Un peigne liturgique est un objet cultuel attesté dans la liturgie chrétienne pendant le Moyen Âge en Occident, et plus tardivement dans le monde orthodoxe.

Histoire et utilisation Le peigne liturgique est destiné à peigner le célébrant de la messe avant sa montée à l'autel pour la célébration de la messe. Son usage semble remonter au , en Occident, selon l'historien Édouard Fourdrignier« Le peigne liturgique » in Bulletin de la Société d'anthropologie de Paris, 1900, p. 159, et perdurer jusqu'au début du , où il tombe en désuétude pour n'être plus utilisé que lors des sacres d'évêques.

Les peignes liturgiques qui sont actuellement conservés dans les musées sont en ivoire ou en or, la plupart du temps richement ouvragés, et destinés à un usage sacré visant à purifier le prêtre avant l'office. En peignant les cheveux, le clerc assistant le prêtre le purifie des souillures physiques et morales. L'action de peigner s'accompagne de prières telles que celle rapportée par le missel de Lunden (1514) : « »A. de Caumont, Abécédaire, ou rudiment d’archéologie : architecture religieuse, 1870.

Édouard Fourdrignier rapproche ces peignes liturgiques de peignes scandinaves ou assyriens retrouvés dans des fouilles et remontant à l'âge du fer. Tous ces peignes se caractérisent par une double rangée de dents enserrant un montant richement décoré. Une rangée est généralement formée de dents larges, l'autre de dents plus finesE. Fourdrignier décrit le peigne dit « de Saint-Bernard », conservé à Reims, comme ayant 50 dents d'un côté et 110 de l'autre p. 155..

Ces peignes auraient eu une utilité directe pour les couches inférieures du clergé, à l'hygiène défaillante, et seraient tombés en désuétude plus rapidement que pour les hauts dignitaires du clergé, pour qui l'usage du peigne aurait été dès le départ plus symbolique qu'utilitaire. L'usage du peigne liturgique perdure dans la liturgie orthodoxe grecque, où le prêtre se peigne avant la messe et laisse ensuite son peigne sur l'autelChristiane Noireau, l'Esprit des cheveux. Chevelures, poils et barbes : mythes et croyances, L'Apart, 2009, p.201..

Peignes liturgiques remarquables Les collections médiévales des musées européens possèdent un nombre important de peignes liturgiques. Certains se distinguent par leur richesse ornementale ou par le culte qui leur a été attaché : peigne dit de saint Héribert (970-1021) , réalisé dans la seconde moitié du IXeme siècle , conservé au Schnütgen Museum de Cologne (Allemagne) Encyclopedia of hair: a cultural history, Victoria Sherrow, Greenwood Publishing Group, 2006, p. 93. ; peigne de saint Loup, conservé à la cathédrale de Sens, en ivoire dont la baguette centrale, entourée de deux lignes d'or, est ornée de sept pierres de couleurs. La baguette centrale supporte une arcade en plein-cintre sur laquelle on voit deux lions se dressant contre l'arbre du bien et du mal autour duquel est enroulé un serpent ; peigne de Gauzelin de Toul ; peigne de Bertuin de Malonne, appliqué pour guérir des maladies du cuir chevelu.

Notes et références

Liens externes L'ivoire sous la terre Découverte d'un peigne liturgique du sur l'archipel du Kvarner, en Croatie Le Peigne liturgique, article de Fourdrignier publié dans Bulletins et Mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris, 1900.

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