(en grec : ), né vers 960 et mort probablement le , est co-empereur byzantin de 962 à 1025 et seul empereur de 1025 à 1028, frère de et fils de et de Théophano Anastaso. Il se marie avec Hélène, fille d'un certain Alype, avec qui il a trois filles.

Dernier représentant de la dynastie macédonienne, qui gouverne l'Empire depuis le milieu du , il a parmi les chroniqueurs contemporains une piètre image, que des historiens modernes se sont efforcés de corriger ou de relativiser. S'il règne conjointement avec son frère Basile, il est alors complètement absent des décisions et s'adonne à toutes sortes de plaisirs et divertissements. Lors de son court règne de 1025 à 1028, il se repose beaucoup sur ses conseillers, dont d'influents eunuques, et il n'hésite pas à réprimer avec une grande sévérité toute manifestation d'hostilité ou de rébellion à l'encontre de son pouvoir.

S'il peut capitaliser sur les accomplissements de son frère, qui ont porté l'Empire à son apogée médiéval, il doit faire face à l'extinction à venir de sa lignée, faute de descendants mâles. Dans les derniers jours de son existence, il s'assure de pérenniser sa dynastie en mariant sa fille Zoé Porphyrogénète à un aristocrate, Romain Argyre. C'est le début de l'ère des princes-époux, pendant laquelle la légitimité s'acquiert par l'union à l'une des deux dernières descendantes de la puissante famille macédonienne, Zoé et sa sœur Théodora Porphyrogénète.

Sources Les sources qui permettent d'appréhender le règne de Constantin dépendent principalement de deux chroniqueurs byzantins : Michel Psellos et Jean Skylitzès. L'un et l'autre sont des figures intellectuelles majeures de leur temps et sont quasi-contemporains des événements qu'ils décrivent. En revanche, ils se distinguent par un biais fortement hostile à Constantin, voire carrément insultant. Ralph-Johannes Lilie a notamment mis en évidence les descriptions croisées de Constantin et de son frère Basile chez Psellos. Si Basile est mis en valeur comme modèle du bon empereur, son frère est rabaissé et sert d'opposé. En cela, l'historien allemand considère qu'il s'agit d'une construction littéraire qui influence le récit historique au risque de dénaturer ce dernier. Chez Skylitzès comme Psellos, Constantin devient irresponsable, cruel et incapable de gouverner alors que incarne une forme de moine-soldat, dévoué à la cause de l'Empire et qui a su évoluer face aux épreuves qu'il a traversées, à la différence de son frère, resté dans la jouissance des plaisirs de l'existence. Psellos lui reproche ainsi de dilapider le trésor de son frère ou d'acheter la paix avec les voisins de l'Empire, sans oublier sa cruauté particulièrement affirmée. De ce fait, d'autres sources doivent être mobilisées pour apporter un éclairage différent, comme le récit d'Aristakès Lastivertsi ou plus encore celui de Yahya d'Antioche, contemporain du règne de Constantin mais qui vit dans le califat fatimide. Son récit comprend des éléments absents des écrits byzantins ou bien les précise sur certains points ou encore s'en différencie sur d'autresVoir par exemple les travaux de Marius Canard ()..

Ces jugements souvent dépréciatifs ont eu une influence forte sur les historiens modernes, même si certains se distancient des avis des chroniqueurs byzantins. Georg Ostrogorsky fait de son règne le début du déclin de l'Empire byzantin après la phase expansionniste conclue par son frère. Celui qui , insistant sur son goût des loisirs et des banquets. Il reprend en cela le constat déjà émis par l'historien du Edward Gibbon, qui écrit que Constantin jouit plus des plaisirs de la royauté qu'il ne prend effectivement le pouvoir, se contentant d'organiser péniblement et imparfaitement sa succession.. Louis Bréhier est tout aussi sévère quand il dit qu'il .

Parmi les avis moins défavorables à Constantin, Michael Angold souligne sa loyauté à l'égard de son grand frère. Cherchant à tempérer cette vision d'un Constantin peu efficace dans l'exercice du gouvernement, Anthony Kaldellis se montre plus bienveillant. Il estime qu'il n'est pas un mauvais empereur en dépit d'une cruauté dont il est difficile de juger si elle pouvait se justifier ou non, tandis que sa diplomatie est plutôt prudente. En revanche, à l'instar de Catherine Holmes, il concède que sa méthode de gouvernement inaugure des pratiques aux conséquences dommageables pour l'Empire. Résidant exclusivement à Constantinople, Constantin s'appuie surtout sur des courtisans proches de lui, notamment des eunuques, alors que les officiers postés aux frontières, qui font face aux forces qui menacent l'Empire, sont en quelque sorte éloignés des cercles du pouvoir, au risque pour Constantin de se les aliéner.

Origines et règnes conjoints gauche|vignette| et sur un nomisma (Musée d'Art et d'Histoire Paul-Éluard).|alt=Pièce d'or représentant deux empereurs.

Origines naît en 960 ou 961. Selon les différentes sources byzantines, il vient au monde peu après le couronnement comme coempereur de son frère aîné Basile en . Sa mère est l'impératrice Théophano Anastaso, peut-être d'origine modeste puisqu'il est dit par Skylitzès que son père est simple tavernier, même si des historiens postulent qu'elle est en réalité d'extraction noble. Réputée pour sa beauté, elle aurait séduit (959-963), lui-même fils de l'empereur (913-959) et héritier de la prestigieuse dynastie macédonienne, qui dirige l'Empire byzantin depuis la prise du pouvoir par en 867. a un frère aîné, le futur , né vers 958, ainsi qu'une potentielle sœur aînée, Hélène, née en 955 et une plus jeune soeur, Anna Porphyrogénète. Selon une pratique courante dans le monde politique byzantin et pour anticiper la succession, tant Basile que Constantin sont couronnés comme coempereurs du vivant de leur père. Concernant Constantin, sur la base notamment de différents documents administratifs italiens, il est possible de situer la date au , soit le jour de Pâques, la même date à laquelle son frère et son père ont été couronnés. Finalement, meurt au début de l'année 963. Ses deux fils sont mineurs au moment de la succession.

Un coempereur discret (962-1025) Comme son frère , il agit sous plusieurs régences et d'abord celle de sa mère Théophano. Celle-ci épouse alors le général , qui devient empereur de 963 à 969 sans remettre en cause le droit au trône des deux enfants. Il est renversé en 969 par son ancien compagnon d'armes , qui règne de 969 à sa mort en 976, là encore sans renier la légitimité de Basile ou de Constantin, toujours mineurs. Des historiens ont d'ailleurs mis en évidence cette particularité des empereurs macédoniens de parfois régner en titre, incarnant une légitimité symbolique plus qu'un pouvoir politique.. Constantin ne prend donc réellement le pouvoir avec son frère qu'en 976. Cependant, c'est bien qui exerce pleinement la fonction impériale, et le rôle de Constantin est tout à fait méconnu durant la longue période qui court jusqu'en 1025. Les sources byzantines tendent à réduire son rôle, à la différence de Yahya d'Antioche par exemple qui mentionne sa présence lors de la bataille d'Abydos en 989 qui met un terme à la rébellion de Bardas Phocas le Jeune. Peu après, toujours selon l'historien arabe, il sert d'intermédiaire dans les négociations entre son frère Basile II et un autre rebelle, Bardas Sklèros. Michel Psellos mentionne bien sa présence active lors de la bataille d'Abydos mais en profite pour souligner son arrogance supposée, car, alors à l'avant-garde, il se serait vanté d'avoir tué Bardas Phocas. Il semble avoir pris part à la campagne de son frère en Orient en 995 selon les sources orientales, ayant même proposé d'attaquer Alep, ce que aurait refusé. De même, ses relations avec Basile sont inconnues, mais il ne paraît pas être associé aux décisions. Selon Michel Psellos, en fait un personnage purement décoratif à qui il alloue quelques gardes pour sa protection. Il est significatif qu'il n'apparaisse pas dans la description de la cour impériale par un ambassadeur arabe. Si cette absence de rôle concret lui est parfois reprochée comme l'illustration de son désintérêt pour la chose publique, Ralph-Johannes Lilie rappelle qu'il s'agit d'une norme dans l'Empire byzantin, où le coempereur est souvent réduit à un rôle purement symbolique.

Quand son frère est sur son lit de mort en 1025, il est alors à l'extérieur de Constantinople et des émissaires sont envoyés le chercher, apparemment non sans réticence de la part de conseillers impériaux qui ne lui vouent aucune affection.

Règne

Politique intérieure vignette| représenté dans un manuscrit du , le Mutinensis gr. 122.|alt=Portrait d'un empereur âgé sur la page d'un manuscrit.

L'entourage vignette|gauche|La nomination d'Alexis Studite comme patriarche dans la chronique de Skylitzès de Madrid (Bibliothèque nationale d'Espagne).|alt=Enluminure byzantine représentant la nomination d'un homme barbu comme patriarche, dans le haut de l'image, par un empereur devant sa cour, en bas. L'analyse de la personnalité de Constantin a largement souffert des commentaires dépréciateurs de ses contemporains. Tant Michel Psellos que Jean Skylitzès le critiquent ouvertement et affirment qu'il ne trouve de passion que dans les courses de chevaux, le jeu ou la chasse. Il est réputé grand et fort et est généralement dépeint avec une longue barbe sur les quelques portraits connus de lui, en particulier sur les pièces de monnaie. Il est atteint de la goutte quand il devient seul empereur à 66 ans. Plus largement, les chroniqueurs mettent parfois en évidence la détérioration physique, voire mentale, de Constantin. Jean Zonaras estime que cela vient d'une maladie, tandis qu'Éphrem écrit qu'il est torturé par la sénilité et la maladie.

Dans le cadre de son gouvernement, l'empereur s'appuie beaucoup sur des eunuques, une pratique courante dans le monde byzantin car ils ne peuvent prétendre à la fonction impériale mais que Sklylitzès, par exemple, lui reproche vertement. Plusieurs sont nommés à d'importants postes militaires, dont le parakimomène Nicolas, qui devient le premier eunuque à détenir le poste de Domestique des Scholes, 449., tandis que Syméon devient drongaire de la garde et Nicétas de Pisidie duc d'Ibérie. Michel Psellos souligne que si Constantin manque de générosité, une qualité souvent jugée indispensable pour un bon empereur, il fait exception au bénéfice des eunuques, pour lesquels il .. Ainsi, , apparemment peu attiré par la chose publique, délègue une grande partie de sa charge. S'il s'appuie beaucoup sur les eunuques, il garde également sa confiance à des hommes promus par son frère.

Cette méthode de gouvernement qui consiste à s'appuyer sur les courtisans proches de l'empereur qui résident à la cour de Constantinople a amené des historiens comme Georg Ostrogorsky à opposer une aristocratie civile à une aristocratie militaire, incarnée par des généraux aux frontières, aux intérêts divergents. Cette dichotomie est généralement grandement relativisée aujourd'hui, mais l'opposition de partis aristocratiques tend à s'accroître à la fin de la dynastie macédonienne..

Entre conspirations et répressions