bataillons aux troupes américaines, c'est le neuvième des treize États fondateurs à intégrer l’Union, le , en ratifiant la constitution des nouveaux États-Unis, et en choisissant sa devise « Vivre libre ou mourir », inspirée par les révolutionnaires français de 1789.

La croissance de la population après 1750 Lors des décennies précédant la guerre d'indépendance des États-Unis, la population augmente rapidement, faisant plus que doubler. Mais entre 1750 et 1780, période d'expansion démographique générale, le New Hampshire, comme d'autres colonies de la Nouvelle-Angleterre, par exemple le Massachusetts et le Connecticut, a vécu une croissance plus lente que celles des colonies du sud et du centre"Les Américains", par André Kaspi. En 1790, l'Amérique blanche est encore très rurale, car les cinq premières agglomérations ne représentent que habitants, soit seulement 5,5 % de la population. À partir de 1790 ont lieu les premiers recensements par ville et par états, au moment d'une polémique nationale sur l'opportunité d'étendre la colonisation à l'ouest. Il est alors décidé que le seuil de habitants doit être atteint avant de créer un nouvel État. Année Population en 1750source "Historical statistics of the United states", page 1168Population en 1780Position en 1780Virginie en 1780Pennsylvanie en 1780Caroline du Nord en 1780Massachusetts en 1780Maryland en 1780 Connecticut en 1780New York en 1780Caroline du Sud en 1780New Jersey en 1780Rhode Island en 1780 New Hampshire en 1780Géorgie en 1780 Maine 0 habitant en 1780 Vermont0 habitant en 1780Delaware en 1780Kentucky0 habitant en 1780Tennessee0 habitant en 1780

En 1832, l'illégale République d'Indian Stream Le , une poignée de fermiers se déclarent fatigués des disputes constitutionnelles entre la Grande-Bretagne, propriétaire du Canada, et les États-Unis. Ils créent à la frontière, à l'extrême nord du New Hampshire, entre le torrent Halls au nord-ouest (la frontière selon les Américains) et la rivière Connecticut au sud-est (la frontière selon les Britanniques), un minuscule État indépendant: la République de l'Indian Stream"La république de l'Indian Stream", par ISABELLE HACHEY, Société d'histoire de Coatikook, 2007 ., dotée d'une constitution en 13 articles.

L'affaire vient d'une simple erreur de cartographie, commise en 1775, alors que la région était vierge et mal connue"La république de l'Indian Stream", par ISABELLE HACHEY, Société d'histoire de Coaticook, 2007 ..

Lors de la signature du traité de Versailles en 1783, qui donne naissance aux États-Unis, la carte erronée de 1775 est utilisée. En 1796, des ressortissants du New Hampshire « achètent » le territoire au vieux chef algonquin surnommé King Phillip, puis le revendent aux spéculateurs de l'Eastman company. Peu à peu, l'Indian Stream se peuple de colons venus tant du nord que du sud afin de profiter de ses terres libres et fertiles. Peu à peu, les politiciens des deux pays en font un motif de querelle et revendiquent le territoire. Ils finissent par demander au roi des Pays-Bas d'arbitrer. En , il accorde le territoire au Canada. Mais le Congrès américain rejette la décision l'année suivante. Une période tumultueuse au cours de laquelle les séances d’arpentage se succèdent, les milices exercent des pressions et les contrebandiers s’en donnent à cœur joie"La République de l'Indian Stream, ça vous dit quelque chose?", par Christian Caron, dans Le Progrès de Coaticook du 10 juillet 2009 .. Pendant ce temps, la République d'Indian Stream se dote d'une milice, de systèmes de justice et de perception de taxes, et garantit aux familles des biens de première nécessité, dont une vache, sept moutons, trois tonnes de foin, du grain, des outils, un fusil, des patates et du sel. La dispute prend fin le , avec la signature du Traité Webster-Ashburton. Le territoire, annexé en 1840 à la ville de Pittsburg, dans l'État du New Hampshire, le restera.

Textile, industrie de la chaussure et immigration franco-canadienne

Le secteur industriel, notamment les activités textiles, et les transports, ont par la suite bénéficié d’une rapide expansion. Ces succès industriels, dans plusieurs vallées du nouvel État, ont généré une importante vague d’immigration franco-canadienne, en particulier féminine. Les plus fortes concentrations d'usines de chaussures se trouvent dans les vallées de la Blackstone et de la Pawtuxet"Population et territoire", par Serge Courville, page 122. Un des plus célèbres "petit-Canadas" fut la zone ouest de Manchester (New Hampshire), qui se dote des usines les plus importantes, comme l'Amoskeag Manufacturing Company, le plus grand centre de production de toiles en coton et de denim du continent américain, avec une immense manufacture textile près des chutes d'eau du Merrimack, cours d'eau traversant la ville. Le premier mariage entre Franco-canadiens et Américains, celui de Louis Marchand et Sarah Robert, apparaît le dans les registres municipaux. L'Amoskeag Manufacturing Company détiendra jusqu'à une trentaine de filatures, pour un effectif atteignant après la Première Guerre mondiale, jusqu’à ouvriers, dont environ 40 % sont franco-américains"Les Franco-Américains de Manchester, New Hampshire : réalités en 2011", par Robert B. Perreault .

L'essor culturel à partir des années 1870

Après la guerre de Sécession, plusieurs institutions vouées à permettre aux émigrés québécois de conserver leur foi catholique, leur langue française et leur héritage québécois virent le jour à Manchester (New Hampshire). En 1869, Ferdinand Gagnon, y fonde La Voix du Peuple, premier journal de langue française de la ville, qui va inspirer la fondation d’environ 350 journaux en Nouvelle-Angleterre au cours des , dont une vingtaine à Manchester (New Hampshire). Le plus important sera le quotidien, L’Avenir National de 1894 à 1949. Un quartier appelé Notre-Dame s'étend sur la rive ouest de Manchester (New Hampshire) et deviendra le "Petit Canada", avec ses propres épiceries, boutiques, bureaux, restaurants, tavernes où l'on parle français.

La diversification industrielle au