Edmond Armand René Thorailler, né le à Nogent-le-Roi (Eure-et-Loir) et mort le à Notre-Dame-de-Monts (Vendée), est un notaire et homme politique français.
Biographie Famille Fils de Valère Henri Thorailler (1885-1967), originaire de l'Yonne, clerc de notaire à Nogent-le-Roi, puis, notaire à Dreux de 1929 à 1942 (succédant à Maître Sarradin), et de Désirée Berthe Apolline Lepage (1884-1962).
Edmond Thorailler se marie le à Toul avec Anne Marie Rémy (fille de Robert Rémy, notaire à Toul, mort à Dreux le , et de Marie-Louise Heitzmann, morte à Dreux le ). Son mariage religieux est célébré par Monseigneur Ménard qui plus tard célébrera celui de sa fille Marie-Françoise.
Sa sœur est l'épouse d'Eugène Bellard, notaire à PontoiseEugéne Bellard, drouais, ancien élève du pensionnat Saint-Pierre à Dreux, d'abord clerc chez Maître Thorailler, puis dans une étude d'Aulnay-sous-Bois, nommé notaire à Pontoise en mars 1958..
Études Edmond Thorailler est licencié en droit et diplômé de l'École des sciences politiques. La même année (1932), à l'âge de , il réussit les épreuves écrites et orales de deuxième année de licence en droit à la faculté de Paris et obtient son diplôme à l'École des Sciences politiques, section généraleL'action républicaine du 9 juillet 1932..
Vie professionnelle En 1942Edmond Thorailler est nommé notaire le 29 août 1942., de retour des camps de prisonniers de guerre, il succède à son père Valère Thorailler, comme notaire à Dreux 12 boulevard Louis TerrierL'étude se trouvait précédemment rue Godeau, dans un immeuble détruit vers 1967, avant son déménagement pour le 15 boulevard Louis Terrier en 1937.. Il est président de la Chambre des notaires d'Eure-et-Loir en 1964 et 1965.
Témoignage d'un de ses clients : "W. Sueur Secrète", de Jean-Paul Wiegleb, novembre 2016, chez l'auteur, page 172.
Mais dans les années 1960 et 1970, il est très pris par ses activités politiques (député, maire de Nogent-le-Roi, conseiller général d'Eure-et-Loir), il n'est présent à son étude que les lundi (jour du marché) et mardi ; son principal clerc est Serge Jubault (1936-2019), entré dans le notariat le , qui travaillera à l'étude à partir du jusqu'à son départ à la retraite en 1996 et sera témoin à son procès en .
À la suite de difficultés financières et à la demande de la Chambre des notaires d'Eure-et-Loir, il donne sa démission de notaire le , celle-ci est acceptée par arrêté du Ministre de la Justice du . Son étude est alors administrée par Maître Obriot, notaire à Châteauneuf-en-Thymerais, puis, en 1978, par Maître Ferron, ancien notaire aux Grandes-Ventes et en 1979, par Maître Jean Baffet, notaire à Dreux.
Liliane Exbrayat, née en 1943, épouse de Siegfrid Schwartz, écrivain connu sous le pseudonyme de Fred Noro, achète l'étude en 1980 (arrêté du Garde des Sceaux du ).
Edmond Thorailler espérait que son fils lui succède, il ne lui restait qu'un diplôme à obtenir pour pouvoir reprendre l'étude, mais ses ennuis judiciaires empêcheront la réalisation de ce projetL'Action républicaine du 28 novembre 1980..
Aujourd’hui, l’étude a déménagé au 14 Boulevard Louis Terrier et y exercent Maître Étienne Lévy et Maitre Paul Maury.
Vie publique et politique Pendant la Seconde Guerre mondiale, prisonnier libéré du Stalag XVII-BL'Écho républicain de la Beauce et du Perche, 7 janvier 1952., il s'investit dans le Centre d'entraide aux prisonniers de guerre de Dreux, organisant notamment une kermesse qui rapporte Le Régional de l'Ouest du 3 août 1943..
Pendant les trois campagnes électorales en 1945 et 1946, il accompagne Pierre July et docteur Fredet dans leurs tournées électorales, exposant très souvent seul le programme pendant que les deux candidats le développaient au même moment dans d'autres salles.
En 1947, il est en tête de liste aux élections municipales de Dreux, se présentant sous la bannière du Rassemblement du peuple français, liste républicaine d'action municipale. Il est élu conseiller municipal, réalisant le troisième meilleur score avec , contre pour Maurice Viollette, maire sortantL’Écho Républicain de la Beauce et du Perche, 20 et 21 octobre 1947. et devient adjoint au maire.
Le , il reçoit à la mairie de Dreux Marcel Pagnol, alors en tournage à Conches-en-Ouche (Eure) du Rosier de Madame Husson, pour s'entretenir de l'inauguration de la nouvelle statue de Jean de Rotrou, ce dernier ayant été désigné par l'Académie française pour la représenterL'Action républicaine du 13 mai 1950 : "Marcel Pagnol à Dreux"..
En 1952, il est candidat à la députation à l'occasion d'une élection législative partielle en Eure-et-Loir sous l'étiquette du Rassemblement du peuple français (R.P.F.) et reçoit le soutien du général de Gaulle qui se déplace à Chartres pour participer à l'un de ses meetings électoraux et où, prenant la parole, il fustige le système des partis et recommande Edmond Thorailler au suffrage des électeursL'Écho républicain de la Beauce et du Perche, 25 janvier 1952 : « Les Chartrains sont venus en foule applaudir le général de Gaulle et le candidat du Rassemblement Edmond Thorailler ».. Au premier tour, il obtient sur exprimés, classé second, derrière François Levacher, candidat du Centre national des indépendants et paysans, qui obtient .
Pour faire gagner son camp, il préfère se désister, déclarant dans un communiqué : « Mon but était d'appeler mes concitoyens au grand rassemblement national indispensable au redressement français. En votant pour moi, vous avez prouvé votre volonté de sauver notre Pays des périls qui le menacent et vous avez en même temps répondu aux ignobles insultes adressées au général de Gaulle, libérateur de la Patrie, par les plus grands responsables de notre désastre de 1940. Pour barrer la route aux marxistes et à leurs alliés, je me désiste en faveur de François Levacher »L'Écho républicain de la Beauce et du Perche, .. François Levacher est élu député d'Eure-et-Loir, remportant sur exprimés, battant Georges Rastel (U.D.S.R) qui recueille L'Écho républicain de la Beauce et du Perche, 9 février 1952..
En 1954, il fonde La Tribune du Drouais, un petit journal mensuel destiné à informer les Drouais de son action municipale en sa qualité d'adjoint au maireLe Populaire d'Eure-et-Loir , semaine du 13 au 19 mars 1954..
Aux élections législatives de 1958, il est élu député U.N.R. d'Eure-et-Loir (circonscription de Dreux, Courville-sur-Eure et MaintenonTract électoral consultable sur https://archive.org/details/EL009_L_1958_11_028_02_2_PF_01/mode/2up), recueillant , l'emportant sur Georges Rastel (Républicain démocrate - ), Charles Hubert (communiste - ) et Émile Vivier (socialiste - )Journal "L'Action républicaine" du 3 décembre 1958..
En 1959, pour les élections municipales de Dreux, il monte une liste républicaine d'action municipale familiale et sociale et recueille , contre au profit de son principal rival Georges Rastel associé au maire sortant Maurice Viollette ()Journal "L'Action républicaine" du 11 mars 1959., maire de Dreux depuis 1908. Georges Rastel sera élu maire de Dreux. La liste socialo-communiste (Charles Hubert) recueille et la liste d'union pour un nouveau conseil municipal (Jean Cauchon) recueille .
Aux élections législatives de 1962, il est réélu député et fait partie de la mission parlementaire française qui se rend au Canada du au pour étudier sur place divers problèmes économiques et culturels. À cet effet, il se rendra dans les régions de Montréal (24 au ), de Québec (27 au ), d'Ottawa ( au ) et de Toronto (2 au )L’Écho Républicain de la Beauce et du Perche du 25 septembre 1962..
En 1963, il devient trésorier du comité pour l'Europe, constitué au sein de l'Assemblée nationale afin d'appuyer les efforts tentés en vue de l'édification d'une Europe unie, en dehors de toutes tendances idéologiques et de querelles d'école et auquel 170 députés d'horizons divers ont adhéréL'Écho républicain de la Beauce et du Perche, 10 janvier 1963..
À l'élection présidentielle de 1965, il appelle à voter pour le Général de Gaulle, écrivant notamment : « En votant de Gaulle, le peuple dira s'il veut que la France ne soit soumise à aucun pays étranger »Journal L'Action républicaine du 3 décembre 1965..
En 1968, après sa défaite aux élections législatives de 1967 où il est battu par Émile Vivier, il est nommé membre de section du Conseil économique et socialL’Écho républicaine de la Beauce et du Perche du 10 février 1968 : décret du 8 février 1968, nommant à compter du janvier Edmond Thorailler, ancien député. et se présente aux élections législatives dans la deuxième circonscription d'Eure-et-Loir, avec Martial Taugourdeau comme suppléant, comme candidat républicain d'action sociale et paysanne, présenté par l'Union des Démocrates pour la République et l'Union pour la défense de la RépubliqueTract électoral consultable sur le site https://archive.org/details/EL047_L_1968_06_028_02_2_PF_02 et est élu.
Aux élections cantonales de 1970, il est élu conseiller général du canton de Nogent-le-Roi et le de cette année, il est reçu à déjeuner, en qualité de secrétaire de la commission des Affaires étrangères, à l'Élysée par Georges Pompidou, président de la République françaiseL'Écho républicain de la Beauce et du Perche, 19 juin 1970 : « Me Edmond Thorailler, député de Dreux, a été reçu mercredi à l'Élysée par le Président de la République, avec les membres de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale, dont il est le secrétaire. À l'issue de l'entretien, M. Georges Pompidou a convié les parlementaires à déjeuner. Au menu : saumon et poulet de ferme. Ce fut un repas très détendu, nous a confié Me Thorailler. ». En juillet de la même année, il dépose sur le bureau de l'Assemblée nationale une proposition de loi faisant du le jour de commémoration de la victoire de 1945 et le rendant férié, indiquant dans sa proposition que « La France comprend mal que le ait été rayé des jours fériés »L'Écho républicain de la Beauce et du Perche, 21 juillet 1970 : « Le 8 mai, jour férié : proposition de loi présentée par M. Thorailler, député d'Eure-et-Loir et quelques-uns de ses collègues »..
En 1971, il est élu maire de Nogent-le-Roi, mais sera battu de peu (sa liste emporte 10 sièges sur 21) aux élections municipales de 1977.
En 1972, interrogé sur Europe 1, il appelle à voter oui au référendum sur l'élargissement des Communautés européennes, déclarant notamment : « Nous pensons, nous, qu'il faut faire une Europe pour la paix. Depuis soixante ans, dans les dix pays, il y a eu plus de douze millions de victimes des deux guerres. Est-ce cela que vous voulez revoir ou ne pensez-vous pas que l'Europe des Dix, par sa seule unité, va empêcher le retour aux guerres froides entre les deux blocs constitués par les États-Unis et l'U.R.S.S. ? »L'Écho républicain de la Beauce et du Perche, 22 et 23 avril 1972.
Aux élections législatives de 1973, il est battu par Maurice Legendre recueillant 49,13 % des voix contre 50,87 % à son adversaire.
À l'élection présidentielle de 1974, il soutient Georges Pompidou.
Aux élections cantonales de 1976, il est réélu conseiller général de Nogent-le-Roi au premier tour, l'emportant sur le candidat communiste Jean-Jacques Guet, maire de Chaudon (Eure-et-Loir).
Victime d'une congestion en 1977, son état de santé l'oblige à se retirer de la vie politique, il ne conserve que son mandat de conseiller général et de conseiller municipal.
En 1980, devant comparaître devant la cour d'assises, il démissionne de son siège de conseiller général du canton de Nogent-le-RoiL'Action républicaine du 18 novembre 1980..
Victime d'un attentat Dans la nuit du , à 0h50, une charge explosive, placée sur le bord de la fenêtre de son domicile à Dreux (15 boulevard Louis Terrier) éclate, arrache les persiennes, souffle la fenêtre, crible le salon, brise de nombreuses vitres des maisons voisines, en face notamment. Des morceaux de la balustrade en fonte de la fenêtre traversent le boulevard.