La gendarmerie d'ordonnance de la Garde impériale est une unité de cavalerie de l'armée française rattachée à la Garde impériale en 1806. Composé presque uniquement de riches gentilshommes issus de familles nobles de l'Ancien Régime, ce corps à l'existence éphémère participe à divers engagements au cours de la campagne de Pologne, avant d'être dissous en . Il n'y a aucun lien entre les « gendarmes », membres de cette unité, dont le nom se réfère à l'ancienne appellation « gens d'armes » des cavaliers lourds de l'Ancien Régime, et la gendarmerie.
Organisation L'unité trouve son origine dans la volonté de Napoléon d'associer l'ancienne noblesse au régime impérial. Les et , deux circulaires sont adressées aux préfets par le ministre de l'Intérieur, Jean-Baptiste Nompère de Champagny, à propos de la formation d'un corps de gendarmerie d'ordonnance à Mayence, sous les auspices du maréchal Kellermann. Les conditions d'engagement prévoient que les recrues doivent être âgées de 18 à 40 ans, être issues de , être en mesure de s'équiper intégralement à leurs frais et justifier d'un revenu d'au moins 600 francs par an.
Les volontaires se présentent en grand nombre à Mayence où l'organisation des deux premières compagnies, commandées respectivement par le vicomte Mathieu Paul Louis de Montmorency-Laval et le capitaine d'Arberg, commence le . Deux compagnies supplémentaires sont constituées à partir du , la menée par le capitaine de Sourdis et la dirigée par le prince de Savoie-Carignan. L'effectif théorique de chacune de ces compagnies est fixé à 127 hommes, dont cinq officiers. Dans les rangs de ce nouveau corps figurent des personnalités telles que Charles Angélique François Huchet de La Bédoyère ou Jacques Marquet de Montbreton de Norvins mais aussi quelques roturiers. Chaque gendarme dispose d'un domestique qui remplit, entre autres, la fonction de palefrenier.. Une compagnie à pied est également créée sous les ordres du capitaine Étienne d'Husson ; forte de au , elle est cependant supprimée le , faute d'un effectif suffisant.
Le , l'Empereur ordonne que la solde octroyée aux gendarmes d'ordonnance soit identique à celle des chasseurs à cheval de la Garde, ce qui suscite un vif mécontentement de ces derniers. Au de la même année, le total des deux premières compagnies réunies est de 187 hommes. L'état-major se compose de 17 personnes avec, pour commandants, le maréchal Kellermann en qualité de colonel-général et le général de brigade de Montmorency-Laval dans le rôle de major ; les deux chefs d'escadron sont de Nisas et de Sourdis. Un rapport du indique que, en dépit d'un effectif théorique de 635 officiers et soldats, l'unité n'a jamais dépassé .
Historique des garnisons, combats et batailles Campagne de Pologne vignette|Cavalier des gendarmes d'ordonnance, par Léon Gambey.
La formation de l'unité se déroule à Mayence, sous la houlette du major Berret du . Une fois mise sur pied, la compagnie se rend en Prusse dans les premiers jours de . Selon Henry Lachouque, elle est précédée de la compagnie qui franchit le Rhin le , tandis que Rigo indique que les deux compagnies ne se sont rejointes que le suivant. En chemin, les gendarmes sont chargés de combattre, en tandem avec les fusiliers de la Garde, les bandes de partisans qui harcèlent les lignes de communication françaises dans la région de Marbourg.
Après un séjour à Berlin, où la compagnie est arrivée le , ils prennent part à la lutte contre le corps prussien de Ferdinand von Schill avant d'être affectés, le à Stettin, aux forces italiennes du général Pietro Teulié, occupées à traquer les partisans prussiens en Poméranie. Toujours en compagnie des fusiliers de la Garde, ils se mesurent avec succès à l'infanterie et la cavalerie prussiennes en divers combats livrés en avant de Dantzig, ce qui leur occasionne quelques pertes mais leur vaut d'être cités dans le bulletin de la Grande Armée.
Les gendarmes d'ordonnance participent ensuite au siège de Colberg, du 8 au . Ils chargent à plusieurs reprises sous les murs de cette ville, en particulier lors d'une échauffourée le où ils déplorent un certain nombre de tués et de blessés. Transférée au quartier général impérial, l'unité est passée en revue par l'Empereur à Marienwerder le et se voit attribuer sept croix de la Légion d'honneur. La compagnie, conduite par de Sourdis, rejoint à son tour le théâtre des opérations le .
En juin, alors que la Grande Armée fait mouvement contre l'armée russe de Bennigsen qui cherche à se replier sur Königsberg, les gendarmes ont un engagement sérieux contre les cosaques à Guttstadt et ne sont dégagés que par l'intervention des chasseurs à cheval de la Garde. La campagne s'achève avec la bataille de Friedland, le , durant laquelle les gendarmes d'ordonnance sont déployés à la droite du dispositif français, en soutien de l'artillerie à cheval de la Garde. Une compagnie, formée le et confiée au capitaine d'Astorg, arrive à Berlin au début du mois de juillet, en même temps que la compagnie.
Durant les festivités consécutives à la paix de Tilsit, qui met fin à la Quatrième Coalition, les gendarmes organisent un banquet auquel sont conviés les chevaliers-gardes russes ; en signe de fraternisation, les membres des deux unités portent un toast en l'honneur de l'ex-Maison du roi de France. Le , alors que les trois premières compagnies de gendarmes sont à Königsberg, le maréchal Bessières leur annonce en personne la dissolution du corps.
Après leur licenciement, la plus grande partie des officiers et des soldats sont reversés dans les troupes de la ligne, les premiers avec le grade supérieur et les seconds avec rang de sous-lieutenants. Seuls les cavaliers des et compagnies, n'ayant pas eu l'occasion de servir sur le champ de bataille, sont incorporés aux vélites en attendant d'obtenir leurs galons d'officier tandis que 36 gendarmes choisissent d'être rendus à la vie civile.
Au sein de la Garde
vignette|Gendarme d'ordonnance à pied, par Léon Gambey.
Du fait de leur extraction sociale et de leur mode de vie, les gendarmes d'ordonnance sont plutôt mal vus par le reste de la Garde impériale et péjorativement surnommés les . De leur côté, les membres de l'unité sont, selon Rigo, . Les préventions à leur égard s'estompent toutefois quelque peu après le courage déployé par les gendarmes dans les premiers combats.
Uniformes L'uniforme du corps est élaboré par le général Jean-Girard Lacuée. Ayant la vocation de s'inscrire dans la tradition militaire d'Ancien Régime des familles nobles, les gendarmes d'ordonnance ont l'obligation de s'équiper à leurs frais. L'ensemble de l'équipement coûte environ , ce qui réserve donc l'accès à ce corps aux recrues issues de milieux aisés.
Pour la troupe, l'uniforme consiste en une veste à boutons blancs avec collet, retroussis et parements en pointe verts. L'aiguillette à droite et le galon en trèfle à gauche sont tous deux de couleur argent. Le gilet est à dominante écarlate, le pantalon à nœuds d'argent et les bottes noires à la hongroise. La coiffure consiste en un shako noir à visière, cordons et jugulaires en argent, surmonté d'un plumet blanc et orné d'une plaque en cuivre. Les buffleteries sont noir et rouge, tout comme la giberne. L'armement consiste en un sabre recourbé de la cavalerie légère en acier, complété par un mousqueton modèle 1777. La selle comprend la chabraque et le portemanteau vert à galon d'argent.
L'uniforme des gendarmes d'ordonnance comporte certaines similitudes avec celui des chasseurs à cheval.
Notes et références
Bibliographie . . .
Articles connexes Bataille de Guttstadt Cavalerie de la Garde impériale (Premier Empire) Gendarmerie d'élite de la Garde impériale Liste des unités de la Garde impériale au Premier Empire Premier Empire
Catégorie:Unité de cavalerie française dissoute Catégorie:Unité de la Garde impériale (Premier Empire)