André-Claude Sylvain Louis Lacoste, dit André-Claude Lacoste, né le à Neuilly-sur-Seine, est un haut fonctionnaire français qui a dirigé les instances de sûreté nucléaire entre 1993 et 2012, et notamment présidé l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) entre 2006 et 2012.
Il est, depuis , président de l'Institut pour une culture de sécurité industrielle (Icsi) www.icsi-eu.orget de la Fondation pour une culture de sécurité industrielle (Foncsi)www.foncsi.org.
Biographie Son père était officier du génie militaire et ingénieur géographe et sa mère femme au foyer. Avec ses parents, il passe trois années de son enfance à Madagascar et en Afrique-Equatoriale françaiseAndré-Claude Lacoste le gendarme du nucléaire Le Monde du 23 novembre 2006. L’un de ses grands-pères était commissaire de la marine et l’autre officier, mort durant la Première Guerre mondialeLe sage de l'atome - L'Usine nouvelle du 22 mars 2012.
Il entre à l'École polytechnique en 1960 et sort classé en 1962, puis il entre en 1963 à l'École des mines de Paris et sort en 1966, classé . En 1965, il fait son stage d’ingénieur dans les mines lorsque s'est produit un accident dans la mine d’Avion. Il conduit alors l’équipe chargée d’aller récupérer les corps de 21 ouvriers décédés.
Il est marié, sans enfantAndré-Claude Lacoste, l’incorruptible du nucléaire - La Croix du 12 octobre 2012. Carrière Il fait partie du Corps des mines, il commence sa carrière de haut fonctionnaire au ministère de l'Industrie, exclusivement dans les services régionaux ou parisiens de l'Administration française, ce qui est exceptionnel parmi les membres du Corps des mines. Il est nommé au grade d'ingénieur général en 1987.
Premiers postes dans le Nord-pas-de-Calais Il est successivement : Ingénieur des mines, chargé du sous-arrondissement minéralogique de Valenciennes (1966-1969) Ingénieur des mines, chargé du sous-arrondissement minéralogique de Lille et chargé de mission auprès du préfet de région Nord-Pas-de-Calais pour l'industrie, la recherche et la reconversion du bassin minier (1969-1971) Chef de l'arrondissement minéralogique de Douai et en même temps directeur de l'École des mines de Douai (1971-1978) ; En 1974, il se trouve en première ligne lors de la catastrophe minière de Liévin, qui fit 42 morts. Jean-Michel Yolin qui est alors un de ses adjoints lui succédera dans ces deux fonctions en 1978.
Postes au ministère de l’Industrie En 1978, il rejoint l'administration centrale du ministère chargé de l'Industrie à Paris. De 1978 à 1979, il occupe ainsi le poste de Chef des services de la Sécurité industrielle. De 1979 à 1982, il est adjoint du directeur de la Qualité et de la Sécurité industrielles au ministère de l'Industrie. En même temps, il est chef des services de sécurité industrielle de cette direction. À cette époque, le contrôle de la Sûreté nucléaire dans les installations d'EDF ou de Framatome était principalement réalisé par un service du CEA, compétent certes, mais non placé sous contrôle de l'Administration française. A.C. Lacoste fait valoir que le sujet est trop important pour être entièrement délégué à un établissement public à caractère industriel et commercial, et obtient la création de moyens centraux de l'État pour le contrôle et la nomination de fonctionnaires techniquement compétents comme inspecteurs des installations nucléairesLa méthode mise en œuvre du contrôle nucléaire a consisté dès le début non pas à créer un nouveau corps de contrôleurs de l'État, mais à chercher des ingénieurs, médecins, scientifiques compétents dans les corps techniques supérieurs de l'État ou dans des organismes sous tutelle de l'État, notamment dans les régions, en s'appuyant au besoin sur le service de sûreté du CEA. De 1982 à 1993, il continue à occuper des postes importants d'Administration centrale au ministère chargé de l'industrie, s'occupant notamment de l'Action régionale pour la Sécurité et la Compétitivité Industrielles et occupant à deux reprises, de 1990 à 1993, la fonction d'adjoint à un directeur général du ministèreLes fonctions de Sûreté ou de sécurité industrielles ainsi que d'Action régionale industrielle sont fréquemment attribuées à des ministres différents lorsque André-Claude Lacoste les occupe : ministre de l'Industrie, ministre de la Recherche et de l'Industrie, ministre de l'Écologie et du développement durable, ministre de la Santé et des Solidarités, ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie. La dénomination du poste de A-C Lacoste a donc changé à plusieurs reprises, au gré des priorités que le gouvernement souhaitait afficher.
Postes pour la sûreté nucléaire En 1993, il est nommé directeur de la Sûreté des installations nucléaires (DSIN). En 2002, son poste est renommé directeur général de la sûreté nucléaire et de la radioprotection (DGSNR) et étendu à la radioprotection. Toutefois, A-C Lacoste milite pour que la Sûreté nucléaire soit confiée à une Autorité indépendante. Il s'agit en effet d'affirmer l'indépendance de la Sûreté nucléaire par rapport à EDF et à sa tutelle, et d'autoriser la nouvelle Autorité à s'exprimer librement sans contrôle préalable par un cabinet ministériel. En 2006, le président Jacques Chirac le nomme président de la nouvelle Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Depuis , il est membre du Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire (HCTISN) au titre de représentant de l’Autorité de sûreté nucléaire.. A-C Lacoste est membre fondateur (1997) de l’Association internationale des autorités de sûreté nucléaire (INRA), une association qui regroupe les dirigeants des Autorités de sûreté nucléaire de l'Allemagne (GRS), du Canada (CCSN), de la Corée (KINS), de l'Espagne (CSN), des États-Unis (NRC), de la France (ASN), du Japon (NISA), du Royaume-Uni (ONR) et de la Suède (SSM). Il est aussi membre fondateur (1999) de WENRA (Western European Nuclear Regulators Association)., association européenne regroupant les dirigeants des autorités de sûreté nucléaire. Il est membre de droit du conseil d’administration de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Les 28 et , il est vice-président de la première conférence européenne de l'ENSREG sur la sûreté nucléaire à Bruxelles Son mandat à l'ASN - de six ans non renouvelable - est arrivé à échéance le . Le président de la République François Hollande a nommé Pierre-Franck Chevet pour le remplacerPierre-Franck Chevet nommé officiellement à la tête de l'ASN site de BFM TV, 10 novembre 2012, consulté le 13 novembre 2012, tandis qu'A-C Lacoste continuerait à assumer des responsabilités au niveau internationalAutorité de sûreté nucléaire : l'État prépare le passage de relais - Les Échos du 18 octobre 2012.
Accident nucléaire de Fukushima
En , lors de l'annonce de l'accident nucléaire de Fukushima, André-Claude Lacoste s'est très rapidement exprimé sur l'importance du sinistre et ses conséquences. Il a déclaré que sur l'échelle INES de 1 à 7, l'accident n'était pas au niveau 4 comme les Japonais le prétendaient, mais au niveau 5 ou 6André-Claude Lacoste, gardien scrupuleux de la sûreté du nucléaire en France - La Croix du 29 mars 2011. Mardi , il a situé le niveau à 6, contredisant là encore les Japonais. Les jours suivants, il suit de très près les événements et communique abondamment sur les différents points techniques et organisationnels de l'accident. Il affirme notamment que Personne ne peut garantir qu’il n’y aura jamais d’accident nucléaire en France - Le Point du 30 mars 2011.
Mardi , auditionné à l'Assemblée nationale, André-Claude Lacoste déclare ..
Dans les mois qui ont suivi l'accident de Fukushima, André-Claude Lacoste a piloté une évaluation complémentaire de sûreté, un réexamen de sûreté ciblé sur les problématiques soulevées par l'accident nucléaire de Fukushima, à savoir la résistance des installations nucléaires françaises à des phénomènes naturels extrêmes conduisant à un accident grave. Cette démarche s'inscrit dans le cadre de la réalisation de tests de résistance de sûreté ou "stress tests" demandée par le Conseil européenLes évaluations complémentaires de sûreté sur le site de l'ASN. Il a d'ailleurs présenté de nombreux résultats à un an de la catastrophe, afin de tirer des conclusions du mode de gestion des crises nucléaires qui avait été utilisé, et de définir de nouvelles règles de sûreté pour les installations françaisesDéjeuner du Centre des Professions Financières - 5 avril 2012.
Décorations 50px|Legion Honneur Commandeur ribbon Officier de la Légion d'honneur le , puis commandeur de la Légion d'honneur le . 50px|Ordre national du Merite Commandeur ribbon Commandeur de l'ordre national du MériteBiographie d’André-Claude LACOSTE, sur le site de l'ASN.
Références
Liens externes
Biographie d'André-Claude Lacoste Discours d'André Claude Lacoste à l'occasion du Colloque du 19 mai 2011 sur l'Actualité de la pensée d'Yves Martin - Vidéo dans laquelle André-Claude Lacoste évoque la mémoire de l'un de ses camarades, Yves Martin Audition André Claude Lacoste, directeur de l'ASN - Diffusée par Public Sénat le 18 octobre 2012 - Durée : 120 minutes
Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 2012 Catégorie:Commandeur de l'ordre national du Mérite Catégorie:Autorité de sûreté nucléaire en France Catégorie:Ingénieur du corps des mines Catégorie:Élève de l'École polytechnique Catégorie:Naissance en novembre 1941 Catégorie:Naissance à Neuilly-sur-Seine Catégorie:Naissance dans le département de la Seine