Louis Émile Clermont, né à Auzat-la-Combelle (Puy-de-Dôme) le et mort pour la France à Saint-Hilaire-le-Grand (Marne) le , est un écrivain français.

Biographie Louis Émile Clermont naît le 15 août 1880, à La Combelle, l'un des deux bourgs constituant la commune d'Auzat-sur-Allier (aujourd'hui Auzat-la-Combelle), dans le Puy-de-Dôme. Il est le cadet d'une famille de cinq enfants, issu du mariage en 1878 d'Alphonse Clermont, ingénieur civil des mines, et d'Anne-Adine Virotte Ducharme, qui appartient à une ancienne famille bourgeoise de Montaigu-le-Blin (Allier).

Sorti second de l'École des mines de Saint-Étienne, Alphonse Clermont père se fixe, dès 1882, avec sa famille, dans la cité stéphanoiseLe Mémorial de la Loire, , Année, lundi .

Louis Émile est admis en 1897 à Paris au lycée Henri-IV, où il prépare le concours d'entrée à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm. Durant ces années passées au lycée Henri-IV, et Jacques MaritainLettre de Jacques Maritain à Emile Clermont, 31 juillet 1900, extrait paru dans l'ouvrage : Jacques Maritain Jaurèsien ? Une jeunesse entre révolution et socialisme démocratique par Florian Michel, Cahier Jaurès , 2012.

Il obtient un et accessit de version grecque et latineJournal Officiel de la République Française. Lois et Décrets. - 27 juillet 1900 - (Distribution des Prix pour l'année 1900 - Lycée Henri-IV) . ; il se voit attribuer, le 3 août 1900, une bourse d'études de 900 frs, par le Ministère de l'Instruction PubliqueJournal Officiel de la République Française. Lois et Décrets. 3 août 1900. page 5012 . Au lycée Henri-IV, Henri Bergson et Victor Delbós sont ses professeurs de philosophie. En 1901, il est reçu premier de sa promotion, au concours d'entrée à l’École normale supérieureJournal Officiel de la République Française. Lois et Décrets. 30 juillet 1901Le Mémorial de la Loire, année, , 30 juillet 1901.

Il était titulaire d'un prix d'histoire depuis 1901, lors de sa dernière année au lycée Henri-IVJournal Officiel de la République Française . Lois et Décrets. - ( Distribution des Prix . Émile Clermont Accessit d'Histoire au lycée Henri-IV.). Émile Clermont choisit de suivre à l’École Normale Supérieure, une double formation de philosophe et d'historien.

À la rue d'Ulm, Emile Clermont suit les cours d'Émile Bourgeois, professeur d'histoireLa Rue d'Ulm à la Belle Époque (1899-1903), mémoire d'un normalien supérieur par Paul Dimoff, Imprimerie G. Thomas, Nancy 1970, BnF : 4-LN27-89551 (Emile Clermont ). Avec ce maître de conférence, Clermont veut rédiger un ouvrage d'histoire concernant une étude analytique sur l'origine et la chute du Second Empire. Pour approfondir et utiliser la matière historique nécessaire à ce travail rédactionnel, Émile Clermont procède au classement des archives de Jules Favre. Il rencontre Geneviève Favre, fille de l'homme politique, mère du philosophe Jacques MaritainAmitiés Charles Péguy, Correspondance Charles Péguy Geneviève Favre. Volume 14 - Bulletin d'informations et de recherches, , 1991, page 113 : Notes Emile Clermont Geneviève Favre)..

En 1907, Émile Clermont fait paraitre chez Armand Colin un essai historique Rome et Napoléon III, traitant de la véritable origine de la chute du Second Empire, en collaboration avec Émile Bourgeois.

La guerre. Sa mort. René Gillouin, son ancien camarade d'études au lycée Henri-IV, prend la plume en février 1914, afin de présenter au public la personnalité de l'auteur de LaureLa Renaissance, Politique, Littéraire et Artistique, année, , 7 février 1914, . : gauche|vignette|Affiche de l'Ordre de mobilisation générale des armées de terre et de mer françaises du . En 1909, aux confins de Montaigu-le-Blin, village d'Émile Clermont, on a procèdé à la simulation d'un conflit armé illustré par l'opération militaire des Grandes manœuvres du Bourbonnais ; en 1914, la guerre devint une réalité.

« (...) Le 9 août 1914 à l'arrivée de l'ordre de mobilisation générale, en l'absence du maire de Montaigu-le-Blin, petite commune rurale de l'Allier, ce fut un normalien Émile Clermont qui fit sonner le tocsin…Guerres mondiales et conflits contemporains, 183-184, Presses universitaires de France, 1996, . »

En 1914, Clermont avait probablement plusieurs projets en préparation. Dans une première livraison datée du 15 avril 1914, dans la Revue de Paris, il commence à faire paraître quelques paragraphes inachevés, intitulés Un Petit Monde, extraits de la seconde partie de son futur roman Histoire d'IsabelleLa Revue de Paris - Livraison du 15 avril et du .

Émile Clermont cultive pourtant une véritable aversion pour la guerre. Mobilisé en septembre 1914, il est incorporé à Saint-Étienne au 238e régiment d'infanterie. Au dépôt de son régiment, il encadre, en tant que sergent instructeur, une compagnie d'infanterie. Ses supérieurs lui conseillent de rester au dépôt. Émile Clermont préfère être mobilisé, jugeant que le casernement est plus propice aux hommes mariés pères de famille. Envoyé sur le front de l'Est, Clermont accomplit son devoir : « L'auteur de Laure, Émile Clermont, a été nommé adjudant pour sa belle conduite sur le champ de bataille. »L'Intransigeant - Année - - Mercredi 18 novembre 1914..

Émile Clermont est envoyé sur le front de l'Aisne lors de la première bataille de la Marne. En juillet 1915, l'historien et critique d'art Armand Dayot, en mission journalistique au milieu des tranchées, écritSouvenirs de la Guerre . Article d'Armand Dayot paru dans le journal Le Gaulois - Dimanche 22 juin 1919 - Année - : vignette|Soldats de 14-18 dans la tranchée, positionnés devant l'entrée d'un abri.Muté sur le front de Champagne, Émile Clermont est nommé, le , sous-lieutenant au 67e régiment d'infanterieJournal : L'Intransigeant. - Année - Mercredi . Chargé de surveiller l'avancement des lignes ennemies, il est tué le 5 mars 1916, à l'Épine Lambert (Saint-Hilaire-le-Grand), touché par un éclat d'obusSite Mémoire des hommes. Il était affecté au d'infanterie basé à Soissons. --- Journal : La Liberté, journal de Paris, indépendant, politique, littéraire et financier. - Année - Vendredi 17 mars 1916.

Il reçoit à titre posthume la Croix de guerre 1914-1918, avec citation à l'ordre de sa division. Voici le texte de sa citationLouise Clermont, Émile Clermont, sa vie, son œuvre, préface de Maurice Barrès, Paris, Grasset, 1919 ; L'Intransigeant, , année, mercredi 10 mai 1916. :

Il est inhumé dans la nécropole nationale de Suippes-Ville (tombe 2879)Base sepulturesdeguerre du ministère de la Défense.. À Montaigu-le-Blin, son nom est inscrit sur le monument aux morts.

Réception et hommages

Selon Henry de Montherlant, il est « injustement oublié » et il est « resté méconnu malgré les efforts de Bernard Grasset pour le faire survivre ». Il aurait même écrit qu'Emile Clermont fut « un des rares « écrivains » tués par la guerre ».

Une donation de francs est faite le 27 février 1922 à l'Académie française par M. Pierre-François Clermont (architecte) et par ses sœurs, en vue de la création d'un « Prix Émile-Clermont » destiné à récompenser un jeune auteur de , licencié ès lettres, se dirigeant vers la carrière des lettresHistoire du don en France de 1800 à 1939. Dons et legs charitables, pieux et philanthropiques par Jean-Luc Marais, Presses universitaires de Rennes, 1999. Archives nationales : Dons et legs en faveur des Compagnies et des sociétés savantes : Académie française : F/17/13010. Notaire : Étude de Maître Ader à Paris.. Le prix est créé en 1923Journal Officiel de la République Française. Lois et Décrets . page 4344 - 19 mai 1923. ( Donation faite par M. Pierre-François Clermont et Louise-Émilie Clermont et Marguerite ) ( voir sur Gallica ) . Il est décerné tous les cinq ans (3.000 Francs) par l'Académie française, et destiné à financer les voyagesAnnuaire Général des Lettres - 1931 ( page 332 ) - 1932 - 1934 .

Le 10 décembre 1923, en présence de Raymond Poincaré et des parents des disparus, Alexandre Millerand inaugure le Monument aux morts de l'École normale supérieure. Le journal Paris-Soir relève que Paris-Soir, I année, , édition, lundi 10 décembre 1923..

À l'initiative de l'Association des anciens élèves du lycée de Saint-Étienne, M. Maillon, agrégé de lettres et professeur au lycée, fit le 10 février 1926 une conférence sur Émile Clermont à la Chambre de commerceLe Mémorial de la Loire et de la Haute-Loire, 9 février 1926..

Le 14 octobre 1927, le Président de la République Gaston Doumergue, inaugure au Panthéon la stèle regroupant les 560 noms des écrivains combattants morts lors de la Grande guerre. Dans cette liste d'écrivains pour la plupart inconnus, Le Figaro, dans une édition spéciale, relève que « Hommage aux écrivains morts à la guerre », Le Figaro, Supplément littéraire, , samedi 15 octobre 1927..

Outre la panthéonisation du nom d'Émile Clermont en 1927, Grasset publie cette année-là un ouvrage de souvenirs intitulé Études et souvenirs sur Émile ClermontÉtudes et souvenirs sur Émile Clermont (15 août 1880 - 5 mars 1916), suivis de pages inédites, Paris, Les Amitiés Saint-Étienne, Grasset, 1927.. Ce sont des souvenirs réunis par un collectif d'auteurs, et augmentés de pages inédites laissées par l'écrivain. Quelques années plus tard, en même temps que la réédition d’Amour Promis, l'écrivain René Lalou donne, le , une conférence littéraire sur le romancier Émile Clermont, retransmise de l'auditorium de Radio-ParisLes Cahiers de Radio-Paris, , I année, 15 janvier 1938 (Émile Clermont, )..

Une rue au nom d'Émile Clermont est baptisée en 1921 à Saint-Étienne. Dans les Yvelines, la municipalité du Chesnay (agglomération de Versailles) inaugure, en 1946, une rue à son nomAnnuaire de Versailles et tout Versailles réunis, Versailles, Éd. Julien frères, 1946.. En 2013, le conseil municipal de Montaigu-le-Blin, village qui est le berceau de sa famille maternelle, donne son nom à une rue.

Œuvres

Rome et Napoléon III (1849-1870). Étude sur les origines et la chute du Second Empire, en collaboration avec E. Bourgeois, préface de Gabriel Monod, Paris, A. Colin, 1907. Amour promis, roman, Paris, Calmann-Lévy, 1909 ; réédition Nelson 1925. Réédité par Grasset en 1995 dans la coll. « Les cahiers rouges » ). Un Joli conte. Parution dans le périodique La Poupée modèle, journal des petites filles, Paris, juin 1912. Laure, roman, Paris, Édition Bernard Grasset, 1913. Un Conflit, roman en projet qu'Émile Clermont prévoyait de faire publier dans la presse française en 1914. Histoire d'Isabelle, roman, inachevé et posthume, Paris, Grasset, 1917 ; éd., Paris, G. Crès et , 1924, avec un portrait gravé sur bois par Paul Baudier). Voyage en Allemagne (1910) (Écrits inédits donnés par Louise Clermont), Éditions Les Écrits nouveaux, janvier-février 1920, à 22. Laura (traduction en espagnol), Madrid, Calpe, 1921. Des « Pages inédites » furent publiées dans Études et Souvenirs sur Émile Clermont par Louise Clermont, 1927. Amour promis, roman, préfacé par Bernard Grasset. Réédition dans la collection « Le trentenaire », Grasset, 1938. Amour promis, roman réédité paru chez Gallimard dans La Nouvelle Revue française (NRF), année, , . Laura, traduit par Luis Bello, Buenos-Aires, Editiones Espasa-Calpe, Colleccion « Austral », 1948. Le Passage de l'Aisne, récit de guerre préfacé par Daniel Halévy (collection « Les Cahiers verts »), Grasset, 1921. Réédition en version intégrale par l'association Soissonnais 14-18, Soissons, 2002.

Notes et références

Bibliographie Ouvrages ou parties d'ouvrages .

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. . . . . . Joseph Desaymard, "Émile Clermont", L'Auvergne dans les lettres contemporaines, Éditions du Pigeonnier, 1943, p. 65-76. . .

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. . . Thierry Poyet, Un perdant sublime, Éditions CHUM, 2025. Thierry Poyet, Émile Clermont et les novissima verba du XIXe siècle, Éditions Honoré Champion, 2025.

Articles . . . . .

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