La rivière des Marsouins est un fleuve de l'île de La Réunion. Elle traverse le territoire communal de Saint-Benoît d'ouest en est.

Géographie

La rivière des Marsouins prend sa source à à proximité de Cilaos et se jette dans l'Océan Indien plus loin à Saint-Benoit.

Lors de sa descente vers la route forestière de Bébour-Bélouve, elle est rejointe par une multitude d'affluents qui ne coulent généralement qu'en cas de forte pluie. Peu après le radier de cette route, après avoir traversé la forêt de Bébour, elle rejoint la vallée de Takamaka, son débit est alors accru par le nombre impressionnant de cours d'eau qui la rejoignent, dont un par capture du Bras Patience, et où elle est entrecoupée par les deux barrages de Takamaka : celui de Takamaka I (aussi appelé barrage de GingembreÉtude menée par l'ORE (observatoire réunionnais de l'eau) en 1995 avec la contribution de la région réunion : ) en aval et celui de Takamaka II en amont. En amont le bassin des Hirondelles marque le début du cours moyen de la rivière des Marsouins. Elle coule alors sur un fond rocheux basaltique coupé par une suite de cascades hautes de 40 à , se terminant par la cascade Arc-en-CielD. LE GOURIERE, Office de la recherche scientifique et technique outre-mer, Hydrologie superficielle de la Réunion, Rivière de la Région « au vent », 1961. La dénivellation totale atteint sur un parcours voisin de . Après la cascade de l'Arc-en-Ciel la rivière des Marsouins chemine sur plusieurs kilomètres sur une couche alluvionnaire faiblement inclinée.

Un captage sur le Bras Cabot achemine l'eau de celui-ci, via un tunnel de de longueur et de section 2,3 x 3,2, vers le cours principal de la rivière des Marsouins pour alimenter en partie le barrage de Takamaka IG.BILARD, BRGM, Aménagement hydro-électrique du Bras Cabot, reconnaissance géologique préliminaire, Décembre 1969. Bras Cabot et Bras Patience sont les deux affluents principaux de cette rivière: le Bras Patience vient du Coteau Mazerin et se jette dans la rivière des Marsouins en aval du barrage de Takamaka I; le Bras Cabot lui prend sa source au pied du sommet de l'Entre Deux, son cours est parallèle à celui de la rivière des Marsouins avant sa confluence avec celle-ci à la cote 235 qui marque le début du cours inférieur de la rivière des Marsouins.

Lorsqu'elle sort de la vallée de Takamaka, la rivière des Marsouins a quasiment atteint son débit moyen. Elle est bordée au nord par la forêt de Villeneuve et la forêt du Piton Papangue et au sud par la forêt du Cratère. Elle est, par la suite, rejointe par de nombreuses ravines comme le Bras Fouquet, le Bras Canot (, avec un bassin versant d'une superficie de ) ou encore le Bras Mussard (, avec un bassin versant d'une superficie de ). Deux îlets sont situés sur le cours aval de la rivière des Marsouins : l’îlet Coco ou Danclas (qui accueille 70 à 80 habitations) et l’îlet Conardel moins étendu et aval de l’îlet Coco.

À son embouchure, son bassin versant a une superficie de . À cet endroit la rivière des Marsouins est relativement exposée aux vents dominants d’alizés (SE) et aux vents cycloniques (>). Ces vents et les dépressions cycloniques peuvent avoir une incidence sur les conditions d’écoulement de la rivière des Marsouins en saison cyclonique entraînant une surcote.

Hydrologie La rivière des Marsouins est un cours d’eau pérenne, au réseau hydrographique encaissé et aux bassins versants pentus. En termes d’écoulement, ceci se traduit par un temps de montée des eaux très court.

Concernant l’influence de la mer sur l’écoulement de la rivière des marsouins, le niveau aval (surcote) n’influence pas le niveau de la rivière des Marsouins. Quant à la houle elle se fracasse au dernier moment un peu avant le trait de côte compte tenu de la pente très raide des fonds sans vraiment pénétrer le cône de déjection.

Régime hydrologique Le régime hydrologique de la rivière des Marsouins est sous l'influence de deux écoulements distincts :

- d'une part, le débit d'un certain nombre de sources dont les plus importantes jaillissent dans le cours moyen;

- d'autre part, le ruissellement superficiel causé par les fortes précipitations.

Les sources qui apparaissent dans le cours de la rivière des Marsouins lui assurent, en saison sèche, un débit soutenu qui ne décroit que lentement.

Le ruissellement superficiel qui vient se superposer à l'écoulement précédent est, par contre, de nature essentiellement fugace.

Chaque année on observe une ou deux crues importantes et plusieurs crues secondaires d'une durée n’excédant pas, en général, quelques jours : les premières sont dues le plus souvent aux cyclones qui passent au voisinage de l'île et les secondaires sont provoquées par de petites dépressions ou des orages.

La rivière des Marsouins à Saint-Benoît La rivière des Marsouins a été observée 19 ans de 1994 à 2012 à la station 40120100 La Rivière des Marsouins à Saint-Benoît (Béthléem) à et pour un bassin versant de .

Le module ou moyenne annuelle de son débit est à Saint-Benoît de .

Étiage ou basses eaux À l'étiage, c'est-à-dire aux basses eaux, le VCN3, ou débit minimal du cours d'eau enregistré pendant trois jours consécutifs sur un mois, en cas de quinquennale sèche s'établit à , ce qui reste très confortableun peu plus du tiers du module à /s.

Crues Le débit journalier maximal, sur la période d'observation, a été de le soit 42 fois le module, et la hauteur maximale instantanée a été de ou le .

Le débit journalier maximal ou QJX 2 est de , le QJX 5 de et le QJX 10 de alors que le QJX 20 est de , les valeurs cinquantennale et centennale n'ont pu être calculées vu la période d'observation de .

Lame d'eau et débit spécifique La lame d'eau écoulée dans cette partie du bassin versant de la rivière est de , ce qui est considérable et presque quatorze fois la moyenne en France. Le débit spécifique (Qsp) atteint .

Caractéristiques particulières du bassin versant

Superficie La superficie du bassin versant de la rivière des Marsouins atteint :

- à la côte 703

- à la côte 550

- à Bethléem

- à son embouchure à Saint-Benoît

Hypsométrie À la côte 550 :

- 1,5 % de son bassin versant est situé au-dessus de

- 26 % entre 2500 et

- 38,5 % entre 2000 et

- 27,5 % entre 1500 et

- 6,5 % entre 1000 et

À Bethléem :

- 0,4 % au-dessus de

- 10,3 % entre 2500 et

- 27,3 % entre 2000 et

- 40 % entre 1500 et

- 13,5 % entre 1000 et

- 8,5 % au-dessous de

Crues historiques récentes

Crue de la rivière des Marsouins à la suite du passage du cyclone Colina en 1993 : inondation des maisons de l'îlet Coco sous plus d'un mètre d'eau, débordement à l'aval du stade de l'îlet, inondation de la cité Poivre. Crue de la rivière des Marsouins en : l'îlet Coco est isolé et une évacuation des habitants par hélicoptère est nécessaire, inondation de l'ancienne maternité et coupure du pont, l'eau arrivant à de son tablier. Crue de la rivière des Marsouins en 1980 à la suite du passage du cyclone Hyacinthe : un débit de à la seconde mesuré. Crue de la rivière des Marsouins en 2007 à la suite du passage du cyclone Gamède : par seconde en débit de pointe.

Pluviométrie Situé sur le côté oriental de l'île et soumis de ce fait au choc direct des Alizés, le bassin versant de la rivière des Marsouins représente l'un des secteurs les plus arrosés de l'Île de la Réunion. Sa pluviométrie est contrôlée par les postes suivants : Saint-Benoit (), Beaulieu (), Beaufond (), Grand Bras (), Takamaka (, poste principal qui fonctionne depuis 1948), Plaine des Palmistes (), Hell Bourg () et Bélouve (). Il n'existe aucune station dans les hauts de la rivière des Marsouins.

Géologie Le cirque des Marsouins a été creusé principalement par l'érosion dans le massif volcanique du Piton des Neiges. Il a ensuite été comblé partiellement par les coulées de ce même piton. La puissante couverture de coulées de laves basaltiques, que l'on rencontre en surface, est considérée comme perméable en grand. Cette couverture repose sur un substratum basaltique ancien qui se caractérise par l'absence à peu près totale de scories et par une imperméabilité plus grande. Ce substratum fait son apparition au bassin des Hirondelles, se poursuit dans le cours moyen de la rivière et disparaît ensuite sous les laves de surface.

Écologie du milieu

Terrestre

Végétation La répartition des formations végétales est intimement liée au gradient altitudinal de température et à l’exposition « au vent » ou « sous le vent » qui guide le niveau de précipitation.

L’embouchure a été totalement artificialisée par la main de l’Homme, notamment dans le cadre des activités de pêche aux bichiques dont la technique impose la mise en place de canaux multiples sans cesse remaniés au gré des grandes marées de vives-eaux et des crues. De ce fait, on observe une mosaïque d’habitats naturels plus ou moins originaux dégradés et présentant des séquences intéressantes sur certains espaces.

Dans la continuité des berges et des plages de galets, une végétation dégradée composée de fourrés exotiques à Schinus terebinthifolius, Casuarina equisetifolia et Panicum maximum prend place lorsque les terrasses alluvionnaires ont pu se constituer et se stabiliser. Ces taxons exotiques à caractère envahissant réalisent également la transition écologique entre les nombreux îlots créés par les canaux à bichiques, avec des interfaces de végétation immergée, majoritairement représentés par Panicum maximum.

Les formations végétales originelles, lesquelles ne subsistent que sous forme de lambeaux pour les milieux de basse altitude, ont progressivement été remplacées par des formations « secondaires » composées d’espèces exotiques introduites.

vignette|droite|forêt de Bébour. L’embouchure de la rivière est largement colonisée par des espèces exotiques adaptées à ces conditions climatiques, hygrométriques et de salinité. Les plus courantes sont : le Fataque (Panicum maximum), le Faux Poivrier (Schinus terebinthifolius), le bambou (Bambusa vulgaris), le Jambrosade (Syzygium jambos), l'Avocat marron (Litsea glutinosa), le Galabert (Lantana camara) et le Longose jaune vanille (Hedychium flavescens).

En partie haute, la rivière des Marsouins traverse principalement des forêts de bois de couleurs dans un état de conservation parfois exceptionnel (forêt de Bébour).

Faune La faune indigène typiquement aquatique est présente avec le Butor (Butorides striatus) et la Poule d’eau (Gallinula chloropus). Ces deux espèces se reproduisent dans les différentes zones humides liées au lit de la rivière et utilisent également les berges à proximité. Des Paille-en-Queue, Phaeton lepturus, sont également observables en vol sur le site, potentiellement avec une démarche d’alimentation dans la rivière (crustacés, petits poissons). La Poule d’Eau a été contactée dans l’embouchure de la rivière en amont direct des canaux à bichiques. Elle vit généralement solitaire et se nourrit d’insectes, de gastéropodes et de végétaux qu’elle picore sur les rives ou dans les plantes aquatiques immergées.

Les zones de savanes arbustives, notamment composées de graminées abritent essentiellement des petits passereaux granivores (Bec rose, Cardinal, Bellier), mais aussi des Tourterelles pays.

Les espèces favorisées par la présence de l’homme sont notamment le Moineau domestique et Cardinal. Les zones, qui bordent les secteurs habités, offrent une plus grande hétérogénéité structurale de la végétation, ce qui favorise l’ensemble des espèces des peuplements de savane. La présence de l’homme apporte des sources alimentaires supplémentaires, utilisées par certaines espèces : toutes les espèces granivores (dont les Ramiers), mais aussi les espèces frugivores (ex : Merle de Maurice).