Albé (Erlebàch en alsacien) est une commune française située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin, en région Grand Est. Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace et depuis le , elle est incluse dans le territoire de la collectivité européenne d'Alsace. En , elle compte .
Géographie Localisation Située à deux kilomètres au nord-est de Villé, la commune d'Albé est aussi localisée sur la rive gauche du Giessen, près du vallon de l'Erlenbach () entouré par les hauteurs de l'Ungersberg. La localité est vaste, , et se trouve à proximité de l'avant-val, tout près aussi de la périphérie montagneuse. Le vallon de l'Erlenbach est situé non loin de collines peu élevées (Schrann-Schiebenberg , Sohlkreuz ) qui s'élargit vers le nord. Elle est bordée : à l'ouest, en limite avec la commune de Breitenbach, par une arête montagneuse débutant au petit col de la Sohl () pour gagner en altitude vers le nord jusqu'au Gross Gietzig (), itinéraire emprunté approximativement par l'ancien chemin des Ânes qui mène de Villé au Hohwald ; au nord, près du col de Bellevue () qui donne sur le Hohwald, l'arête rejoint les dernières crêtes du massif du Champ du Feu qui se maintiennent autour de et font fonction de ligne de partage des eaux entre le Giessen et l'Andlau ; à l'est, ces crêtes rejoignent elles-mêmes le sommet isolé et dissymétrique de l'Ungersberg () qui domine les collines avoisinantes de 300 à .
Le village (altitude ) est établi de part et d'autre du cours de l'Erlenbach, le ruisseau s'écoulant le long de la rue principale avant d'être recouvert. Le village de vacances Belambra d'Albéville s'est installé à environ à l'est du village sur un replat du vallon du Sonnenbach, au pied de l'Ungersberg.
Communes limitrophes
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau Langenthal, le ruisseau Dumpfenbach, le ruisseau l'Erlenbach, le ruisseau l'Estergott, le ruisseau Petersbach et le ruisseau Sonnenbach..
Le réseau hydrographique, très ramifié, draine les eaux de l'Ungersberg et des contreforts du Champ du Feu et incise fortement versants et collines dégageant de nombreux vallons et coteaux.
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique d'AlbéLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Giessen Lièpvrette ». Ce document de planification concerne les bassins versants du Giessen et de la Lièpvrette. Son périmètre s’étend sur . Il a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le Syndicat des eaux et de l'assainissement Alsace Moselle..
La qualité des cours d’eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Villé à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Albé est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sélestat, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (87,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (89,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (87,5 %), zones urbanisées (6,6 %), zones agricoles hétérogènes (5,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie L'étymologie fait ici appel au pré-celtique alp- qui a donné le celtique alba au sens de « colline, forteresse, ville ».
Comme nombre de villages du Val de Villé, Albé (en allemand Erlenbach et en alsacien Erelbàch) a hérité du nom du ruisseau qui traverse le village : le ruisseau des Aulnes. L'orthographe de ce nom n'a subi au cours des siècles que des modifications mineures : Erlebach en 1303 et 1341, Erlibach en 1362, Ehrlinbach en 1362, Erlebach à nouveau en 1365 et 1380, Erlenbach en 1665.
En dialecte roman, « Erle » devint « Al » et « Bach » se mue en « Be » d'où Albé, dénomination adoptée en 1919.
Histoire L'origine du village est difficile à cerner. Le hameau, annexe de l'église mère de Villé appartient à l'abbaye de Honcourt qui y prélève la dîme et qui à l'origine ne possède ni chapelle ni église. Son noyau primitif devait se situer entre le confluent de l'Erlenbach avec le ruisseau du Sonnenbach, au niveau de la cave dimière et vers la bute où sera construite par la suite l'église du village.
Depuis le , les Habsbourg possèdent le village, qui est cité pour la première fois dans un terrier établi en 1303 par Burkhard von Fricke pour le bailli Rodolphe d'Ensisheim. À la fin du et au , l'expansion démographique a pour résultat la mise en valeur des terroirs agricoles, viticoles et de la forêt, ce qui amène l'abbé Diether de l'abbaye de Honcourt à solliciter la construction d'un lieu de culte. La construction d'une première chapelle avec un desservant intervient en 1341-1342. Le clocher de l'église actuelle remonte peut-être à cette époque. De même que les autres villages de la seigneurie, Albé partage le sort des domaines habsbourgeois du Val, successivement engagés à divers créanciers : les Reichenberg en 1314, les , les Rathsamhausen zum Stein (au château de la Roche) après 1560.
À partir du jusqu'au , la région subit de nombreux saccages commis par les troupes étrangères de passages en conflit avec les Habsbourg et les troupes épiscopales. Les villages du Comte-Ban ont particulièrement souffert de ces passages, notamment pendant l'hiver 1444-1445. On ne sait si Albé a été pillé par les Armagnacs alors qu'ils étaient stationnés à Châtenois. Le relatif isolement du lieu, à l'écart des principales voies de communication a peut-être épargné le village. Le passage des troupes bourguignonnes entre 1348-1349 avec à la tête Pierre de Hagenbach (1470) a sans doute également été épargné à Albé.
Le village participe au soulèvement des paysans au cours de la Semaine sainte de l'année 1525. Les abbayes de Honcourt et de Baumgarten sont détruites. Après l'écrasement des paysans par les troupes lorraines à Scherwiller (), Albé figure parmi les localités condamnées par la régence d'Ensisheim à des représailles pour avoir participé au sac des deux abbayes.
Le jour de la Pentecôte de 1575, un terrible incendie détruit , l'église et la maison commune où sont conservés les archives et règlements divers.
La guerre de Trente Ans, également dite guerre des Suédois, s'abat sur le Val de Villé en 1633. Ayant fait mine de résister aux Suédois, la population est pourchassée, les maisons pillées et incendiées, les églises détruites. La vallée devient un désert. Albé n'y échappe probablement pas. Le repeuplement amène des immigrants venus d'horizons divers, apportant leurs traditions architecturales. Un siècle de paix ramène la prospérité, surtout basée sur la viticulture. De très nombreuses maisons aux linteaux datés et décorés, sont édifiées au .
La Révolution de 1789 passe avec son cortège de peurs et d'angoisses, mais également ses espoirs nés de ses nouveaux principes égalitaires. De cette époque, Albé conserve son tilleul, un arbre de la liberté planté en 1795 sur la coquette place du village. L'église du lieu est en grande partie démolie et agrandie par la commune en 1752. Le village obtient un vicaire à temps complet avant de gagner en 1802 le rang de paroisse autonome, après séparation avec la paroisse-mère de Villé. On construit par la suite le presbytère (1804) et le clocher est rehaussé en 1864.
Le surpeuplement, l'épuisement du potentiel agricole et le phylloxéra qui touche le vignoble vers la fin du sont à l'origine d'une importante émigration.
Politique et administration Découpage territorial La commune d'Albé est membre de la communauté de communes de la Vallée de Villé, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Bassemberg. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux..
Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Sélestat-Erstein, à la circonscription administrative de l'État du Bas-Rhin, en tant que circonscription administrative de l'État, et à la région Grand Est..
Sur le plan électoral, elle dépendait jusqu'en 2020 du canton de Mutzig pour l'élection des conseillers départementaux au sein du conseil départemental du Bas-Rhin. Depuis le , elle dépend du même canton pour l'élection des conseillers d'Alsace au sein de la collectivité européenne d'Alsace..
Liste des maires
Population et société Démographie
Les habitants sont nommés les Albégeois..
Centre équestre Équivalée Un centre équestre Équivalée est installé à AlbéSite de la mairie..
VVF à Albéville