Le Nil (prononcé ) est un fleuve d'Afrique. Avec un cours de plus de , il est avec le fleuve Amazone, le plus long fleuve du monde. Il est issu de la rencontre du Nil Blanc et du Nil Bleu. Le prend sa source au lac Victoria (Ouganda, Kenya, Tanzanie) ; le est issu du lac Tana (Éthiopie). Ses deux branches s'unissant à Khartoum, capitale du Soudan actuel, le Nil se jette dans la Méditerranée en formant un delta au nord de l'Égypte. En comptant ses deux branches, le Nil traverse le Rwanda, le Burundi, la Tanzanie, l'Ouganda, l'Éthiopie, le Soudan du Sud, le Soudan et l'Égypte. Il longe également le Kenya et la république démocratique du Congo (respectivement avec les lacs Victoria et Albert), et son bassin versant concerne aussi l'Érythrée grâce à son affluent du Tekezé.
Le Nil est la voie qu'empruntaient les Égyptiens pour se déplacer. Il apporte la vie en fertilisant la terre et garantit l'abondance. Il joua un rôle primordial dans l'Égypte antique du point de vue économique, social, agricole et religieux. Fleuve nourricier de cette civilisation, il fut divinisé sous le nom d'HâpyÀ ne pas confondre avec Hâpi, le génie à tête de singe., personnifiant la crue du Nil dans la mythologie égyptienne.
La crue du Nil, qui avait lieu chaque été et qui apportait le limon noir permettant la culture de ses rives, est restée longtemps un phénomène inexpliqué. C'est de ce limon noir que vient le nom antique de l'Égypte, Kemet, qui veut dire « la terre noire ».
De nos jours, les eaux du Nil sont captées et redistribuées sur les terres agricoles grâce aux barrages de Ziftah, d'Assiout, d'Hammadi, d'Esna et des deux barrages d'Assouan (l'ancien et le grand barrage). La construction de celui des années 1970 a nécessité le déplacement de plusieurs temples (Abou Simbel, Philae...) et de forteresses qui auraient été noyés dans le lac Nasser.
Étymologie Les anciens Égyptiens l'appelaient soit Ḥ'pī ou Ḥap, soit itérou (trans. = jtrw) What did the ancient Egyptians call the Nile river? Open Egyptology. (Accédé le 17 octobre 2006 - mot de passe demandé ou se connecter en tant qu'invité). signifiant « rivière », représentée par les hiéroglyphes : M17-X1:D21-G43-N35A-N36:N21*Z1 qui se déformera plus tard en eiorSplendeurs de l'Égypte, collectif, Éd. Molière coll. Splendeurs, Paris, 1990.. Hâpy était la personnification divine du Nil.
En copte, le Nil est appelé en fonction des dialectes ⲉⲓⲟⲟⲣ (eioor), ⲫⲓⲁⲣⲟ (piaro en sahidique, phiaro en bohaïrique), ⲉⲓⲉⲣⲟ (eiero), ⲓⲁⲣⲟ (iaro), ⲓⲉⲣⲟ (iero), ⲓⲉⲣⲁ (iera) ou ⲓⲟⲣ (ior), termes tous dérivés de l'égyptien ancien.
Le mot « Nil » ( nīl), vient du latin Nilus, lui-même issu du grec , qui serait lui-même une transcription déformée du terme égyptien Na-eiore, pluriel de eior, désignant le delta et signifiant « rivière, cours d'eau ».
En arabe, on écrit .
Affluents vignette|redresse=0.8|Photo satellite du Nil. vignette|gauche|Le Nil Blanc et le Nil Bleu.
Le bassin hydrographique du Nil couvre , à peu près 10 % de la superficie de l'AfriqueEarthTrends: The Environmental Information Portal ..
Les deux grands affluents du Nil sont le Nil Blanc dont la source se trouve au Burundi sur l'équateur, et le Nil Bleu dont la source se trouve en Éthiopie. Chacune de ces branches se trouve sur le flanc ouest du rift est-africain. L'Atbara est aussi un autre affluent moins important du Nil, qui coule seulement quand il pleut en Éthiopie et qui s'assèche vite. L'apport de ces trois affluents à la formation du débit est variable selon les saisons et les années.
+ Répartition du débit du Nil entre ses principaux affluents. Crues Étiage Nil Blanc 10 % 80 % Nil Bleu 68 % 17 % Atbara 22 % 0 %
Le Nil Blanc
La source du Nil est parfois considérée comme étant le lac Victoria, mais le lac est alimenté par des cours d'eau de taille considérable. Le cours d'eau le plus long qui se jette au lac Victoria, et qui en est donc la source la plus éloignée, émerge de la forêt de Nyungwe au Rwanda, par l'intermédiaire du Rukarara, qui se jette dans le Mwogo, puis le Nyabarongo et enfin le Kagera, avant de rejoindre le lac Victoria en Tanzanie près de la ville de Bukoba.
Le Nil quitte le lac Victoria aux chutes de Ripon, près de Jinja, Ouganda ; il porte le nom de « Nil Victoria ». Il s'écoule pendant approximativement , par le lac Kyoga, jusqu'à atteindre le lac Albert. Après avoir quitté ce lac, le fleuve est connu sous le nom de « Nil Albert ». Il coule alors au Soudan, où il est connu comme le Nahr el Jabal (« rivière de la montagne »). Au confluent du Nahr el-Jabal et du Bahr el-Ghazal ( de long), le fleuve est connu sous le nom de Nahr al Abyad, ou Nil Blanc, ce nom lui venant de l'argile blanchâtre en suspension dans ses eaux. De là, le fleuve coule vers Khartoum.
Selim Bimbachi va effectuer trois expéditions entre 1839 et 1842 pour en découvrir les sourcesEdme François Jomard, Premier voyage à la recherche des sources du Bahr-el-Abiad, Société de géographie, 1842, ..
Le Nil Bleu
Le Nil Bleu (Ge'ez ጥቁር ዓባይ Ṭiqūr ʿĀbbāy, rivière noire Abay pour les Éthiopiens ; Nahr al Azraq pour les Soudanais) jaillit du lac Tana dans les montagnes éthiopiennes. Le Nil Bleu mesure environ jusqu'à Khartoum, où il rejoint le Nil Blanc pour former le Nil proprement dit. 90 % de l'eau et 96 % des sédiments transportés par le NilMichael H. Marshall, Henry F. Lamb, C. Richard Bates, Paul V.C. Coombes, Sarah J. Davies, Mohammed Umer, and Eshete Dejen, Late Pleistocene and Holocene environmental and climatic change from Lake Tana, source of the Blue Nile (), 2006. proviennent de l'Éthiopie, mais cet écoulement se produit seulement en été, quand les grandes pluies tombent sur le plateau éthiopien ; le reste de l'année, les grands fleuves drainant l'Éthiopie vers le Nil coulent faiblement.
Hydrologie vignette|Le bassin du Nil. Le débit du Nil Albert à Mongalla (au nord-est de Djouba) est presque constant pendant toute l'année, d'une moyenne de /s. Après Mongalla, le Nil () entre dans d'immenses marais au Sud du Soudan (marais du Sudd). Plus de la moitié des eaux du Nil sont perdues dans ce marais par évaporation. Le débit moyen du , de Nahr à la fin des marais, est d'environ /s. À la sortie des marais, cette rivière rejoint rapidement le Sobat et forme le Nil Blanc.
L'écoulement moyen du Nil Blanc à Malakal est de /s, le débit maximum est approximativement de /s début mars et le minimum est d'environ /s en août. La fluctuation ici est due à la variation substantielle du débit du Sobat qui a un écoulement minimum d'environ /s en août et un débit maximum de plus de /s début mars.
Le Nil Blanc coule ensuite vers Khartoum où il rejoint le Nil Bleu pour former le Nil.
Le Nil Blanc contribue approximativement à 30 % du débit annuel du Nil. Cependant, pendant la saison sèche (de janvier à juin), le Nil Blanc contribue à hauteur de 70 % voire 90 % à tout le débit du Nil. Pendant cette période, le débit du Nil Bleu peut descendre jusqu'à /s, bien que les barrages en amont règlent l'écoulement du fleuve. Pendant la saison sèche, l'écoulement de l'Atbara est pratiquement nul.
Le Nil Bleu contribue approximativement à 70 % du débit du Nil. Le débit du Nil Bleu change considérablement au cours de l'année. C'est ce qui provoque principalement les grandes variations du débit du Nil. Pendant la saison des pluies, le débit maximum du Nil Bleu excède souvent /s fin août (multiplication par 50 du débit normal).
Avant la construction de barrages sur le fleuve, le débit annuel pouvait passer de un à quinze à Assouan. Les débits maxima de plus de /s se produisent fin août – début septembre et les débits minima d'environ /s ont lieu vers la fin avril – début mai.
Le bassin du Nil est complexe, et pour cette raison, le débit en n'importe quel point le long du fleuve dépend de beaucoup de facteurs comprenant la météorologie, les déviations, l'évaporation ou l'évapotranspiration, et l'écoulement d'eaux souterraines.
Transport de sédiments Le transport annuel de sédiments dans le Nil en aval du barrage d’Assouan est de l’ordre de. : à Assouan, 0,14 million de tonnes de sédiments en suspension et en plus 28 % de charge de fond ; à Quena, 0,27 million de tonnes de sédiments en suspension et en plus 27 % de charge de fond ; à Sohag, 1,5 million de tonnes de sédiments en suspension et en plus 13 % de charge de fond ; à Beni Suef, 0,5 million de tonnes de sédiments en suspension et en plus 20 % de charge de fond.
Les bras du Nil vignette|droite|La confluence de la rivière Kagera et de la rivière Ruvubu près des chutes de Rusumo.
Après la confluence du Nil Bleu et du Nil Blanc, le seul affluent principal restant est la rivière Atbara, qui prend sa source en Éthiopie, à environ au nord du lac Tana, et coule sur approximativement . Elle rejoint le Nil environ après Khartoum. Le Nil a ainsi comme particularité que son dernier affluent le rejoint à mi-chemin de la mer. Après cette dernière confluence, le débit du Nil diminue en raison de l'évaporation très importante lors de la traversée du Sahara.
Le Nil au Soudan présente deux particularités : il s'écoule par six groupes de cataractes, de Sbakola (au nord de Khartoum) jusqu'à Assouan ; il fait ponctuellement demi-tour, retournant vers le sud-ouest avant de couler plus directement vers la mer, formant ainsi le grand méandre du Nil.
Au nord du Caire, le Nil rejoint la Méditerranée par un delta à l'entrée duquel il se divise en deux bras principaux, le bras de Rosette à l'ouest et celui de Damiette à l'est.
Des bras disparus ont été décrits par des techniques modernes comme ayant pu servir au transport de matériaux de construction de pyramides, comme ce fut le cas d'Ahramat pour les Pyramides de Gizeh.
Histoire vignette|Coucher de soleil au-dessus du Nil (Le Caire, Égypte).
Le Nil (itérou en égyptien ancien) était au cœur de la civilisation de l'Égypte antique. La majorité de la population et toutes les villes de l'Égypte occupaient les rives du Nil au nord d'Assouan. Le Nil a été la colonne vertébrale de la culture égyptienne depuis l'âge de pierre. Le changement de climat, et peut-être la surexploitation des pâturages, a desséché les terres pastorales de l'Égypte pour former le désert du Sahara, probablement vers -8000, et les habitants ont alors vraisemblablement émigré vers le fleuve, où ils ont établi une économie agricole sédentaire et une société plus centralisée.
Pendant trente siècles, seules des felouques et des canges à rames ont navigué sur le Nil de Haute-Égypte. Il n'a fallu que cinquante ans pour qu'une armada de palaces flottants bouleverse le trafic fluvial millénaire.
Le rôle du Nil dans la fondation de la civilisation égyptienne vignette|gauche|Le delta du Nil vu de l'espace.
La nourriture a joué un rôle crucial dans la fondation de la civilisation égyptienne. Le Nil a été une source intarissable de nourriture. Le Nil rend les terres environnantes très fertiles grâce à ses crues annuelles.. Les Égyptiens pouvaient entre autres cultiver le blé et l'orge, fournissant de la nourriture pour toute la population. En outre, l'eau du Nil attire la faune telle que le buffle d'Afrique mais aussi de nombreux oiseaux migrateurs et poissons, faciles à pêcher lors de la décrue. Ces animaux ont pu être tués pour la viande, ou capturés, apprivoisés et employés pour labourer. L'eau était vitale pour les humains comme pour le bétail, et le Nil fournit une eau potable après avoir été filtrée. Le Nil était également un moyen commode et efficace de transport pour les personnes et les marchandises.