Le problème Indien de Loveday est un très célèbre problème d'échecs qui, parce qu'il reposait sur une « idée », a donné naissance au terme thème indien (ou Loveday) et a, plus largement, engendré la notion de thème dans le domaine du problème d'échecsGiffard et Biénabe, opus cité, .. Le problème initial était incorrect (1. Rb2 ou 1. Fh1 sont aussi valablesGiffard et Biénabe, opus cité, , mais on peut aussi citer: 1. a3, 1. Fg5, 1. Fe3, 1. Rb1, 1. Td6, 1. Td7 et 1. Td8.), et il a été corrigé plusieurs fois. Il y a plusieurs phases : après la clé, une pièce se déplace pour qu'une autre pièce puisse intercepter provisoirement cette première pièce - en l'occurrence un « curieux » coup de fou pour franchir la case critique d2 afin de donner au roi noir, qui serait sinon pat, une case de fuite - et enfin le mat est administré.
François Le Lionnais a écrit dans Le jeu d'échecsPresses universitaires de France, coll. Que sais-je ?, 1974, . que le problème indien et que cela est à l'origine du clivage entre composition de problèmeslaquelle s'apparente par bien des aspects à un art. et partie contre un adversairelaquelle est reconnue comme un sport..
Historique La composition originale est tirée d'une lettre que le champion d'échecs anglais Staunton envoya des Indes : dans ce pays, écrivait-il, ce problème aurait déjoué toutes les tentatives de ceux à qui on le montrait. Staunton le fit publier dans le Chess Player’s Chronicle, avec l'indication que c'était le mat en quatre coups le plus difficile qu'il eut jamais vu, et que plusieurs des meilleurs joueurs anglais n'étaient pas parvenus à en trouver la solution. Il en fit d'ailleurs la couverture du magazine pour les numéros suivants.
Des années plus tard, on apprit que Staunton avait emprunté ce problème à un clergyman britannique en mission aux Indes, le Révérend Henry Augustus Loveday (1815–1848).
Si, d'un point de vue moderne, ce problème est incorrect car multi-démoli, l'idée qui le sous-tend fit fureur dans le monde échiquéen : les problémistes (entre autres Sam Loyd et Loveday lui-même) s'ingénièrent à en donner des versions corrigées (avec une solution unique). En l'espace de 50 ans, une nouvelle école de composition vit ainsi le jour en Allemagne, marquée par sa prédilection pour les mat multicoups. Caractéristique à cet égard est la parution, en 1903, d'un essai de Johannes Kohtz et Carl Kockelkorn intitulé : Das Indische Problem – Eine Schachstudie, où les auteurs se démarquent nettement de la tendance jusque-là prévalente dans le monde germanophone (problèmes à multiples variantes, sacrifices libératoires, etc.), l'École berlinoise de Johann Berger (1884).
Version corrigée
Notes et références
Indien, Probleme