Lhassa, étoile-fleur est la version en français parue en 1976 de , Putnam, New York, 1976, 180 p., compte rendu que l'écrivain d'origine chinoise et belge Han Suyin fit de son séjour à Lhassa dans la région autonome du Tibet en octobre-novembre 1975 Warren W. Smith Jr, China's Tibet?: Autonomy or Assimilation, AltaMira Press, U.S., 16 mai 2008, : . L'écrivain et journaliste Max Olivier-Lacamp, qui signe la préface de l'ouvrage, collabora à son édition en français. Le titre renvoie à l'image du Présentation du livre sur la page 4 de couverture. Un des noms de l'Edelweiss originaire d'Asie est « Silver star » (Étoile d'argent)House of Switzerland Jessica Davis Pluess L’aura mystique et mythique de l’edelweiss (consulté le 17 août 2023). Le terme étoile-fleur est employé par les surréalistes, ainsi ce court extrait d'un poème antérieur à l'étude : « Etoile - fleur dans sa robe à serrure, / Etoile - fleur de jour au corsage qui chante, / Etoile aux longs pieds de ... » (Affichage d'extrait de La Femme et le surréalisme de José Pierre et Lourdes Andrade, Musée cantonal des beaux-arts, Lausanne, 1987, 545 pages)..
Han Suyin avait été la première étrangère autorisée à se rendre au Tibet une fois la révolution culturelle terminée. Sa famille chinoise, habitant le Sichuan, avait entretenu des rapports (commerce du thé) avec le Tibet pendant plus de deux siècles Book Description (présentation du livre par l'éditeur) : , p. 14..
L'ouvrage est considéré par Patrick French, Peter Bishop et Warren W. Smith Jr comme relevant de la propagande chinoise.
Contexte historique Vers la fin de la révolution culturelle au Tibet, des visiteurs sympathisants sont de nouveau autorisés à visiter le Tibet, comme Han Suyin, qui écrit Lhassa, étoile-fleur en 1976 et Felix Greene, qui réalise Tibet (1976) un film documentaire sur sa visite Robert Barnett, , p. 145 : ..
Contenu Selon la professeur de chimie polonaise , traductrice en polonais d'ouvrages de Han Suyin, cette dernière rappelle, dans Lhassa, étoile-fleur, la vassalisation ancienne du Tibet par rapport à la Chine, puis les machinations ourdies par les Britanniques pour conquérir les contrées himalayennes stratégiques, dont le Tibet. Elle fait l'éloge des progrès matériels réalisés sous la direction des communistes chinois, du passage d'une théocratie médiévale arriérée à une société laïque éduquée et productrice » Teresa Kowalska, , sur le site Voices from the Gap de l'Université du Minnesota : . Toujours selon Kowalska, « en tant que médecin, elle fait état de certaines superstitions de l'ancien Tibet, comme l'autodafé des mères qui accouchaient de jumeaux, triplés, quadruplés, etc., naissances qui étaient considérées comme étant la punition de graves péchés ainsi qu'un signe de très mauvais augure qu'il fallait éradiquer sur le champ. Également l'obligation faite aux Tibétaines d'accoucher dans l'étable et d'y rester pendant la prétendue période de purification, pratique qui se soldait souvent par l'infection et la mort de la parturiente »Teresa Kowalska, : .
Le journaliste et tibétologue anglais Robert Barnett, dans Lhasa: Street with memories (2010), fait état de la description que livre Han Suyin de la ville à l'époque du séjour de l'écrivain : l'architecture n'a pas changé mais quelques vieux bâtiments ont disparu ; la nouvelle Lhassa s'agrandit tandis que l'ancienne rétrécit ; les nouveaux bâtiments auront tout le confort moderne (des latrines et l'eau courante). Si elle craint que leur architecture ne se conforme au style fonctionnel chinois, elle remarque toutefois que les maisons appartenant à la noblesse tibétaine sont intactes et entretenues Robert Barnett, Lhasa: Street with memories, Columbia University Press, 2010, 219 p., p. 164..Robert Barnett rapporte également les propos de Han Suyin sur le progrès de l'hygiène publique à Lhasa au milieu des années 1970 : alors qu'en 1962 on se soulageait encore dans la rue, les autorités municipales avait désormais construit de discrètes latrines publiques peintes en blanc et orange (mais sans papier toilette) et instauré le ramassage des ordures. Barnett précise que ces mêmes installations avaient cédé la place, en 2005, à des bâtiments de style tibétain Robert Barnett, , p. 169 : .
Accueil critique Peter Bishop, l'auteur de The Myth of Shangri-La (1989), met Lhassa, étoile-fleur dans ce qu'il appelle Peter Bishop, The Myth of Shangri-La: Tibet, Travel Writing, and the Western Creation of Sacred Landscape, University of California Press, 1989, , p. 287 : .. Selon lui, la représentation des Tibétains dans Lhassa, étoile-fleur est l'une des rares à louer ..
Le journaliste et écrivain Claude Arpi, directeur du pavillon de la culture tibétaine à Auroville, considère que cet ouvrage permet de connaitre le point de vue chinois sur le Tibet Claude Arpi L'essentiel pour connaitre le point de vue chinois, Tibet, le pays sacrifié, 2000..
L'écrivain et biographe britannique Patrick French indique que, jusqu’au début des années 1980, personne ne pouvait se rendre au Tibet sans un visa spécial de Pékin. Lhassa, étoile-fleur, publié en 1976, fait partie de ces ouvrages qu’écrivaient dans les années 1960 et 1970 les sympathisants de la Chine communiste qui s’étaient rendus au Tibet strictement encadrés par des guides chinois, et qui se félicitaient de la politique qu’y menait le régimePatrick French, Tibet, Tibet, une histoire personnelle d'un pays perdu, 2003, : (Lhassa, ville ouverte, traduit en français sous le titre de Lhassa, étoile-fleur)..
Warren W. Smith Jr, historien du droit et animateur au service tibétain de Radio Free Asia Warren W Smith Profile, Comment is free…, Guardian online., a fait une analyse critique de Lhassa étoile-fleur, où il écrit notamment que « le ton prédominant du livre est celui du chauvinisme Han tempéré par une préoccupation bienveillante pour les pauvres Tibétains arriérés. »Warren W. Smith Jr, : . Au début des années 1980, le Tibet fut ouvert à nombre d'autres observateurs moins réceptifs à l'égard des affirmations chinoises d'avoir libéré les Tibétains. Selon cet auteur, les récits comme ceux d'Han Suyin, affirmant que tout allait bien au Tibet et que les Tibétains étaient des sujets heureux de la Chine, sont apparus comme très éloignés de la véritéWarren W. Smith Jr, : .
Dans son livre Les réfugiés tibétains en Inde: Nationalisme et exil (2015), la docteur en relations internationales Anne-Sophie Bentz affirme que Han Suyin, comme d'autres auteurs chinois, décrit le Tibet féodal selon son imagination, pour ensuite le comparer au Tibet après la « libération » de 1951. Elle consacre les deux premiers chapitres de Lhassa, étoile-fleur aux conditions de vie des habitants du Tibet féodal pour faire ensuite l'apologie élogieuse des réformes chinoises après la « libération »..
Selon Bertil Lintner, elle y reproduit la version officielle chinoise sans critique Bertil Lintner, Great Game East: India, China, and the Struggle for Asia's Most Volatile, Yale University Press, 2015, , p. 18..
Notes et références
Voir aussi Liens externes INA : Aujourd'hui madame - 26.07.1976 - 01:51) Han Suyin à propos de son livre "Lhassa étoile fleur"
Catégorie:Livre politique Catégorie:Livre sur le Tibet Catégorie:Propagande de la république populaire de Chine