La Seine-et-Marne (Prononciation en français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.) est un département français de la région Île-de-France. Il tire son nom du fleuve Seine et de la rivière Marne. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et La Poste lui attribuent le code 77. Le département comptait selon le dernier recensement de 2023. Sa préfecture est située à Melun.

Ses habitants sont les Seine-et-Marnais.

Histoire

vignette|gauche|Carte du département de la Seine-et-Marne en 1790.

Le département a été créé à la Révolution française, le en application de la loi du , à partir d'une partie des provinces d'Île-de-France et de Champagne et d'une micro-partie de l'Orléanais.

vignette|centre|La Seine-et-Marne et les provinces qui occupaient son territoire avant 1790 : la Champagne, l'Île-de-France et l'Orléanais.

Géographie

vignette|redresse|Forêt de Fontainebleau.

Le département de Seine-et-Marne fait partie de la région Île-de-France, dont il constitue la moitié orientale. Sa superficie représente à elle seule 50 % de celle de la région.

Il s'agit du département français comptant le plus de départements limitrophes, depuis la partition de la Seine-et-Oise : 10 (devant le Maine-et-Loire qui en compte 8). Les dix départements ayant des limites communes avec la Seine-et-Marne sont : le Val-d'Oise, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne et l'Essonne à l'ouest, le Loiret et l'Yonne au sud, l'Aube et la Marne à l'est, l'Aisne et l'Oise au nord.

Le département s'étend sur plusieurs régions naturelles, notamment la Brie et le Gâtinais. Le point culminant du département est la butte Saint-Georges à d'altitude. Le point le plus bas du département est à Seine-Port à d'altitude.

Départements limitrophes

Transports

Desserte ferroviaire Lignes de RER desservant le département : (7 gares) : Communes de « Champs-sur-Marne, Noisiel, Lognes, Torcy, Bussy-Saint-Georges, Serris, Montévrain et Chessy » ; (3 gares) : Communes de « Le Mesnil-Amelot, Mitry-Mory, Claye-Souilly et Villeparisis » ; (10 gares) : Communes de « Melun, Dammarie-les-Lys, Boissise-le-Roi, Saint-Fargeau-Ponthierry, Le Mée-sur-Seine, Cesson, Savigny-le-Temple, Nandy, Lieusaint, Moissy-Cramayel et Combs-la-Ville » ; (6 gares) : Communes de « Chelles, Émerainville, Pontault-Combault, Roissy-en-Brie, Ozoir-la-Ferrière, Gretz-Armainvilliers et Tournan-en-Brie ».

Lignes de Transilien desservant le département : (4 gares) : Communes de « Mitry-Mory, Claye-Souilly, Compans, Thieux, Nantouillet, Dammartin-en-Goële, Juilly et Saint-Mard » ; (26 gares) : Communes de « Chelles, Vaires-sur-Marne, Thorigny-sur-Marne, Pomponne, Lagny-sur-Marne, Esbly, Meaux, Trilport, Changis-sur-Marne, Saint-Jean-les-Deux-Jumeaux, La Ferté-sous-Jouarre, Saâcy-sur-Marne, Nanteuil-sur-Marne, Isles-les-Meldeuses, Armentières-en-Brie, Congis-sur-Thérouanne, Lizy-sur-Ourcq, Crouy-sur-Ourcq, Tournan-en-Brie, La Houssaye-en-Brie, Marles-en-Brie, Mortcerf, Guérard, La Celle-sur-Morin, Faremoutiers, Pommeuse, Mouroux, Coulommiers, Verneuil-l'Étang, Mormant, Nangis, Longueville, Sainte-Colombe, Poigny et Provins » ; (20 gares) : Communes de « Melun, Livry-sur-Seine, Chartrettes, Fontaine-le-Port, Héricy, Vulaines-sur-Seine, Samoreau, Champagne-sur-Seine, Vernou-la-Celle-sur-Seine, La Grande-Paroisse, Bois-le-Roi, Fontainebleau, Avon, Montereau-Fault-Yonne, Thomery, Moret-Loing-et-Orvanne, Saint-Mammès, Montigny-sur-Loing, Bourron-Marlotte, Grez-sur-Loing, Saint-Pierre-lès-Nemours, Nemours, Bagneaux-sur-Loing, Souppes-sur-Loing et Château-Landon ».

Ligne de tramway desservant le département : (5 stations) : Communes d'« Esbly, Montry, Condé-Sainte-Libiaire, Couilly-Pont-aux-Dames, Saint-Germain-sur-Morin, Quincy-Voisins, Villiers-sur-Morin et Crécy-la-Chapelle ».

Et de nombreuses lignes de bus et de TER des régions voisines et des intercités.

Environnement En 2021, de déchets ménagers et assimilés ont été collectées en Seine-et-Marne, soit /hab..

Climat

La Seine-et-Marne connaît un régime climatique tempéré de type atlantique. La pluviosité est légèrement plus marquée aux environs de Fontainebleau et dans l'est de la Brie française, la Brie humide ( de pluie/an) contre une moyenne départementale de , légèrement supérieure au reste de la région Île-de-France (). Température moyenne de 3,2 °C en janvier et 18,6 °C en juillet à Melun sur la période 1953–2002.

La tempête « Lothar » du a fait cinq morts en Seine-et-Marne et a couché de très nombreux arbres. La canicule de l'été 2015 a battu des records de chaleur à Melun avec et Samois-sur-Seine a battu le record d'Île-de-France avec . Du au , le sud du département a été touché par de fortes pluies. Ces intempéries ont amené la crue de plusieurs cours d'eau dont le Loing et la Marne. Les crues de ces affluents de la Seine ont eu de lourdes conséquences : pendant plusieurs jours, les rues de nombreuses villes et villages comme Nemours ont été totalement inondées (on a mesuré d'eau par endroits), les habitants ont été privés d'électricité, d'eau courante et de gaz pendant près d'une semaine. Les dégâts matériels ont été nombreux et coûteux ; le bilan humain a été en revanche peu important.

Politique vignette|Communes de Seine-et-Marne.

Longtemps marquée par les rapports sociaux découlant de la propriété foncière, la Seine-et-Marne est, de manière générale, un département de tradition plutôt conservatrice, même si elle a été rapidement, sous la République, gagnée aux idées républicaines. Cette tradition conservatrice se manifeste notamment dans les arrondissements de Provins et de Fontainebleau, comme dans le secteur de Coulommiers – La Ferté-Gaucher qui, de longue date, élit régulièrement des candidats issus des partis de droite. Dans les années de l'entre-deux-guerres, le département, par le développement des activités industrielles et de transport, a vu progressivement émerger l'influence des forces de gauche, notamment autour des cités cheminotes de Mitry-Mory et de Vaires-sur-Marne.

Après la Libération, le département a souvent élu des députés de gauche, en accordant d'ailleurs une certaine primauté au Parti communiste français (PCF), celui-ci dépassant encore les 30 % des suffrages exprimés aux élections de et obtenant 2 des cinq élus du département, un troisième siège étant attribué à la Section française de l'Internationale ouvrière (SFIO).

À contrario, le mode d'élection spécifique du Sénat, alors appelé Conseil de la République, a favorisé, dès 1948, une hégémonie de la droite sur la représentation du département. L'instauration de la République a modifié la donne en donnant à la droite, et notamment au courant gaulliste, la primauté dans la représentation parlementaire du département à l'Assemblée nationale. Ainsi, en 1958, première législature du nouveau régime, le parti gaulliste obtient les cinq sièges de député du département. Cette situation perdure jusqu'en 1973, où la circonscription de Chelles et celle de Melun élisent respectivement un député du PCF et un député du Parti socialiste (PS).

Le rapport de forces n'évolue pas ensuite jusqu'en 1981 où, pour la première fois dans l'histoire du département, la gauche obtient 3 des 5 élus (un quatrième élu, invalidé, étant finalement battu dans une élection partielle ensuite). Puis l'adoption du scrutin proportionnel modifie la répartition des élus et entraîne notamment l'élection d'un député FN en 1986. Les 8 autres sièges du département sont alors ainsi répartis : 1 PCF, 3 PS, 3 RPR, 1 UDF. Depuis, la droite a retrouvé son leadership aux législatives, position qui ne fut temporairement remise en question qu'en 1988 et 1997, le PS obtenant à chacune de ces consultations 4 élus sur les 9 du département.

En 1993, 2002 et 2007, la droite a réalisé le grand chelem sur les 9 sièges du département, obtenant même lors du dernier renouvellement dès le premier tour la réélection de Jean-François Copé à Meaux et celle de Christian Jacob à Provins. Pour autant, cela ne peut faire oublier que, comme en bien d'autres endroits en France, les partis de gauche ne sont pas dénués de positions électives. En 2004, pour la seconde fois dans l'histoire du département, le conseil départemental a été gagné par la gauche, plus de vingt ans après le premier succès en la matière. Cette victoire de la gauche doit beaucoup à l'évolution démographique du département puisque ce sont les arrondissements de Melun et de Torcy qui fournissent l'essentiel des élus de la nouvelle majorité départementale, avec 8 des 10 cantons de chaque arrondissement pour ses diverses composantes. De même, la mise en œuvre du scrutin proportionnel au Sénat la même année a permis, dans le cadre d'une liste d'union des forces de gauche, de faire élire deux sénateurs PS et un sénateur PCF, situation que le département n'avait plus connue depuis la Libération.

Enfin, si le département a choisi la candidature de Nicolas Sarkozy lors de l'élection présidentielle de 2012 (avec une légère avance de 51 % des voix), il a, en 1981 comme en 1988, manifesté sa préférence pour le candidat de la gauche, en l'espèce François Mitterrand.

En 2015, lors des élections départementales des 22 et , et dans des cantons redéfinis selon la réforme territoriale (de 43 à 23 cantons), c'est à nouveau le parti de la droite (Les Républicains) qui s'est imposé. Jean-Jacques Barbaux a été élu président du conseil départemental le lors de la séance d'installation de la nouvelle assemblée départementale, qui compte départementaux. À l'occasion des élections régionales de 2015 en Île-de-France, c'est le candidat d'extrême droite Wallerand de Saint-Just qui arrive largement en tête, avec 30,8 % des voix, devançant Valérie Pécresse (25 %), un signe de la droitisation de la Seine-et-Marne.

Alors qu'Emmanuel Macron avait remporté le premier et le deuxième tour de 2017, les élections intermédiaires sont plutôt favorables à la droite et à l'extrême droite. Dans un contexte de forte abstention, le Rassemblement national arrive en tête aux élections européennes de 2019. malgré un score en baisse par rapport au scrutin européen de 2014 (24,40 % contre 27,88 %)..

Les Républicains confirment leur implantation dans le département lors des élections régionales et départementales de 2021 lors de scrutins marqués par des niveaux inédits d'abstention. Valérie Pecresse arrive nettement en tête aux deux tours des régionales dans le département alors que la majorité départementale de droite est confirmée malgré un progrès de l'opposition de gauche.

Jean-Luc Mélenchon arrive en tête au premier tour de l'élection présidentielle de 2022. avec 25,9 % des voix, devançant légèrement Emmanuel Macron et Marine le Pen. Il l'emporte dans douze des quinze plus grandes villes du département, notamment Meaux, Chelles, Melun et Pontault-Combault. Arrivé deuxième, Emmanuel Macron remporte trois de ces villes (Bussy-Saint-Georges, Lagny-sur-Marne et Ozoir-la-Ferrière). Marine Le Pen, en troisième position et qui ne remporte aucune des quinze plus grandes villes arrive cependant en tête dans la plupart des petites communes rurales de l'est du département.. Au deuxième tour, Emmanuel Macron l'emporte nettement avec un score légèrement inférieur à la moyenne nationale (56,97 % contre 58,55 %). Il remporte les quinze plus grandes communes du département, y compris celles qui avaient privilégié Jean-Luc Mélenchon au premier tour mais reste distancié par la candidate du Rassemblement national dans de nombreuses communes rurales de l'est..

Lors de la XVIe législature de la Cinquième République française, le département de la Seine-et-Marne est représenté par cinq députés de la majorité présidentielle, trois représentants de la coalition de gauche Nouvelle Union populaire écologique et sociale (NUPES), deux députés des Républicains (LR) et une députée du Rassemblement national (RN).