Air Littoral (code IATA : FU, code OACI : LIT , Indicatif : Air Littoral) est une compagnie aérienne française régionale basée à l’aéroport de Montpellier. Elle est créée en 1972 et disparait en février 2004 à la suite d’un dépôt de bilan.

Elle desservait une vingtaine de destinations réparties entre la France, l’Espagne, l’Italie et le Maroc en partage de code. L’homme d’affaires Marc Dufour en est le président de 1992 à 2000..

Histoire La compagnie est créée en 1972 sous le nom de Logistair, et est basée sur l’aéroport du Castellet.. Didier Delmotte en est le fondateur avec sa compagnie aérienne Delmotte Aviation qui exploitait des Norman BN-2 Islander entre Montpellier, Nice et Perpignan.

vignette|Logotype de la compagnie Kallistair en 1977. Les quelques lignes exploitées sur Mende, Millau et la Corse (en créant la filiale Kallistair, lignes intérieures Corses en 1973) ne permettent pas d’acquérir une situation saine.

La compagnie, placée en redressement judiciaire, est reprise par Robert Da Ros, pilote et cofondateur actionnaire, sur une proposition de la banque principale de Logistair.. Elle ne dispose alors que d’un seul avion en état de vol, un Britten Norman BN2.

En quelques années, Logistair est rebaptisée Air Littoral et déplacée à Montpellier, dans l'ancienne aérogare de l'aéroport.

En 1976-1977, Air Littoral assure les lignes Montpellier-Nice et Montpellier-Mende-Clermont Ferrand où la correspondance se faisait avec la ligne Air Inter pour Paris.

À ce moment, entrent dans le capital des gens comme Marc Jorel, importateur des avions brésiliens Embraer, grâce auquel la compagnie a investi dans une flotte d'Embraer Bandeirante (E110), puis de Brasilia (E120). Les premiers avions dont le poids était supérieurs à 5 Tonnes 7 furent des Nord 262 pour lesquels il fallait des pilotes détenant la licence de PP1. C'est à cette époque que Robert Da Rosa demanda à Paul Fardel, un ami de longue date et instructeur pour le SFACT (aujourd'hui SEFA), de rejoindre la compagnie.

En 1982, le réseau s'étoffe avec les lignes Biarritz-Pau-Lyon, Montpellier à Nice, Lyon, Bordeaux et Perpignan, Nice à Milan et Venise et Perpignan à Valence (Espagne).

vignette|Logotype du GIE Air Littoral/Compagnie aérienne du Languedoc CAL en octobre 1986. Le développement de la compagnie se fit notamment par la fusion avec la CAL (Compagnie aérienne du Languedoc) dont la flotte et le réseau étaient complémentaires, dans les années 1986-1987.

Souhaitant pouvoir évoluer vers des avions supérieurs à , Air Littoral a profité d'une opportunité offerte par la disparition du constructeur d'avions hollandais Fokker. KLM avait été sollicitée par le gouvernement hollandais pour acquérir des Fokker 100 afin de tenter de renflouer l'entreprise. Cela ne sauva pas Fokker mais KLM se retrouva avec des avions qui n'avaient pas de logique dans son exploitation et donc, chercha à les revendre. Portugalia, une compagnie portugaise, en prit quelques-uns ainsi qu'Air Littoral. Au cours des transactions, il s'imposa la logique que KLM puisse rentrer dans le capital d'Air Littoral et prenne Air Littoral comme partenaire.

En 1993, Michel Seydoux Fornier de Claussonne, homme d'affaires radical-socialiste, producteur cinématographe, devient actionnaire majoritaire de la compagnie.

La compagnie entre en Bourse sur le second marché en .

Michel Seydoux, actionnaire à 90 % d'Air Littoral et Pierre Lortie, président de la division aviation du canadien Bombardier ont signé le à Montpellier l'achat de sept CRJ Regional Jet.

Par ailleurs, la Chambre de Commerce de Nice a voté en de 3 % dans le capital de sa nouvelle filiale "Air Littoral Riviera", une nouvelle compagnie aérienne basée à Nice et desservant le hub de Nice qui a obtenu sa licence d'exploitation de transporteur aérien le .

Air Littoral en détiendra 66 % et la principauté de Monaco 24 %. La deuxième tranche du capital réservée à des professionnels du tourisme sera complétée à la mi-. La compagnie a commencé ses activités avec 17 lignes au départ de Nice depuis .

La compagnie "Air Littoral Méditerranée" qui regroupera les lignes au départ de Montpellier est également envisagée mais ne verra jamais le jour.

Mais le partenariat avec KLM ne fut pas poursuivi par la nouvelle direction d'Air Littoral, menée au début des années 1990 par Marc Dufour (). Une tentative de partenariat avec la Lufthansa ne dura pas non plus, et Air Littoral fit le choix de se marier avec Swissair (SAirgroup).

La participation au capital de l'actionnaire Michel Seydoux dans Air Littoral sera ramenée à 50,1% contre 93% auparavant, le reste du capital est détenu par la famille Grimaldi de Monaco (5%) et la chambre de commerce de Nice (0,9%).

La Compagnie Française d'Investissements Aéronautiques (C.F.I.A.), détenue par Michel Seydoux, devait l'actionnaire principal d'Air Littoral S.A. le .

En 1997, est créé la filiale « fret - Messagerie » prenant le nom dAir Littoral Express'' qui exploitera les Beechcraft 1900. Elle transporte 285 tonnes de marchandises en 1998 alors qu'Air Littoral en transporte 2 976 tonnes et 1 097 790 passagers pour 1998.

Le 31 mars 1998, Air Littoral et Air Littoral Riviera procédaient à une fusion-absorption sous le nom de "Air Littoral".

Or ce fut la période de la fin des années 1990 où tous les partenaires de Swissair disparurent dans des accords désastreux alors que Swissair avait été saluée pour ses résultats commerciaux et financiers peu de temps avant. Swissair disparu, une nouvelle compagnie suisse émergea : Swiss.

Air Littoral fit un gros travail de restructuration, en vain. Dans le début des années 2000, l'exploitation était devenue rentable mais le passif était trop important. Un dépôt de bilan fut tenté pour remettre un rachat dans de bonnes conditions financières.

Il est à noter qu'Air Littoral fut la compagnie de lancement en Europe de l'ATR 42, avion franco-italien et du CRJ, .

En , lors de la cessation d'activité, elle était dirigée par Marc Dufour et Jean Durand en était le directeur financier. Air Littoral exploitait 17 CRJ200 (jets régionaux de 50 sièges) ainsi que douze ATR 42-500 (turbo propulseurs ayant une capacité de 46 à 50 sièges) et 5 Fokker 100. Son réseau était essentiellement centré sur les bases de Montpellier, Marseille, Lyon et Nice. La compagnie faisait vivre l'aéroport de Montpellier. En 2004, à la disparition de la compagnie, la plate-forme de Montpellier a perdu une grande partie de son trafic aérien. Elle avait fait, avant sa disparition, l'objet d'une offre d'achat par la Filature du Favreuil, derrière laquelle se trouvait Alain DuménilAir Littoral : quand on tire sur le fil du Favreuil, EuroCockpit, 9 février 2004.. Celle-ci fut finalement retiréeAir Littoral largué, SUD-Aviation, 17 février 2004. .

Aujourd'hui, il ne reste d'Air Littoral qu'une de ses ex-filiales : l'ESMA (École Supérieure des Métiers de l'Aéronautique), qui a été reprise par Aeroconseil, puis, en , par une holding chinoise, DE HEERD Investment Ltd, basée à Hong Kong. L'ESMA forme des futurs professionnels de l'aérien (pilotes, hôtesses et stewards, mécaniciens et personnels au sol).

Air Littoral a failli renaitre par le biais de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Montpellier avec l'aide de la région Languedoc-Roussillon et des investisseurs privés, un projet a 6,4 millions d'euros, financé à hauteur de 2,2 millions d'euros par un groupe d’investisseurs privés régionaux et de 4,2 millions d'euros par la région Languedoc-Roussillon, via le fonds d’investissement Next Venture. Cette compagnie devait porter le nom Littoral Airlines''' qui prévoit de recruter 120 salariés parmi les anciens employés d’Air Littoral. C’est d’ailleurs l’un des ex membres de la direction d’Air Littoral, Jean Durand, qui prendra le poste de Directeur général de Littoral Airlines, vols prévus en . La compagnie ne verra jamais le jour, le nouveau Président de la Région, Georges Frêche n'a pas voulu apporter les 4,2 millions d'euros promis par son prédécesseur.  Le projet Littoral Airlines était donc mort-né.

Flotte Air Littoral a eu énormément d'aéronefs en flotte. du plus petit (Socata TB-20 n° F-GJMB). au plus gros (Boeing 737-300 n° EC-IEZ)..

Sa flotte était composée d'ATR-42 version 300 et 500 (jusqu'à 21 en flotte), ATR-72-200 (2), Aérospatiale N 260 et N 262 (1 et 4), Beechcraft 1900C (7), Boeing 737-300 (1), Norman BN-2 Islander (5), CRJ-100 (23), Embraer EM-110 Bandeirante (8), Embraer EM-120 Brasilia (12), Fokker F27 (1), F28 (3), F70 (5) et F100 (10), Piper PA-31 (1), Swearingen Metroliner (7) et Socata TB-20 affectés à la l'ESMA n° F-GJMC et F-GJMB (2).

Elle disposait pour l'entrainement au sol d'un Dassault Mercure 100 n° F-BTTE aux couleurs d'Air Littoral. (ex-Air Inter).

Galerie photographique

Accidents et Incidents vignette|L’épave de l’ATR 42 F-GPYE après son crash à Florence le 30 juillet 1997. Le , le vol Air France 1919, assuré par Air Littoral pour le compte d’Air France, réalise la la liaison Bruxelles-Bordeaux avec un Embraer 120 immatriculé F-GEGH. Le décollage s’effectue à , la météo prévoit du brouillard sur Bordeaux. Néanmoins, des déroutements sont prévus sur l’Aéroport de Biarritz-Pays Basque et l’aéroport de Toulouse-Blagnac. L’accident causera la mort des 16 personnes qui se trouvaient à bord (13 passagers, les deux pilotes et un agent de bord) Le , le vol Air Littoral 701 réalise un vol entre Nice et Florence avec un ATR 42 immatriculé F-GPYE. L’atterrissage se fait à une vitesse largement excessive, 40 nœuds au-dessus de la vitesse limite au seuil de la piste, et l’avion traverse les de la piste 23 avant de s’immobiliser proche de l’autoroute A11. Le commandant de bord Jean-Rémy Cuculière est la seule victime de l’accident.

Références

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