Marigny-en-Orxois est une commune française située dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France.
Géographie Le village de Marigny-en-Orxois se trouve dans le sud-ouest du département de l'Aisne. La commune est même en contact avec la Seine-et-Marne dans sa partie ouest (le hameau des Glandons est à cheval sur Marigny-en-Orxois, Gandelu et Germigny-sous-Coulombs qui se trouve en Seine-et-Marne).
Le village se situe à à vol-d'oiseau de Paris, à de Château-Thierry et à environ de l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle.
Marigny-en-Orxois est entourée de sept communes qui sont : Gandelu ; Veuilly-la-Poterie ; Bussiares ; Lucy-le-Bocage ; Coupru ; Montreuil-aux-Lions ; Germigny-sous-Coulombs.
Ce village fait partie de la communauté de communes de Charly-sur-Marne (C 4).
Le bourg se situe sur un petit plateau où autour s'éparpillent de multiples hameaux dont certains portent des noms étranges ou savoureux comme : Écoute s'il Pleut ; on raconte que c'est à cause d'un moulin à eau qui y était installé sur le « ru Cormont » après la cascade et qu'un jour le débit de l'eau ne faisant plus tourner la roue, la femme du meunier voyant venir la ruine se lamentait en demandant à son époux « écout's'il pleut »... À noter que ce nom est porté par un ruisseau et une rue dans la commune de Valognes (50700) dans la Manche ; Villers-le-Vaste ancienne paroisse dépendant de la seigneurie de Veuilly-la-Poterie qui faillit devenir une commune à la Révolution et qui devient un hameau de Marigny sous le Premier Empire en 1812 comme une partie des Glandons.
Noms des autres hameaux de Marigny-en-Orxois : le Petit et le Grand Cormont, les Fermes d'Issonge (tiendrait son nom du roi Henri IV de passage, constatant que le hameau n'était pas nommé, aurait dit : "il faut que l'on y songe"), de la Petite Boulloye, de la Grande Boulloye, et le superbe ensemble de la Ferme du Château et la Voie du Châtel.
Grâce à tous ces hameaux, Marigny-en-Orxois est donc une commune étalée () par rapport à ses communes limitrophes.
La commune a une superficie importante de bois et de forêts comme les bois de Vaurichard, des Glandons, de Triquemique, le bois de la Pierre-aux-Fées ou encore le bois du Chien-Pendu et de la Garenne.
Tous ces bois sont traversés par de petits cours d'eau comme le « ru Cormont » et le « ru de Bastourné ». Par ailleurs, des lieux-dits portent des noms aussi divers que le Bochet, la Hulotte, l'Essart-Beaumont…
La commune est traversée par l'autoroute A4, l'ancienne route nationale RN 3 (aujourd'hui D 1003 ) et depuis peu par la ligne LGV Est européenne.
Communes limitrophes
Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le ru de Vingt-Muids, le ru du Bastourne, le ru du Rhone, le fossé 01 de la Mauvaise Femme, le fossé 01 des Glandons, le fossé 01 du Chardonneret et le ru Cormont.
Le ru de Vingt-Muids, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans divers bras du Clignon à Licy-Clignon, après avoir traversé .
vignette|centre|upright=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Marigny-en-OrxoisLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid (). Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Blesmes à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Marigny-en-Orxois est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne..
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (66 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (64,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (57,6 %), forêts (34 %), prairies (6,8 %), zones agricoles hétérogènes (1,6 %)..
L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Les formes anciennes de Marigny-en-Orxois sont : Mareigni, Marigny-lez-Gandeluz 1387MATTON (Auguste) Dictionnaire topographique du département de l'Aisne (1871), Martigny p. 166; Orxois p. 206., Margny 1491, Marigny-en-Orçois 1756, Marigny-en-Orceois.
L'étymologie de Marigny est problématique car les formes anciennes ne remontent pas avant le , cependant ce nom serait un composé soit du NP Marinius issu de MariusNEGRE (E.) Toponymie générale de la France (1990), t. 1,p. 569., ou plus vraisemblablement du NP Matrinius, dérivé de Matrius issu de Mater "Mère"MORLET M Th Les Noms de personne sur le territoire de l'ancienne Gaule du VIe au XIIe siècle (1968), t.3, p. 135-136..
Les formes anciennes Orxois sont : Pagus Urcensis 771, pagus Urcisus 853, pagus Orcinse 864, pagus Orceinus , Oleium 893, Orcheium, Orchois 1573.
Orxois tire son origine d'une petite contrée l'OrceoisCARLIER (Cl.) Histoire Du Duché De Valois: Ornée De Cartes Et De Gravures (1764), t. 1, p. 143, 151, 155.(ex. : village voisin Chézy-en-Orxois), arrosée par l'Ourcq. Le nom paraît provenir d'Urcum, Ulcum (rivière d'Ourcq). Oulchy-le-Château en était la capitaleAnnales de la Société historique et archéologique de Château-Thierry année 1875 (1876), p. 60..
Histoire Moyen Âge La formation de l'actuel village semble dater du Moyen Âge. La partie la plus ancienne, du , serait un châtel fortifié lors de la guerre de Cent Ans puis agrandi et aménagé en château au ; sous Louis XIII et surtout sous Louis XV, règne durant lequel il acquiert sa plus grande partie, de style classique. Au , il a subi de gros travaux de restauration et d'amélioration.
La seigneurie de Marigny a appartenu par cinq fois à la couronne de France mais elle a été également la propriété des familles de Châtillon, Scarron, de Gesvre et pendant une partie du , celle de François de la Peyronnie, premier chirurgien de Louis XV, qui légua le château au collège des maîtres en chirurgie de Paris. Après quelque temps, ne sachant pas en tirer profit. L'école de chirurgie demanda à Louis XV, à l'échanger contre une rente annuelle.
Ancien Régime Le , pour deux cent vingt mille livres, par ordonnance du roi aux galeries des Tuileries, le souverain le vendit à François Poisson, familier de la région, père de Jeanne-Antoinette marquise de Pompadour, favorite royale. Poisson acquit également les droits féodaux.
Pour relier plus rapidement le château à Paris, fut construite la voie vicinale entre Marigny et Montreuil-aux-Lions par Cormont et la Plâtrière. Tracée presque en ligne droite, celle-ci permit à la marquise d'y venir plusieurs fois avec le roi.
François Poisson est décédé le , il est inhumé le 27 dans l'église Sainte-Madeleine de Marigny ainsi qu'on peut le lire dans les registres paroissiaux. Madame de Pompadour, fait ériger la terre de Marigny en marquisat, au profit de son frère, Abel de Vandières, qui prit alors le titre de marquis de Marigny. Grâce aux Poisson, à Paris, l'avenue de Marigny, le Carré et le théâtre, sont toujours liés au village de Marigny-en-Orxois.
Le marquis meurt en 1781, jeune encore (54 ans), séparé de son épouse depuis 1777, sans enfant survivant et sans testament. Gabriel Poisson de Malvoisin revendique alors l'héritage de la Pompadour et sa part d'héritage sur la succession de Marigny pour son fils Auguste, dit de Menars, qui mourra fin 1793 dans les rangs des insurgés |Révolution], des suites de la bataille de Savenay contre les troupes républicaines de Westermann. Sa sœur, Madame Barrin de la Galissonière, hérite, entre autres, du château de Marigny, dans la nouvelle commune qui fait partie alors du canton de Gandelu. Elle vend progressivement le château et les terres. Ils restent divisés pendant un peu plus de vingt ans, formant alors 2 ou 3 lots au gré des différents vendeurs, l'usage du puits de la cour étant commun. Par trois acquisitions différentes, l'arrière-grand-oncle des châtelains actuels, monsieur Henrion, notaire, se rendit enfin propriétaire de l'ensemble des biens du domaine, le , à l'exception de la halle du village, devenue propriété de la commune.
Époque contemporaine En 1819, la famille Bigorne, héritière du notaire, s'installe au château.
Le , une école de filles laïque est autorisée, complétant ainsi celle de garçons qui existait déjà.
En 1865, Adrien François Bigorne, marié à la fille du médecin Louis-Vivant Lagneau, fait graver les armes de ses ancêtres au fronton de la porte du pavillon des tourelles. Maire, il offre à sa commune la nouvelle mairie en 1865, avec ses classes pour garçons et pour filles.
Le village de Marigny-en-Orxois comptait alors, en plus de ses fermes, sept plâtrières et une tuilerie. Les marchés de Marigny étaient approvisionnés par une prodigieuse quantité de blé et d'autres céréales.